Paris 2024 : le maire d'Orléans dénonce l'arrivée "en catimini" de centaines de sans-abri dans sa ville en provenance de Paris avant les JO

Selon le maire d'Orléans, un car en provenance de région parisienne arrive toutes les trois semaines à Orléans depuis près d'un an, avec à son bord une quarantaine de sans-abri.
Article rédigé par franceinfo
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Le maire d'Orléans Serge Grouard, ex-LR, s'interroge sur l'arrivée de personnes précaires dans sa ville depuis mai 2023 et fait le lien avec les JO. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Serge Groaurd, le maire ex-LR, d'Orléans, dans le Loiret, dénonce lundi 25 mars, auprès de France Bleu Orléans, l'arrivée "en catimini" de plusieurs centaines de personnes sans-abri dans sa ville, en provenance de Paris, à quelques mois des Jeux olympiques dans la capitale. Serge Grouard demande des explications au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Il assure que "depuis mai 2023, toutes les trois semaines, il y a un car qui est affrété de Paris qui embarque des personnes migrantes en situation irrégulière et sans domicile fixe pour les amener à Orléans."

"Tout cela se fait en catimini, et c'est particulièrement choquant", dénonce Serge Grouard, qui estime qu'Orléans "n'a pas vocation à accueillir la colline du crack". Le maire assure avoir "mené son enquête", a interrogé les services de l'État sur ces arrivées "et les réponses ont été évasives, sans que je sache exactement qui venaient et surtout ce qu'on leur proposait", dénonce-t-il.

Les nouveaux arrivants passent quelques semaines à l'hôtel, ensuite les SDF ou les migrants "s'évaporent dans la nature" selon le maire, "et ça n'est pas convenable, on ne peut pas se débarrasser des problèmes sur nous en disant que 'c'est difficile à Paris, débrouillez-vous'". Il estime que cela représente un total de 500 personnes depuis 2023. Serge Grouard explique cependant ne pas avoir de "certitude" sur un lien avec les Jeux olympiques de Paris. 

"Nettoyage social"

Les associations d'aide aux personnes précaires partagent le constat du maire. Depuis un an, plusieurs centaines de personnes ont bien été évacuées de camps de migrants ou de squats à Paris et redirigées vers 13 "sas d'accueil", en région, à la demande de l'État. "Depuis l'arrivée des JO, on envoie systématiquement les personnes hors de d'Île-de-France, confirme Paul Alauzy, de Médecins du Monde, c'est juste un déplacement des sans-abris et ils se retrouvent dans des petites villes, où il y a beaucoup moins de moyens, à la rue alors qu'ils n'ont pas de réseau." Et sans réseau d'entraide, sans solutions de logement pérenne, une partie de ces personnes préfèrent même retourner à Paris.

Paul Alauzy est également le porte-parole le "Revers de la médaille" un collectif de 60 associations qui dénonce une tentative de "nettoyage social" des rues de Paris à l'approche des JO. Pour ce collectif, les grands événements sportifs engendrent un "risque avéré de nettoyage social des rues", avec des "délogements de sans-abri, des réductions des places d'hébergement d'urgence, des fermetures des points d'accueil, de distribution de l'aide alimentaire, etc." En octobre également, le gouvernement avait créé la polémique en proposant 100 euros de dédommagement aux étudiants qui seront exclus de leurs logements Crous pendant la compétition.

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