Pas de Copa América en Colombie, meurtrie par des manifestations et violences

Les lieux où seront déplacés les matchs initialement prévus en Colombie seront annoncés ultérieurement, a indiqué l'instance dirigeante du football sud-américain Conmebol dans un communiqué. 

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France Télévisions
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L'attaquant de l'équipe d'Argentine Lionel Messi lors de la déroute de son équipe face à la Croatie (0-3), le 21 juin 2018 à Nijni-Novgorod (Russie). (MATTEO CIAMBELLI / NURPHOTO)

Jusqu'au bout, la Colombie a tenté d'accueillir sur son sol la Copa América, qu'elle devait co-organiser avec l'Argentine. Mais les manifestations émaillées de violences et de morts dans le pays depuis plusieurs semaines, ont finalement abouti à la délocalisation des matches.

Bogota a pudiquement brandi la carte du Covid-19 pour demander un report "à la fin de l'année" de la compétition, selon le ministre des Sports Ernesto Lucena, dans un message aux médias. La fronde sociale n'a rien à voir avec cette requête, a martelé le gouvernement.

"En ce moment, l'impossibilité de compter avec du public fait que la Copa n'est pas l'événement dont nous rêvons tous", a argumenté M. Lucena. "Nous demandons que la Colombie, tout comme l'Argentine, se voient accorder un délai qui permettra de réaliser cet événement de la meilleure manière possible avec des supporters dans les stades."

Refus du report de la Copa America 

Mais la demande colombienne est restée lettre morte. Conmebol, l'instance dirigeante du football sud-américain, a répondu qu'il est "impossible de reporter la Copa América 2021 au mois de novembre", "pour des raisons liées au calendrier international et à la logistique du tournoi". 

Les lieux où seront déplacés les matches initialement prévus en Colombie seront annoncés ultérieurement, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Covid-19 et fronde sociale

La Copa América, prévue en 2020 en Argentine et en Colombie, avait déjà été décalée d'une année du fait de la pandémie. Elle doit démarrer dans trois semaines, le 13 juin, alors que l'Amérique latine, à l'approche de l'hiver austral, subit les coups de boutoir d'une troisième vague dévastatrice. L'Argentine, aux 45 millions d'habitants, a connu 744 décès mardi, un nouveau record. En Colombie (50 millions d'habitants), près de 500 personnes ont péri en moyenne chaque jour cette dernière semaine, là aussi un sommet depuis le début de la pandémie.

Mais le tournoi devait de toute façon se jouer à huis clos et la Conmebol avait misé sur la vaccination du football professionnel sud-américain en répartissant 50.000 doses du vaccin chinois Sinovac.

"Il est frappant de constater qu'aujourd'hui on dit que la Coupe ne peut pas se dérouler parce qu'il n'y aura pas de monde dans les stades. Ce n'est pas crédible", observe le journaliste sportif Steven Arce, interrogé par l'AFP.

Car outre la pandémie, qui a fait passer de 37 à 42% le taux de pauvres dans le pays, la Colombie est également frappée par une fronde sociale, déclenchée par un projet d'augmentation des impôts pesant sur la classe moyenne. Malgré le retrait du projet de loi, la répression policière a attisé une flamme contestataire qui ne s'est pas éteinte. Depuis le 28 avril, des manifestations antigouvernementales ont fait au moins 42 morts, dont un policier, et plus de 1.700 blessés. De nouvelles marches sont prévues prochainement.

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