Tony Parker a pris en exemple Michael Jordan "qui a très tôt développé un business sur son nom"

"Il a fait fructifier son patrimoine et c'est bien vu parce que la carrière sportive est courte et que Tony Parker, à même pas 40 ans, a encore quelques années à vivre", selon l'économiste du sport Christophe Lepetit.

Tony Parker, dans les tribunes d\'un match de l\'Asvel le 5 mai 2019.
Tony Parker, dans les tribunes d'un match de l'Asvel le 5 mai 2019. (JO?L PHILIPPON / MAXPPP)

Tony Parker, qui a annoncé lundi 10 juin la fin de sa carrière sportive à 37 ans, s'est toujours "intéressé" à sa "reconversion", il a "toujours pensé au coup d'après", a expliqué mardi 11 juin sur franceinfo Christophe Lepetit, économiste du sport au centre de droit et d’économie du sport de Limoges. Selon lui, "Tony Parker fait partie de ces grandes vedettes internationales au même titre que Cristiano Ronaldo, Lionel Messi".

Le basketteur français a investi dans plusieurs domaines, dans le sport en rachetant le club de basket de Villeurbanne, mais aussi dans le prêt-à-porter, les nouvelles technologies, la restauration ou encore dans le tourisme, avec le rachat de l'ensemble des remontées mécaniques de Villard-de-Lans et de Corrençon-en-Vercors.

franceinfo : Tony Parker fait-il partie de ces sportifs dont le nom est devenu une marque ?

Christophe Lepetit Oui, sur le marché français, il a réussi à créer, à construire quelque chose sur son nom, quelque chose d'assez exceptionnel, puisqu'il a développé beaucoup d'activités en parallèle du basket en étant lui-même une égérie et en étant identifié de façon très forte. Oui, c'est très certainement un homme sportif-marque à la française comme on en a finalement assez peu. Tony Parker fait partie de ces grandes vedettes internationales au même titre que Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi. À son échelle, Tony Parker a réussi à construire quelque chose de conséquent. Si on devait faire une analogie par rapport à des gens qui ont eu ce positionnement dans le basket, on pourrait penser à Michael Jordan qui a très tôt développé du business sur son nom et qui a pris des participations dans beaucoup de domaines, Tony Parker a très certainement essayé de copier Michael Jordan.

Il a investi dans plusieurs domaines. Est-ce que ça ne part pas dans tous les sens, au risque de s'éparpiller ?

On peut avoir ce sentiment-là, mais c'est aussi une façon de diversifier son portefeuille d'activités. Tony Parker est un sportif qui a très bien gagné sa vie. Il a eu la chance d'évoluer à un très haut niveau de performance en NBA, ce qui lui a permis d'avoir des revenus salariaux et des revenus de sponsors assez élevés. Il a fait fructifier son patrimoine. C'est bien vu parce que la carrière sportive est courte et que Tony Parker, à même pas 40 ans, a encore quelques années à vivre. Et cela va lui permettre de diluer le risque. On sait par exemple, pour avoir vu cela dans le football, que certains footballeurs qui avaient placé leur argent dans un seul et même secteur d'activité se retrouvent aujourd'hui en grande difficulté. Tony Parker, lui, n'a pas totalement délégué cette partie-là, donc on peut penser qu'il a acquis une certaine expertise sur le sujet. Il est aussi très bien entouré. Quand on voit où il investit ça démontre qu'il ne fait pas n'importe quoi. Le fait qu'il se soit toujours intéressé à cette reconversion, qu'il ait toujours pensé au coup d'après, plus un entourage performant, ça le prémunit contre un risque de faillite personnelle qui touche malheureusement de trop nombreux sportifs aujourd'hui.

Est-ce que sa retraite est une bonne nouvelle pour le club de Villeurbanne ?

C'est une excellente nouvelle pour le club. Il était déjà très présent, très impliqué, il y avait joué pendant le lock-out, [une grève en NBA qui a libéré certains joueurs français pendant plusieurs semaines], il a été très impliqué dans les affaires de Villeurbanne même s'il a mis en place sur site, une équipe qui gérait le quotidien. Maintenant il va pouvoir s'investir de façon beaucoup plus prononcée et porter la croissance de ce club qui va disputer l'Euroligue et qui ambitionne progressivement de faire augmenter son budget et concurrencer à terme les grosses écuries européennes. Le budget devrait se situer aux alentours de 10 millions d'euros. Tony Parker tout jeune retraité va pouvoir s'atteler à mobiliser son réseau pour faire progresser ce budget et l'amener autour de 15 à 20 millions d'euros, ce qui lui permettrait d'être compétitif. Pour l'ASVEL et plus largement pour le basket français, si Tony Parker souhaite s'investir dans ces projets-là, ça ne peut être que bénéfique.