: Reportage "Cela fait quelque chose de la voir en vrai" : la vasque olympique attire curieux et touristes au jardin des Tuileries, à Paris
C'était l'une des reines de la cérémonie d'ouverture des Jeux, vendredi 26 juillet. Moins de 24 heures après avoir été illuminée par Marie-José Pérec et Teddy Riner, la vasque olympique avait déjà de la visite. Des dizaines de personnes s'amassaient ainsi samedi matin devant la grille du jardin des Tuileries, dans l'alignement de la pyramide du Louvre et de la place de la Concorde.
Même de loin, l'objet imaginé et conçu par le designer Mathieu Lehanneur fait son effet. Cyril et Noémie, venus de Grenoble avec leurs deux enfants par le premier train samedi ne sont "pas déçus". L'aspect massif de cette vasque de sept mètres de diamètre impressionne. "C'est quand même gros", soufflent les enfants. Mais pour s'approcher, il va falloir patienter encore un peu et braver la pluie.
Depuis son allumage au terme d'une cérémonie d'ouverture grandiose vendredi, le public se demandait s'il allait pouvoir l'admirer de près. Paris 2024 a mis en place un site internet sur lequel il faut s'inscrire, gratuitement, pour des créneaux, prévus toutes les 15 minutes, de 11 heures à 19 heures, tous les jours. Plus de 80 000 personnes ont déjà réservé une place, a précisé samedi en conférence de presse Mathieu Lehanneur.
En attendant l'heure fatidique, chacun se place pour trouver le bon cadre pour photographier le ballon, cloué au sol, sur son téléphone. "Il faut dire aux membres du personnel de se déplacer pour qu'on puisse en prendre sans personne dessus", plaisante Christophe en s'adressant à la personne chargée de la sécurité.
Il vit dans le quartier, a vécu la cérémonie depuis son salon, et voulait voir la flamme avant de partir en vacances et s'éloigner de la capitale. "Je trouve qu'on ne la voyait pas très bien à la télévision, les caméras étaient trop loin", glisse-t-il. Comme lui, d'autres sont intrigués. Les joggeurs qui courent aux abords du jardin s'arrêtent, les gendarmes qui patrouillent en profitent pour immortaliser l'objet.
300 personnes par créneau de 15 minutes
Peu avant 11 heures, le personnel de sécurité s'agite derrière les grilles : l'ouverture est imminente. Valérie-Anne et Alexandra passant dans le quartier pour voir une exposition, finalement fermée, prennent le temps d'apprécier la vue. "Cela fait quelque chose de la voir en vrai, après cette cérémonie grandiose, qui a rendu fier d'être français, pour une fois", assure Alexandra. Il y a aussi quelques désillusions, alors que certains sont venus, mais sans s'être inscrits. C'est le cas de Noémie venue avec son mari et son fils Baptiste pour la cérémonie. Avant leur retour à Chambéry en train, la famille "souhaitait la voir de plus près".
Baptiste étant en fauteuil roulant, arriver jusqu'aux grilles a déjà été un périple. La mère tente de négocier un accès rapide, mais la sécurité refuse : "Les créneaux sont complets." Très vite, ceux qui tentent leur chance sur le site officiel déchantent. La billetterie est saturée, impossible d'obtenir une place pour le jour même, car la jauge est limitée à 300 personnes par créneau, soit 1 200 personnes par heure. Vers 13 heures, l'organisation nous apprend que la journée de samedi est complète. La famille savoyarde repart, non sans une dernière photo, profitant d'un point de vue plus dégagé.
