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"C'est une vraie participation dans le club" : pourquoi l'Élan Béarnais ouvre une partie de son capital sous forme de "tokens"

En première mondiale, le club de basket de Pau-Lacq-Orthez propose à la vente 40% de son capital, ce mardi. Pour le fonds d'investissement américain qui a repris le club en juin 2021, l'objectif est multiple.

Article rédigé par franceinfo - Boris Hallier
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Le bus du club de basket de Pau-Lacq-Orthez l'Elan Béarnais, en déplacement à Orléans (Loiret) pour le compte de la 3e journée de Jeep Elite, le 5 octobre 2019.
 (MATHIAS KERN / RADIOFRANCE)

Une partie du club pour 90 centimes d'euros... Le club de basket de Pau-Lacq-Orthez, qui joue en de Pro A, ouvre, mardi 26 avril 2022, une partie de son capital (40%), aux supporters et aux investisseurs. Pour cela, l'Elan Béarnais ne propose pas des actions classiques : les nouveaux propriétaires américains misent sur les jetons numériques, des "security tokens", véritables actifs de la finance numérique et décentralisée qui symbolisent une part du club. Et c'est une première pour une équipe professionnelle dans le monde du sport.

Greg Heuss, le propriétaire américain de l'Elan Béarnais l'assure : "Quand on achète un jeton, on obtient aussi un droit de vote, comme les autres propriétaires. Mais contrairement aux actions, il y a aussi des privilèges associés : des remises sur les billets, des rencontres avec les entraîneurs, des voyages avec l'équipe.... Tout cela, on peut l'avoir en achetant des tokens". D'ailleurs, les Français bénéficieront d'une période de deux semaines pour acquérir des jetons, avant qu'ils ne soient proposés au reste du monde.

Susciter l'attention des supporters... et surtout des investisseurs

Le club, qui vient de remporter la Coupe de France ce week-end, la première depuis 15 ans, espère lever au minimum trois millions d'euros, afin de financer ses différents projets. C'est aussi un coup de projecteur pour CounterPointe Sport Group, le fonds d'investissement qui a racheté L'Élan Béarnais Paul-Lacq-Orthez, neuf fois champion de France de basket, en juin 2021 : ce nouveau modèle économique pourrait inspirer d'autres clubs, comme ceux de la NBA aux Etats-Unis. "De nombreuses personnes ne savent pas encore ce que c'est. Ce n'est pas du Bitcoin, de l'Ethereum ou autre cryptomonnaie : c'est une vraie participation dans le club. Ce qui n'a jamais été fait avant ! Nous espérons donc que cela va susciter de l'intérêt, pas seulement chez les supporters mais aussi parmi les investisseurs qui attendaient l'opportunité d'acheter des parts sous forme de tokens. Nous leur donnons cette opportunité", insiste Greg Heuss.

Ce système de jeton virtuel n'est pas totalement inconnu dans le monde du sport, et notamment chez les fans de football : les supporters du Paris-Saint Germain, du FC Barcelone ou de Manchester City peuvent déjà acheter ce que l'on appelle des "fan tokens". 

"Pas plus de risque que d'acheter une action"

Toutefois, ces jetons utilitaires sont différents des "security token" proposés par l'Elan Béarnais. "Un jeton utilitaire, c'est vraiment quelque chose qui va donner certains avantages aux personnes qui le détiennent, comme la possibilité de voter sur un déplacement de l'équipe à un évènement caritatif par exemple. Un 'security token', ou des jetons instrument financier, cela permet d'ouvrir le capital. Potentiellement, pour les souscripteurs, c'est peut-être plus intéressant", analyse Matthieu Quiniou, avocat spécialiste de ces nouveau instruments financiers.

Pour organiser cette levée de fond, l'Elan Bérnais a collaboré pendant plusieurs mois avec l'Autorité des Marchés financiers qui encadre le dispsoitif : "Il n'y a pas plus de risque de souscrire à un 'security token' qu'une action. Il y a une partie de coup de communication pour une opération comme celle-là, et de marquer dans une certaine perspective de marquer une forme de numérisation. C'est intéressant", rassure enfin Matthieu Quiniou. Pour les premiers acheteurs, le club palois propose 500 lots de jetons à 450 euros, chacun, soit 0,9 euro par jeton. Le prix d'achat du jeton, lui, pourra ensuite augmenter.

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