ENTRETIEN. Tour de France 2022 : "L’étape des pavés peut être cruelle", prévient Marion Rousse avant le grand départ

À quelques heures de commenter en direct sur France Télévisions le Tour de France, Marion Rousse s'est confiée sur sa vision de la Grande Boucle avant le départ, vendredi, à Copenhague (Danemark).

Article rédigé par
Louis Delvinquière - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Marion Rousse lors d'une séance photo le 20 mai 2022. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

La Grande Boucle 2022, c'est presque parti ! Dans la capitale du Danemark, Copenhague, 176 coureurs vont s'élancer, vendredi 1er juillet, pour 21 étapes, à commencer par un prologue dans les rues de la "perle de Baltique". Avant ce grand départ, la consultante pour France Télévisions, à retrouver tous les jours à l'antenne, Marion Rousse, a répondu aux questions de franceinfo: sport.

Au programme : un grand favori, des outsiders pour lui chercher des poux, les étapes clés ou encore le Danemark et son départ piégeux. Entretien.

franceinfo: sport : Tadej Pogacar est-il l'ultra favori pour aller chercher une troisième couronne consécutive sur la Grande Boucle ?

Marion Rousse : Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) est tellement au-dessus du lot cette année et est tellement à l'aise sur tous les parcours. Sur le Tour cette année, il y a des pavés, on a vu au Tour des Flandres que ça allait bien. Les étapes à bordures, ça ne lui fait pas peur non plus. La montagne, c'est lui qui gagne. Les chronos, il gagne aussi. Et puis, surtout, il gère la pression.

Tadej Pogacar célèbre son deuxième sacre sur le Tour de France, le 18 juillet 2021 à Paris. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Tout Pogacar qu'il est, on ne va pas le mettre vainqueur avant que la course commence, parce qu'on ne sait jamais. On a vu au Tour des Flandres qu'il n'était pas imbattable non plus, il fait aussi des conneries (sourire). Mais c'est vrai que, sportivement parlant, à l'heure actuelle il est au-dessus du lot.

Qui peut donc aller le titiller dans cette quête au maillot jaune sur les Champs-Elysées ?

Je pense que Primoz Roglic (Jumbo-Visma) sera revenu en forme pour le Tour. Il a déjà gagné un grand tour mais pas le Tour de France, même s'il n'est pas passé loin. J'ai l'impression qu'il gère aussi un peu moins bien la pression. Comme sur Paris-Nice, il y a toujours un jour moins bien, ou une chute. Chose que Pogacar n'a pas souvent. C'est un peu la différence entre les deux. Mais ce sont les deux favoris, c'est vrai, pour le Tour.

Et puis il y a les Vlasov, Yates, des prétendants que l'on va regarder comme Enric Mas (Movistar), des coureurs comme ça, qui vont être à surveiller. La cinquième étape – celle des pavés –  va être tellement piégeuse que tu as beau bien monter à vélo, elle peut être cruelle. D'ailleurs, à chaque fois qu'on passe sur les pavés au Tour de France, il y a trois ou quatre leaders qui rentrent chez eux. 

"Sur le Tour, tu ne dois négliger aucune étape parce qu'en fait, c'est là où tu vas te faire piéger"

Vous avez déjà beaucoup parlé de cette cinquième étape avec des secteurs pavés entre Lille et Arenberg. Quelles pourraient être selon vous les autres étapes clés de ce Tour de France ?

La première semaine va être hyper piégeuse. Il y a celle au Danemark avec l'étape des bordures (la deuxième entre Roskilde et Nyborg), l'étape des pavés, il y a aussi l'étape des monts dans le Nord-Pas-de-Calais (la sixième entre Binche et Longwy), qui sera loin d'être simple. La Super Planche des Belles Filles qui arrive aussi très rapidement (septième étape au départ de Tomblaine). Et puis après, il y a les Alpes, il y a le Granon qui est… horrible (étape 11 au départ d'Albertville) ! Ensuite il y a les Pyrénées, évidemment.

Thibaut Pinot lors d'une session d'entraînement sur la Super Planches des Belles Filles (Vosges), le 18 mai 2022. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Sur le Tour, on ne doit négliger aucune étape parce qu'en fait, c'est là où on va se faire piéger. C'est pour ça que c'est dur d'être un leader et de jouer un classement général, tous les jours, on doit être concentré et mentalement parlant, c'est usant. Alors que quand on joue les victoires d'étapes, on est moins concentré tous les jours de la course, on est moins à calculer le moindre effort que l'on va faire. On a moins de pression, tout simplement. Physiquement, ce n'est peut-être pas moins dur parce qu'on fait le Tour comme les autres, mais psychologiquement, il y a une grande différence.

Justement, qu'est-ce que l'on peut dire sur ces premières étapes au Danemark ? Que pensez-vous notamment du tracé et des potentielles bordures ?

Oui, ça va bordurer [le peloton va se casser en plusieurs parties, notamment à cause du vent]. En plus, il y a pas mal d'équipes qui seront motivées pour créer ces bordures. Je pense à Quick-Step Alpha Vinyl, notamment. Et puis des coureurs danois qui marchent, il y en a plein et, en plus, il y a un chrono. Je pense que Kasper Asgreen va avoir en tête d'aller chercher le maillot jaune par exemple. Il y a les étapes de plaine où ça va bordurer, il y a ce fameux pont où les images vont être impressionnantes, donc il y a tous les ingrédients réunis pour que ce soit un grand départ explosif. Il n'y aura pas de montagne, mais on aura quand même du spectacle.

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