Tour de France 2021 : "Deuxième ou quatrième, il n'y a que ma mère qui va s'en rappeler !", les Français encore déçus

Les trois Tricolores David Gaudu, Pierre-Luc Périchon et Franck Bonnamour sont passés proche de la victoire mais ont finalement dû s'incliner devant Patrick Konrad lors de la 16e étape.

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De notre envoyé spécial - Théo Gicquel - franceinfo: sport
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La déception de Pierre-Luc Périchon (Cofidis) à l'arrivée de la 16e étape du Tour de France 2021, le 13 juillet. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Après le départ en fanfare de Julian Alaphilippe lors de la première étape, le contingent français pouvait espérer un Tour de France 2021 riche en émotions et en victoires. Mais depuis ce 26 juin, ni le champion du monde ni aucun autre Tricolore n'est parvenu à lever les bras sur les quinze étapes disputées. Mardi, ils étaient encore trois à pouvoir se disputer la victoire dans le groupe d'échappés : David Gaudu (Groupama-FDJ), Pierre-Luc Périchon (Cofidis) et Franck Bonnamour (B&B Hôtels p/b KTM).

Finalement, aucun n'est parvenu à accrocher la roue de Patrick Konrad (Bora-Hansgrohe), le vainqueur du jour. Fabien Doubey (TotalEnergies), échappé à l'avant pendant plus de 50 kilomètres, a vu l'Autrichien le rejoindre... puis le déposer dans l'ascension de Portet-d'Aspet. David Gaudu fut pendant de longues minutes le plus proche de le rattraper en compagnie de Sonny Colbrelli (Bahrain-Victorious). Mais le duo a dû s'incliner, rejoint par le groupe de poursuivants qui comptait en son sein les accrocheurs Périchon et Bonnamour. 

Périchon frustré sur la ligne

Jouant battu derrière l'Autrichien, le groupe a vu le baroudeur de la formation Cofidis surprendre son monde en attaquant dans la bosse finale. Périchon a finalement terminé 4e, sauté de justesse sur la ligne par Colbrelli et Michael Matthews (BikeExchange). "J'attaque un peu au bluff dans le final. Même si j'ai tout donné, 2e ou 4e, y'a que ma mère qui va s'en rappeler !", pestait Périchon  à l'arrivée, dans un demi-sourire.

Alors qu'il faisait l'élastique avec le groupe de poursuivants, le coureur de Cofidis est arrivé lancé dans le final, au point de presque surprendre ceux qui pensaient se jouer la deuxième place. "J'ai fait une grosse descente du Portet d'Aspet, je suis rentré puis j'ai re-sauté dans la dernière difficulté. Quand je suis rentré sur le groupe, mon directeur sportif (Thierry Maréchal) m'a dit : 'Quand tu rentres, tu flingues !' Avec l'élan, je me suis lancé, derrière ils se sont regardés. À 350 mètres, je pensais vraiment que ça allait le faire pour la deuxième place, mais Colbrelli et Matthews sont venus me rattraper à dix mètres de la ligne. Je n'ai aucun regret, j'ai tout donné", raconte celui dont le meilleur résultat sur une étape était jusqu'ici une 8e place en 2017 et 2019.

Les "bonnes jambes" de Gaudu

Neuvième sur la ligne, David Gaudu a pourtant été le plus proche d'aller chercher la victoire d'étape. "J'avais de bonnes jambes. Quand Konrad est parti tout seul, je me suis dit que ça faisait vraiment loin de l'arrivée", explique-t-il. Un choix que le Français a payé cher. "Au final, il avait raison parce que j'ai été obligé de relancer, le groupe ne montait pas si vite le col, poursuit-il. Derrière, on est presque rentrés mais ça s'est mis à moins collaborer. Rebelote dans le Portet-d'Aspet."

Le Français s'est lancé à la poursuite de Konrad, mais il était déjà trop tard. "On est parti avec (Sonny) Colbrelli, en revenant à 20-30 secondes au sommet. Mais il a fait un énorme numéro dans le final, même à bloc, limite au sprint, on n'arrivait pas à rentrer. J'avais de la force. Il y a encore deux étapes pour faire le maximum, j'espère récupérer comme il faut pour être offensif." Cette journée à l'avant lui aura au moins permis de se rapprocher du top 10. Gaudu est désormais 11e, à 3'14 du 10e, Pello Bilbao (Bahrain-Victorious).

La révélation Bonnamour

Avec Gaudu 9e, Périchon 4e, le groupe comptait également un troisième Français dans le top 10 : Franck Bonnamour (B&B Hôtels, p/b KTM). Le coureur de la formation bretonne, élu super-combatif de la première semaine, a terminé 5e de l'étape. "J'avais vraiment envie de sortir en troisième semaine. Les jambes répondaient vraiment bien ce matin", se félicitait à l'arrivée celui qui ne cesse de se révéler lorsque la pluie s'invite sur son premier Grand Tour. "Je prends vraiment le positif, quatre tops 10 sur mon premier Tour, je n'aurais jamais espéré ça au départ."

Lui qui n'était absolument pas attendu est finalement un des Français les plus réguliers en montagne. Il est désormais 24e et 4e tricolore au général derrière Martin (9e), Gaudu (11e) et Paret-Peintre (13e). "Il montre des qualités de récupération et une envie d'aller de l'avant, ça va lui sourire", analysait Laurent Jalabert sur le plateau de Vélo Club. Les Français sont toujours bredouilles depuis la première étape, mais ils continuent d'empiler les tops 5 ou les podiums. À force de tourner autour, ils vont bien finir par y arriver d'ici Paris.

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