JO 2021 : l'agence de contrôle internationale, un organisme indépendant créé pour "mieux ajuster les mailles du filet" de la lutte antidopage

Pour la première fois dans l'histoire des Jeux olympiques, les contrôles antidopage de tous les athlètes ont été confiés à une agence indépendante, l'ITA (agence de contrôles internationale).

Article rédigé par
Fanny Lechevestrier - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Un kit "Berlinger" de contrôle antidopage. (JOEL SAGET / AFP)

Est-il possible d'organiser des Jeux Olympiques propres, c'est-à-dire sans dopage ? Alors que s'ouvrent officiellement vendredi 23 juillet les Jeux de Tokyo 2021, la lutte contre le dopage est montée d'un cran. Pour la première fois dans l'histoire de ces olympiades, tous les contrôles des athlètes ont été confiés à un organisme indépendant : l'ITA, l'agence de contrôle internationale, qui supervise l'ensemble des délégations depuis plusieurs mois déjà.

En effet, et c'est un changement très important dans la lutte contre le dopage, le travail de cette agence a commencé bien en amont des olympiades. "Lors des JO de Rio, le travail 'pre-games' donc avant les Jeux, avait débuté un mois avant, explique la présidente de l'ITA Valérie Fourneyron, ancienne ministre des Sports. "Il y avait sept fédérations internationales et 1 500 recommandations. Pour ceux de Tokyo, le travail a commencé plus de six mois avant, avec 25 000 recommandations à appliquer par les 33 fédérations internationales. Nous avons aussi construit un système d'évaluation des risques pour mieux ajuster les mailles du filet."

Des nouvelles techniques de contrôle

Ainsi, des nations comme la Russie, pour ne citer qu'elle, ou des sports comme l'haltérophilie sont plus suivis que d'autres. Mais ce travail a toutefois été compliqué par la pandémie. "Les mois de mars et avril 2020 ont été très difficiles, mais nous avons travaillé comme des fous cet été pour rattraper notre retard", assure le directeur de l'agence Benjamin Cohen.

Pour faire progresser la lutte antidopage, de nouvelles techniques de contrôles sont également expérimentées sur ces Jeux comme celle dite des taches de sang séché. La collecte des données de performances pourrait également être à terme un atout décisif contre les tricheurs. "On est en train de travailler avec deux centres britanniques pour développer un passeport de la performance, détaille Benjamin Cohen, L'idée de cet outil et de suivre les performances d'un athlète de la même manière qu'on observe ses données biologiques dans le temps."

Pendant longtemps, la lutte antidopage a consisté à faire beaucoup de tests et à sanctionner. Aujourd'hui on se rend compte qu'il faut plutôt éduquer et faire des tests de manière intelligente, en ciblant grâce aux données qu'on collecte.

Benjamin Cohen, directeur de l'ITA

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La tâche reste cependant ardue. 5 000 tests sont prévus à Tokyo, mais le bureau des 250 contrôleurs de l'agence se trouve au village olympique, où les sportifs ne sont que de passage en raison du Covid-19.

Il faut aussi trouver un terrain d'entente avec les autorités policières et judiciaires du Japon pour que la lutte soit efficace. Pour la première fois, l'Agence a obtenu le droit de conserver pendant dix ans les échantillons prélevés pendant ces Jeux pour des réanalyses. C'est donc une épée de Damoclès supplémentaire au-dessus de la tête des tricheurs.

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