Tour de France 2021 : Mark Cavendish, l’impensable résurrection

Cinq ans après sa dernière victoire sur le Tour de France, Mark Cavendish a retrouvé la victoire à Fougères, en Ille-et-Vilaine, à l'issue de la 4e étape. 

Article rédigé par
De notre envoyé spécial - Adrien Hemard - franceinfo: sport
France Télévisions
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Temps de lecture : 3 min.
Mark Cavendish avec le maillot vert sur le podium du Tour après sa victoire lors de la 4e étape, le 29 juin (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Ce Tour de France 2021 n’en a pas fini de jouer avec nos émotions. Après la victoire historique de Julian Alaphilippe, maillot arc-en-ciel sur le dos. Après celle de Mathieu van der Poel à Mûr-de-Bretagne, synonyme d’un maillot jaune que son grand-père Raymond Poulidor n’avait jamais porté. Après une fin d’étape rocambolesque lundi à Pontivy. Après trois jours déjà bien chargés, la Grande Boucle nous a offert un retour en grâce comme elle seule peut en produire : celui de Mark Cavendish, vainqueur au sprint à Fougères, en Ille-et-Vilaine, mardi 29 juin, cinq ans après sa dernière victoire sur le Tour.

Traversée du désert et dépression

Invité surprise de ce Tour de France après le forfait du sprinteur de la Deceuninck-Quick Step, l’Irlandais Sam Bennett (maillot vert du Tour 2020), Mark Cavendish pensait-il un jour regoûter aux plaisirs d’une victoire sur la Grande Boucle ? Peut-être. En tout cas, lorsque Patrick Lefevere, manager général de la Deceuninck-Quick Step, l’a appelé à une semaine du départ pour lui annoncer qu’il participerait finalement à son premier Tour de France depuis 2016, l’idée a dû lui venir en tête même si peu de monde, pour ne pas dire personne, ne croyait vraiment en lui.

Le sentiment général, c'était que Cavendish au départ, c’était déjà une belle histoire. D’ailleurs, même lui n’y croyait pas. "Il y a trois semaines, je n’en aurais pas rêvé", a-t-il admis après avoir levé les bras à Fougères. Mais le sprinteur britannique a retrouvé ses jambes de vingt ans pour embellir encore un peu plus cette jolie histoire. Déjà vainqueur à Fougères en 2015, déjà sous les couleurs de la Quick Step, il a remis ça six ans après en sautant sur la ligne le courageux Brent Van Moer (Lotto-Soudal), rescapé de l’échappée du jour mais repris à quelques dizaines de mètres de la ligne. Cruel pour le Belge, mais magnifique pour le Britannique, déjà en jambes sur le sprint intermédiaire à Vitré, à 36 km de l’arrivée.

Après des blessures à répétition et une dépression, Mark Cavendish, 36 ans, vient de glaner son 1er succès sur le Tour depuis 2016.

"C’est toujours bien de connaître le finish", prophétisait avant le départ Cavendish, en référence à sa victoire à Fougères en 2015. "C’était ma dernière étape avec Quick Step, je suis de retour avec eux après cinq années trop longues. C’est incroyable de gagner de nouveau ici", a savouré le Britannique, quelques heures plus tard, après avoir fondu en larmes sur la ligne. Et pour cause : le Cav’ revient de loin après une traversée du désert sportive, mais aussi une dépression.

 "L’année dernière a été difficile, j’étais au fond du trou. J’espère que mon histoire pourra insuffler de l’espoir aux gens dans ce genre de situation : il ne faut jamais abandonner, on peut toujours faire un retour"

Mark Cavendish

à francetv sport

Sans équipe à l’issue de la saison 2020 après des mois compliqués, Mark Cavendish est passé tout proche de la retraite en fin de saison 2020, avant de saisir la main tendue par son ancienne maison : la Deceuninck-Quick Step, "la meilleure équipe du monde", selon lui. Pour cela, le Britannique a dû trouver un mécène capable de financer son salaire, le budget de l'équipe étant déjà ficelé. Une fois chose faite, il a empilé trois victoires sur le Tour de Turquie. Puis le hasard des blessures s’est chargé du reste pour le ramener sur la route du Tour cette année, pour son plus grand bonheur, et le nôtre.

Immense carrière

A 36 ans, et au crépuscule d'une immense carrière qui l'a vu également remporter, entre autres, 15 étapes sur le Giro, un Milan-San Remo (2009) et un titre de champion du monde (2011), il s’est offert une 31e victoire sur la Grande Boucle, et a récupéré au passage le maillot vert jusqu’ici sur les épaules de son coéquipier Julian Alaphilippe, tout heureux de lui céder. Mark Cavendish se rapproche ainsi un peu plus du record absolu de 34 victoires d’Eddy Merckx. Un record qui semble inaccessible. Tout comme le semblait une victoire d’étape pour Cavendish au départ de ce Tour…

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