Reportage "C'est vraiment pas mal pour le CV" : une formation express lancée pour trouver des milliers d'agents de sécurité privée pour Paris 2024

Il est nécessaire d'embaucher de milliers d'agents de sécurité privée, en plus des policiers et gendarmes, pour assurer la sécurité des grands événements. Le gouvernement met en place une formation express à destination des demandeurs d'emploi et des étudiants.
Article rédigé par Noémie Bonnin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des agents de sécurité  pendant le match de Ligue 1, le 14 avril 2018 au stade Pierre Mauroy à Lille,. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

"Allo le Samu, je suis en présence d'une victime qui est inconsciente !" C'est un exercice en situation pour neuf étudiants qui suivent, mercredi 26 avril, à Versailles un module de formation concernant le secourisme. Ces jeunes sont partis pour trois semaines de formation PSGE, pour Préparation à la sécurité des grands événements. Ils devront suivre 106 heures de cours pour espérer, à la fin, décrocher la certification et pouvoir travailler en tant qu'agent de sécurité pour les grands événements sportifs : Roland-Garros, la Coupe du monde de rugby organisée à l'automne 2023 en France, et bien sur les Jeux olympiques à l'été 2024.

>> Paris 2024 : à moins d'un an des JO, la sécurité pose toujours question malgré la confiance affichée des autorités

"Je suis passionnée de sport depuis toute petite", raconte Manon, étudiante en première année de Staps, la filière du sport à l'université. Elle ne se destine pas du tout à faire de la sécurité son métier mais voit plutôt ça comme un petit boulot complémentaire : "Cela nous fait des diplômes en plus, c'est vraiment pas mal pour le CV. Il faut profiter de tout ça pour avoir une autre expérience dans d'autres domaines et voir l'envers du décor."

Un objectif de 22 000 agents de sécurité formés

Ces trois semaines d'apprentissage sont rémunérées 950 euros pour les moins de 26 ans. L'objectif de ce programme est de former d'ici un an 22 000 agents de sécurité. Les demandeurs d'emploi sont visés mais aussi les jeunes en formation. "La formation est à la fois théorique et pratique, détaille Charline Avenel, rectrice de l'académie de Versailles. Elle leur permet d'avoir une carte professionnelle, puis de travailler pendant les JO avec ce titre professionnel."

Cette formation est basique et ne permet pas, par exemple, de porter une arme. Elle est censée contribuer à répondre au manque de main d'œuvre du secteur en pleine expansion, atteste Benoît de Saint Sernin, directeur de l'École européenne d'intelligence économique (EEIE) qui accueille la formation : "C'est un secteur qui est même en pleine explosion avec l'insécurité globale dans laquelle on vit. En revanche, c'est un secteur qui a du mal à recruter parce que ce métier n'a pas forcément une bonne image et n'est pas facile à intégrer. Il faut passer des vrais obstacles, entre autres l'enquête de moralité auprès du ministère de l'Intérieur, et c'est très sévère."

"Malgré tous ces freins, aujourd'hui dans mon école, j'ai plus de 300 CDI disponibles sur mon bureau et je n'attends que les candidats."

Benoît de Saint Sernin, directeur de l'EEIE

à franceinfo

Cette carte professionnelle, que les jeunes pourront décrocher, est valable jusqu'en octobre 2025. Ils pourront donc travailler sur d'autres événements, comme des matchs, des festivals ou des concerts. Et pour tous ceux qui auront été embauchés pour une mission pendant les JO, ils recevront deux places pour assister à une épreuve des Jeux paralympiques.

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