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Bloqués dans un hôtel à Abu Dhabi, Thierry Vittu et Cofidis ont "un sentiment d'impuissance"

Confiné à l'hôtel à Abu Dhabi avec deux autres équipes en raison de deux cas positifs de coronavirus, le président de l'équipe Cofidis Thierry Vittu raconte le quotidien d'une formation qui ne peut ni s'entraîner, ni rentrer en France. Avec peu d'informations, la situation stagne pour l'instant et aucune date de sortie n'est pour l'instant prévue.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 2 min.

• Depuis combien de jours êtes-vous bloqué ? 
Thierry Vittu (président de Cofidis) :
 "Nous sommes soumis au confinement dans l’hôtel depuis cinq jours, et depuis dimanche uniquement dans nos chambres. Deux autres équipes sont présentes : Groupama-FDJ et Gazprom-RusVelo. Ce n’est vraiment pas rigolo à vivre. Pour nos repas, on nous les dépose devant la porte et lorsqu’on l’ouvre, il n’y a plus personne, seulement le plateau posé au sol. Cela fait cinq jours que nous sommes bloqués à l’hôtel, que nos chambres ne sont pas faites. Notre literie est déposée à l’ascenseur, nous devons aller la chercher. Le personnel a interdiction d’être en contact avec nous. Il arrive qu’on voit un membre s’enfuir en courant lorsqu’il nous aperçoit. Ce n’est pas simple à vivre psychologiquement."

• Comment vivez-vous la situation ?
T.V :
"Les trois équipes sont confinées au même étage de l’hôtel. Toutes les autres ont pu finalement rentrer chez elles sauf nous. Les autorités ont décidé de confiner cet étage car c’est ici que les deux coureurs déclarés positifs étaient. C’est une décision stupide car on s’est tous côtoyés avant, notamment lors des repas. Alors on s’entraide mutuellement au sein de l’équipe, on se soutient.

• Vous donne-ton des explications sur la situation ?
T.V : 
"Nous avons eu un nouveau test dimanche, nous sommes tous négatifs au sein de l'équipe. Mais sur le reste, nous n’avons aucun information officielle, simplement des rumeurs. Nous n’avons aucun interlocuteur unique, tous tiennent un discours différent. On subit totalement la situation, il y a un sentiment d’impuissance qui est assez insupportable. Je suis certain que les autorités françaises sont au courant, mais elles sont également impuissantes car ce sont les autorités locales qui décident en dernier ressort."

• Comment occupez-vous vos journées ?
T.V : 
"Nous sommes bloqués dans les chambres depuis dimanche, on regarde la télévision, on suit les réseaux sociaux. On reçoit beaucoup de messages de soutien de la famille, des collègues, de notre environnement au sens général. Cela fait beaucoup de bien et aide à tenir."

• Vous avez notamment évoqué plus tôt le terme de “prise d’otage” …
T.V :
"Evidemment, ce n’en est pas une. Mais nous sommes retenus contre notre gré, dans un endroit donné et sans date de sortie. On sait que la situation va se débloquer mais on ne sait pas quand. On passe par des phases d’euphorie et de dépression. Le plus dur, c’est l’incertitude."

• Comment les coureurs vivent-ils cette situation ?
T.V  :
"C’est difficile pour tout le staff, mais surtout pour les coureurs. Ils sont habitués à une hygiène de vie très stricte et ici, ils ne peuvent pas s’entraîner depuis cinq jours. Sur le plan diététique, ils sont obligés de manger ce qui nous est fourni, ce n’est pas idéal. Mais aucun d’eux n’est aligné sur les courses qui arrivent rapidement (Paris-Nice et Tirreno-Adriatico)."

• Malgré les menaces qui pèsent, les courses italiennes et Paris-Nice sont maintenues. C’est une bonne chose ?
T.V :
"Les organisateurs ont raison d’annoncer le maintien de ces courses, car sinon cela pourrait entraîner d’autres annulations ensuite. Mais la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain, pour le moment, tout est possible."

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