WTA : la communauté tennis monte au créneau pour retrouver Peng Shuai, disparue depuis dix jours

La joueuse de tennis chinoise aurait disparu depuis dix jours, après avoir accusé de viol l'ancien vice-Premier ministre de son pays.

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France Télévisions
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Peng Shuai, ici en 2019 en Chine, est portée disparue depuis dix jours. (ROB PRANGE / SPAINDPPI)

Avec le hashtag #WhereIsPengShuai, la communauté du tennis s'inquiète sur les réseaux sociaux du sort de la joueuse chinoise Peng Shuai. Celle-ci aurait disparu depuis une dizaine de jours après avoir accusé de viol l'un des dirigeants de son pays sur son compte Weibo (Twitter chinois), depuis effacé.

"Oui, ces accusations sont très inquiétantes. Je connais Peng depuis qu'elle a 14 ans. Nous devrions tous être inquiets, c'est grave. Où est-elle ? Est-elle en sécurité ? Toute information serait appréciée", écrit dimanche l'ex-championne américaine Chris Evert sur son compte Twitter.

La Française Alizé Cornet a également relayé samedi sur son compte le message #WhereIsPengShuai, en ajoutant "ne restons pas silencieux", tandis que le Britannique Liam Broady, 127e mondial, reprenant le mot-dièse #WhereIsPengShuai, a écrit dimanche : "Je ne peux pas croire que ce genre de choses arrive au 21e siècle".

"Ce n'est pas seulement un problème de la WTA. Nous sommes tous concernés", a réagi de son côté Nicolas Mahut, ancien numéro un mondial en double.

La WTA réagit

Des centaines d'anonymes se posaient la même question, soulignant le silence de la Fédération internationale (ITF) et de la WTA, l'organisme qui chapeaute le circuit professionnel féminin.

La WTA s'est finalement exprimée dimanche dans un communiqué par l'intermédiaire de son PDG Steve Simon, en indiquant que "les récents événements en Chine concernant une joueuse de la WTA, Peng Shuai, sont très préoccupants". "Son accusation concernant la conduite d'un ancien dirigeant chinois, impliquant une agression sexuelle, doit être traitée avec le plus grand sérieux", assure l'Américain dans ce texte, qui réclame que "justice soit faite".

"Nous attendons que cette question soit traitée correctement, ce qui signifie que les allégations doivent faire l'objet d'une enquête complète, équitable, transparente et sans censure", souligne Steve Simon.

Des faits qui remonteraient à trois ans

Dans un long texte, Peng Shuai affirmait avoir eu, il y a trois ans, un rapport sexuel forcé avec l'ancien vice-Premier ministre Zhang Gaoli, qui a été de 2013 à 2018 l'un des hommes politiques les plus puissants de Chine. L'accusation explosive avait été brièvement postée le 2 novembre sur le compte Weibo officiel de la joueuse de 35 ans, spécialiste du double et lauréate notamment du tournoi de double de Roland-Garros en 2014.

Si la censure avait rapidement fait disparaître le message de l'internet chinois, des captures d'écran s'étaient néanmoins répandues comme une traînée de poudre. L'AFP n'avait pas été en mesure de déterminer si le message avait bien été écrit par Peng Shuai et son entourage s'était alors refusé à tout commentaire. Zhang Gaoli n'avait pour sa part pas réagi publiquement.

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