Cyclisme : jugée trop dangereuse par l'UCI, la position de descente dite "Mohoric" est désormais interdite mais fait toujours débat

Cette pratique, qui consiste à se coucher sur le cadre de vélo, est jugée trop dangereuse. Les fédérations vont devoir cesser de l’enseigner aux jeunes coureurs cyclistes.

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Radio France
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Le Français Julian Alaphilippe, portant le maillot à pois du meilleur grimpeur, et le Costaricain Andrey Amador dans une descente de la 19e étape du Tour de France, le 27 juillet 2018.. (JEFF PACHOUD / AFP)

Vous avez peut-être vu ces coureurs cyclistes adopter de curieuses positions, notamment dans les descentes, lorsqu’ils s’assoient sur le cadre de leur vélo et non plus sur la selle, en mettant de plus leur avant-bras sur le guidon, et en lâchant les poignées. L’Union cycliste internationale (UCI) a jugé cette pratique trop dangereuse et a interdit cette position à partir du jeudi 1er avril pour toutes les compétitions.

Utilisée sur piste au début des années 1990, puis sur route par le Slovène Matej Mohoric, qui lui a donné son nom, la technique a été popularisée par Chris Froome en 2016, lors de la 8e étape du Tour de France. "C'est un peu particulier, Christopher Froome nous a inventé quelque chose", lance à l'époque le commentateur de France 2 Thierry Adam qui n’en revient pas.

Mais ensuite, la pratique se généralise, jusqu’en février dernier quand l’UCI décide de l’interdire. Les anciens approuvent plutôt quand les plus jeunes ont tendance à le regretter. Guillaume Martin, premier Français du dernier Tour de France, l’utilisait de temps en temps : "J'admets qu'en étant sur le cadre, il y a peut-être un risque un peu plus important de chuter. Déjà, on ne le fait que sur des lignes droites, mais c'est vrai que sur le cadre on est dans une situation de déséquilibre plus importante. Ceci étant, je n'en ai pas vu beaucoup des chutes de ce type."

La question divise mais l'UCI a tranché

Alors cette position est-elle vraiment dangereuse ? Le débat reste ouvert, y compris dans les instances, explique Emmanuel Brunet, responsable recherche et performance à la fédération française de cyclisme, contrainte de retirer la technique de son enseignement : "Ça ne fait pas consensus entre collègues de dire si cette position est sécurisante ou pas. Quand un coureur roule en tête de peloton, sur une ligne droite, et qu'il voit devant lui qu'il n'y a pas de trous, il me semble qu'il n'y a pas de danger. Mais si on fait ça en milieu de peloton ou dans des portions très sinueuses, là effectivement c'est dangereux."

Selon l'étude d’un aérodynamicien belge, bien utilisée, surtout quand la tête est bien baissée, cette technique controversée génère un gain aérodynamique de 15%. Mais dorénavant, un coureur qui l'utiliserait encore sera mis hors course, perdra 25 points UCI et devra payer une amende de 1 000 francs suisses. 

La position de descente "Mohoric" est désormais interdite - Le reportage de Jean Pierre Blimo
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