Devant les grilles, des dizaines de personnes patientent, munies de billets ou non. L'organisation jongle avec les langues et distille les consignes. Dylan, lui, s'était organisé. Il était devant son ordinateur "à 23h59" hier pour être l'un des premiers à obtenir un billet. Accompagné de son père Laurent, de son parrain Jean-Louis et de sa tante Cécile, le jeune homme a organisé la visite. Le groupe savoure sa chance, même si Jean-Louis déplore l'absence de personnalités pour animer les lieux. "Il aurait pu y avoir Carl Lewis, rigole-t-il. Il était bien là hier soir." "C'est symbolique, glisse Cécile, c'est une fois tous les 100 ans, on ne le reverra plus, ou alors ça signifie qu'on sucrera vraiment les fraises."
A l'intérieur du jardin, chaque groupe peut flâner et profiter de la vue. Emilia, 3 ans, joue avec la terre humide et n'a pas peur des flaques d'eau. "Elle a regardé la cérémonie, elle a dansé, mais elle a craqué au moment des discours", sourient ses parents Dimitri et Jessica. Venus de Saint-Ouen, ils s'estiment chanceux. "On avait prévu d'aller voir la flamme et en me connectant à 10 heures sur le site, j'ai eu un créneau pour 12h15", assure le papa, qui salue le travail réalisé pour la cérémonie et cette vasque et l'hommage à la montgolfière.
Les organisateurs de la cérémonie ont, en effet, voulu faire un clin d'œil à des exploits français. Celui du physicien Jean-François Pilâtre de Rozier et du marquis d’Arlandes, d'abord, qui ont réalisé le premier vol habité de l'histoire dans un ballon dirigeable à Paris, le 21 novembre 1783. Puis, celui du physicien Jacques Charles, qui a fait décoller un ballon à gaz rempli d'hydrogène, plus puissant, plus sûr et plus sophistiqué, depuis les Tuileries, devant 400 000 personnes, le 1er décembre 1783.
"On se sent un peu plus privilégiés"
Ces premières heures de visite se déroulent dans le calme. Le tour de la fontaine effectué, les quelques clichés réalisés, chacun regagne la sortie. Une fois à l'intérieur, la visite n'est pas chronométrée, mais "les personnes n'ont pas de raison d'y rester deux heures", justifie une personne de la société Aimko qui gère l'organisation du projet. Mélanie et Kellian, jeune couple venu de région parisienne, prennent la pose, phryges aux bras. "On voulait absolument voir la vasque, estime le jeune homme, et on est là un peu plus de 11 heures après son allumage." Il s'est précipité sur le site de réservation au moment de son ouverture. "Elle est magnifique, c'est super qu'elle soit aussi accessible", note-t-il.
"Je suis surpris par le lieu. Au milieu de la fontaine aux Tuileries, c'est exceptionnel."
Kellian, un spectateur venu voir la vasqueà franceinfo
Virginie, elle, ravale sa déception à la vision de cette flamme olympique. Venue de Lille avec mari et enfants pour la cérémonie d'ouverture, elle "voulait en prendre plein les yeux". En tribunes près du quai d'Austerlitz, elle regrette de n'avoir vu que les bateaux défiler et de ne pas avoir pu profiter d'un show surtout destiné pour la télévision, selon elle. "En voyant la vasque, on se sent un peu plus privilégiés, l'installation est spectaculaire", observe-t-elle. Maxime, son fils, acquiesce, mais note tout de même "une ressemblance avec les lavabos du Kinépolis", un complexe cinéma, de Lille.
Tout en chambrant son fils, Laurent se félicite du mode de combustion de cette flamme. Elle ne brûle pas grâce à des combustibles fossiles, mais est 100% électrique, grâce à un dispositif développé par EDF. "C'est judicieux, avance-t-il, brûler du gaz durant deux semaines, ça n'aurait pas été dans les clous de l'objectif de Jeux verts et respectueux de l'environnement." Elle va brûler jusqu'au 11 août. Mais que ceux qui s'attendent à la voir léviter dans le ciel parisien ne soient pas surpris. Le ballon ne s'envolera qu'à 22 heures. Ce sera l'occasion pour Delphine, venue de Charente pour les JO, de revenir la voir. "De nuit et dans les airs, ça sera encore plus émouvant."
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