La Fifa nie toute implication du bras droit de Blatter dans un virement douteux

Le Français Jérôme Valcke est soupçonné d'avoir organisé le transfert de 10 millions de dollars sur des comptes gérés par un ancien vice-président de la Fifa.

Le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valke, lors d\'une conférence de presse, le 18 novembre 2010, à Zurich (Suisse).
Le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valke, lors d'une conférence de presse, le 18 novembre 2010, à Zurich (Suisse). (FABRICE COFFRINI / AFP)

Les soupçons de corruption au sein de la Fifa se portent désormais sur un Français. Le secrétaire général de la Fifa et bras droit de Sepp Blatter, Jérôme Valcke, est accusé d'avoir transféré 10 millions de dollars (9 millions d'euros) sur des comptes gérés par l'ancien vice-président de l'organisation, Jack Warner, rapporte The New York Times (en anglais), lundi 1er juin. La Fifa reconnaît l'existence d'un transfert de ce montant, mais nie toute implication de Jérôme Valcke.

Ce que dit le "New York Times"

Selon le quotidien, qui cite plusieurs responsables fédéraux américains anonymes, un virement de 10 millions de dollars a été approuvé, en 2008, par Jérôme Valcke, depuis un compte de la Fifa. Son destinataire : Jack Warner, qui a été libéré sous caution après s'être présenté volontairement, mercredi, devant les services anti-fraude de la police locale de Trinidad et Tobago. L'homme a utilisé une grande partie de l'argent à des fins personnelles, affirme le parquet.

A l'époque, Jack Warner était vice-président de la Fifa et président de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf). Selon la justice américaine, l'homme aurait obtenu du gouvernement sud-africain la promesse d'un virement de 10 millions de dollars en échange de son vote en faveur de l'attribution de la Coupe du monde 2010 à l'Afrique du Sud. Celle-ci étant dans l'incapacité de verser cette somme, "la Fifa a elle-même payé M. Warner en 2008", selon la justice, citée par le New York Times. Jérôme Valcke n'était pas forcément au courant de la nature du virement, précise le quotidien.

Selon Danny Jordan, responsable de la Coupe du monde en Afrique du Sud, cité dans l'article, "l'argent n'était pas un pot-de-vin mais un paiement légitime dans le cadre du développement dans les Caraïbes". Le New York Times y voit plutôt "un élément central du scandale de corruption qui engloutit le football mondial" et ses dirigeants. Ce transfert permettrait également de "rapprocher [l'enquête] de M. Blatter", le président de la Fifa, réélu pour un cinquième mandat en fin de semaine dernière.

Que répond la Fifa ?

La Fifa a reconnu, mardi, avoir procédé à un virement de 10 millions de dollars "dans le cadre du développement du football dans les Caraïbes". Dans un communiqué (en anglais), l'instance assure que cette somme provenait du comité d'organisation du Mondial sud-africain et que "ni Jérôme Valcke ni aucun haut responsable de la Fifa n'a été impliqué dans l'initiation, l'approbation ou la mise en œuvre de ce projet".

Une défense rapidement mise en doute par un journaliste de l'agence britannique Press Association. Ce dernier a révélé une lettre de 2008, directement adressée à Jérôme Valcke, dans laquelle la fédération sud-africaine demandait à la Fifa de transférer 10 millions de dollars à Jack Warner pour un programme d'aide à la diaspora africaine dans les Caraïbes.