"Je n'avais plus mes règles et je me suis brisé cinq os" : pour la première fois une athlète dénonce les méthodes d'Alberto Salazar

Mary Cain était un grand espoir de l'athlétisme américain jusqu'à ce qu'elle passe sous la houlette d'Alberto Salazar, cet entraîneur suspendu quatre ans pour dopage.

L\'athlète Mary Cain en 2013.
L'athlète Mary Cain en 2013. (SERGEI ILNITSKY / MAXPPP)

Jeune prodige américaine, la New Yorkaise Mary Cain avait signé en 2013 pour l'Oregon Project d'Alberto Salazar, sponsorisé par l'équipementier Nike. Elle avait 17 ans. Jeudi 7 novembre, elle est devenue la première athlète à dénoncer publiquement dans une vidéo diffusée par le New York Times, les méthodes de l'entraîneur américain suspendu quatre ans pour dopage. L'athlète y décrit des conditions d'entraînement éprouvantes qui l'ont détruite moralement et physiquement. 

Perdre du poids à tout prix  

Mary Cain a été championne du monde junior du 3 000 m et sous la houlette d'Alberto Salazar, elle ambitionnait d'être la meilleure. Mais le rêve de l'Américaine s'est transformé en cauchemar. Le système mis en place par Alberto Salazar et cautionné par Nike l'a broyée physiquement. "Pour que je puisse m'améliorer, il m'a convaincue que je devais devenir de plus en plus mince. Il voulait me donner des pilules contraceptives et diurétiques pour perdre du poids. Après des mois de privations, je n'avais plus mes règles et je me suis brisée cinq os", raconte-t-elle.

"Ce système est malade"  

L'emprise était telle que Mary Cain, aujourd'hui âgée de 23 ans, assure avoir eu des pensées suicidaires et s'être mutilée. Beaucoup dans le staff savaient mais personne n'a rien dénoncé. La jeune athlète, qui n'est plus apparue en compétition depuis trois ans, espère servir d'exemple. "J'étais seule et apeurée. Ce système est malade. Quand je suis rentrée chez mes parents et qu'ils m'ont vue, ils ont été horrifiés."  

Alberto Salazar nie toutes ces accusations. L'agence mondiale anti-dopage va commencer à interroger tous les athlètes qu'il a eus sous ses ordres.