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AG2R: Jean-Christophe Péraud, le caméléon

Dauphin de Vincenzo Nibali sur ce Tour de France 2014, le Français Jean-Christophe Péraud a changé plusieurs fois de peau pour arriver si haut. Du VTT à la route, d'un statut d'équipier à celui de leader, qu'il a dû apprendre, le chemin vers le podium de la Grande Boucle a été tortueux pour "Jicé". Mais à 37 ans, le meilleur semble à venir pour le coureur AG2R aux talents multiples.
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France Télévisions
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Jean-Christophe Péraud a déjà vécu plusieurs vies de cycliste. A 37 ans, il a toujours troqué les costumes avec brio. Dix ans durant, le Toulousain s’est consacré au VTT. Plutôt doué, en témoigne sa couronne européenne obtenue en 2005, il change de dimension en décrochant la médaille d’argent olympique à Pékin trois ans plus tard. Son "Everest". Champion d’Europe et du monde par équipe la même année, il est au sommet de son art, à 31 ans. "Le VTT est un sport de maturité, alors, sait-on jamais, si j’ai encore les jambes à 35 ans, on me verra peut-être aux Jeux de Londres !" s’amuse-t-il alors. Sauf que le garçon est également talentueux sur un vélo de route. Champion de France amateur du contre-la-montre en 2008, il s’aligne sur l’exercice chronométré chez les pro l’année suivante, avec le même succès. "C'est un effort semblable à celui du VTT, à la limite de la rupture tout le temps", explique Péraud, maillot bleu-blanc-rouge sur le dos. Cette victoire est un déclic. Malgré son amour pour le tout-terrain, Jicé passe au bitume à plein temps.

Ingénieur chez Areva, il se met en disponibilité pour rejoindre l’équipe professionnelle Omega Pharma-Lotto. Dans l’écurie belge, le Haut-Garonnais apprend le métier. Sur le Tour d’Espagne 2010, il s’essaie au pour mieux se reconstruire et retrouver les feux de la rampe. "C'était un peu planifié dès le mois de juin. On l'avait vu dans le Dauphiné vraiment tranquille et c'était même un peu inquiétant, raconte Jurdié. Tous les deux, on se disait ‘on est peut-être un poil en retard’ mais, sans rire, on disait aussi  ‘Tu verras, dans la troisième semaine du Tour ce retard sera bénéfique et tu  seras l'un des plus forts de l'équipe et du Tour’. C'était un risque, on l'a pris". Un risque payant. Dans les montées finales vers Risoul et Pla d’Adet, Péraud a été le seul à suivre Vincenzo Nibali. Lors de la 18e étape, le Requin de Messine était trop fort et s’est envolé en solo vers la victoire. Dans le dur, Péraud a mis un point d’honneur à suivre Thibaut Pinot. "C'est dur pour tout le monde, ça se joue dans la tête et en général, j'essaie de me faire violence". Bien lui en a pris.

Lavenu: "Il progresse encore à 37 ans"

Pointé à 13 secondes de son jeune compatriote, 2e du général, avant le dernier contre-la-montre hier, le vainqueur du dernier Critérium international l’a dépassé sur le chrono. Premier Français dauphin du Tour depuis Virenque en 1997, Jean-Christophe Péraud a également surmonté ses complexes passés. Le Lyonnais d’adoption vit sa saison professionnelle la plus accomplie en termes de résultats. En quatre ans, il a bien changé. "Il a des ressources physiques et mentales dignes d'un grand champion. Il  progresse encore à 37 ans, s’enthousiasme le manager français Vincent Lavenu. S'il avait commencé la route un peu plus tôt, qu'est-ce que ça aurait donné?" Personne n’a la réponse. Péraud a encore deux ans chez AG2R pour donner la sienne. Et se tailler un habit de vainqueur de grand tour?

Vidéo: La joie de Péraud à l'arrivée sur les Champs-Elysées

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