Michel Platini blanchi par la justice suisse : son avocat appelle la Fifa à "tirer les conclusions qui s'imposent"

Interrogé sur franceinfo samedi, Maître Vincent Solari affirme que la suspension de son client, Michel Platini, de toute activité liée au football, n'est plus justifiée.

Michel Platini à la sortie du Tribunal arbitral du sport à Lausanne, le 29 avril 2016.
Michel Platini à la sortie du Tribunal arbitral du sport à Lausanne, le 29 avril 2016. (FABRICE COFFRINI / AFP)

"Je pense que la Fifa devrait avoir la décence de tirer les conclusions qui s'imposent au vu de la décision du ministère public de la Confédération" helvétique, a estimé le 26 mai sur franceinfo l'avocat de Michel Platini, Me Vincent Solari.

Pour lui, la suspension de l'ancien numéro 10 des Bleus et ex-président de l'UEFA de toute activité liée au football n'est plus justifiée : la justice suisse l'a en effet blanchi dans l'affaire du paiement sans contrat écrit de 1,8 million d'euros. "On est arrivés à la conclusion claire que M. Platini est hors de cause et qu'il ne sera pas poursuivi", s'est félicité Me Vincent Solari, qui n'exclut toutefois pas que son client soit "entendu comme témoin" dans cette affaire qui vise l'ancien président de la Fifa Sepp Blatter.

franceinfo : Un porte-parole du ministère public suisse précise ce samedi que "si l'on trouve des éléments" dans le dossier Blatter, "le cas Platini n'est pas définitivement terminé". Êtes-vous surpris ?

Me Vincent Solari : Non, c'est le cas pour tout le monde : si l'on découvre des éléments nouveaux, tout un chacun peut être poursuivi quand bien même il ne l'était pas à un certain moment. Mais aujourd'hui, au vu du dossier qui est complet, qui a fait l'objet d'une instruction pendant plus de deux ans et demi, on est arrivés à la conclusion claire que M. Platini est hors de cause et qu'il ne sera pas poursuivi. Très clairement aussi, la procédure n'est pas terminée contre M. Blatter et je pense que c'est à cela que le ministère public fait référence.

Michel Platini pourrait être amené à témoigner, par exemple ?

Il pourrait être entendu comme témoin dans un dossier, dans celui-là ou dans un autre. Mais être témoin, cela veut dire qu'on s'exprime sur des faits et non pas que l'on est mis en cause. Encore une fois, la décision qui nous a été notifiée est la confirmation que M. Platini n'a rien à se reprocher en lien avec cette affaire.

Michel Platini dit espérer que la Fifa aura "la décence" de lever sa suspension de toute activité liée au football. Pensez-vous que cette décision de justice peut influer sur la position de la Fifa ?

Il faudrait évidemment qu'il y ait un lien. Je vous rappelle que cette procédure pénale a été initiée par une dénonciation faite par un organe de la Fifa qui n'a pas été identifié à ce jour. Cette personne a déclenché une procédure qui a été immédiatement médiatisée et qui a provoqué l'ouverture de la procédure interne de la Fifa qui, par le biais de son comité d'éthique, avait reproché à l'époque à M. Platini des violations du droit pénal qui se sont révélées totalement fausses.

Je rappelle aussi que M. Platini a déposé une plainte pour diffamation en relation avec ces faits et que cette procédure est en cours contre l'ancien porte-parole du comité d'éthique de la Fifa. Donc, vouloir distinguer les deux procédures me paraît clairement abusif. Et pour reprendre les termes de M. Platini, je pense que la Fifa devrait avoir la décence de tirer les conclusions qui s'imposent au vu de la décision du ministère public de la Confédération.