Affaire de la "sextape" : le procès commence sans Karim Benzema, Mathieu Valbuena livre sa version des faits

Après des années de débats, le procès de l'affaire qui secoue le football français s'est ouvert mercredi matin à Versailles.

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Mathieu Valbuena à la sortie du tribunal, à Versailles, le 20 octobre 2021. (IAN LANGSDON / EPA / MAXPPP)

Karim Benzema, 33 ans, comparait mercredi 20 octobre, avec quatre co-prévenus, accusés d'être les acteurs de la tentative de chantage à l'encontre de Mathieu Valbuena. Mais l'attaquant star du Real Madrid, candidat déclaré au Ballon d'or dans la foulée de ses performances avec les Bleus qu'il a retrouvés au printemps, ne s'est pas présenté au tribunal.

Son avocat, Antoine Vey, a expliqué son absence pour des raisons "professionnelles" : le joueur, qui encourt théoriquement cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende, a disputé mardi soir un match de Ligue des champions en Ukraine et doit préparer le "Clasico" contre le FC Barcelone dimanche.

Mathieu Valbuena bien présent

Une absence que l'avocat de Mathieu Valbuena, qui est lui bien présent au tribunal correctionnel, a "déplorée". "Depuis cinq ans, (Benzema) proclame qu'il veut une confrontation avec mon client, j'espère que le tribunal en tirera les conséquences", a ajouté Me Paul-Albert Iweins.

À la barre mercredi matin, vêtu d'un pantalon gris et d'une chemise noire, Mathieu Valbuena a rappelé la chronologie des faits. Il entend parler de cette histoire la première fois en mai 2015, quand son ancien coéquipier à Marseille Djibril Cissé - un temps mis en examen dans ce dossier avant de bénéficier d'un non-lieu - le contacte pour le mettre au courant de l'existence d'une vidéo intime le mettant en scène.

"J'ai eu peur pour ma carrière sportive" 

"Au début je n'y croyais pas à cette histoire, je pensais que c'était du bluff", a déclaré devant le tribunal l'actuel milieu de terrain (37 ans) de l'Olympiakos (Grèce). Djibril Cissé, lui-même victime d'un chantage similaire pendant sa carrière, lui a ensuite fait une description de la vidéo, dont il avait reçu un extrait sur WhatsApp.

"Je me suis senti en danger, mon premier réflexe a été de porter plainte", a détaillé Valbuena, qui a précisé n'avoir jamais eu "l'idée de payer". "J'ai eu peur pour ma carrière sportive, pour l'équipe de France. Je savais que si la vidéo sortait, ça allait être compliqué pour moi en équipe de France, comme on l'a vu par la suite."

Il est ensuite contacté directement par un intermédiaire des maîtres-chanteurs présumés, Younes Houass. Mais constatant qu'il "patinait" dans ses négociations, selon les termes du président du tribunal, Axel Angot et Mustapha Zouaoui, les "cerveaux de l'affaire", se tournent alors vers Karim Zenati, ami d'enfance de Benzema.

Une discussion entre les deux hommes à Clairefontaine

Les policiers, qui ont placé les suspects sur écoute, préviennent Valbuena qu'un autre intermédiaire va entrer en contact avec lui. Et c'est Karim Benzema qui entre dans la chambre de Valbuena au centre d'entraînement de Clairefontaine (Yvelines) le 6 octobre 2015, en prétendant simplement aider son coéquipier à se débarrasser de ce problème de vidéo.

Les détenteurs de la vidéo sont des "gros, gros voyous" prévient-il. Mais heureusement, Benzema peut lui présenter un ami, "quelqu'un de confiance", pour régler le problème. Valbuena interprète au début les paroles de son coéquipier comme un simple "conseil amical", avant de se rendre compte que Benzema est lié aux instigateurs de cette tentative de chantage.

Depuis cette affaire, Valbuena n'a plus été appelé en équipe de France de football, à la différence de l'attaquant du Real Madrid, qui en est resté éloigné plus de cinq ans avant de faire un retour surprise avant l'Euro en juin.

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