Paris 2024 : on vous explique pourquoi les fortes pluies font peser une menace sur la possibilité de nager dans la Seine

La séance d'entraînement dans la Seine, prévue vendredi matin en vue de l'épreuve internationale de nage en eau libre du week-end, a été annulée pour cause de pollution du fleuve. Origine de cette pollution, manière d'y remédier, perspective pour les JO : franceinfo fait le point.
Article rédigé par Gérald Roux
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Lors des JO, les nageurs en eau libre feront des aller-retours en aval de la gare d'Austerlitz, entre le pont Alexandre III et le Pont de l'Alma (illustration). (JOEL SAGET / AFP)

À moins d'un an des Jeux Olympiques de Paris, une séance d'entraînement de natation en eau libre dans la Seine a été annulée, vendredi 4 août au matin, à Paris. Les épreuves de la Coupe du monde de cette discipline qui doivent se dérouler durant le week-end sont pour le moment maintenues. La tenue des courses dépendra des dernières analyses d'eau, 24 heures avant chaque départ, et des prévisions météorologiques. Les fortes pluies des derniers jours ont entraîné un niveau de pollution trop élevé.

>> Paris 2024 : comment la qualité de l'eau de la Seine est-elle surveillée pour la baignade ?

En deux semaines, il est tombé 104 millimètres d'eau sur Paris, selon la préfecture de région d'Île-de-France. C’est quatre fois plus de pluie que la moyenne de ces vingt dernières années sur la période, entre le 20 juillet et le 2 août. Une situation exceptionnelle qui a entraîné cette mesure exceptionnelle : l’annulation d’une séance d’entraînement.

D’où vient la pollution des eaux de la Seine ?

Quand il pleut très fort sur la capitale, quand il y a des orages très violents, l'eau ruisselle sur des sols comme le goudron des routes ou  les trottoirs qui n'absorbent pas ces précipitations. L'eau s'engouffre donc à vitesse grand V dans les égouts jusqu'à risquer de saturer le réseau. Pour éviter cela, la décision est prise de relâcher le surplus d'eaux usées dans la Seine, par l'intermédiaire de déversoirs d'orage. Logiquement, cela fait grimper la pollution, notamment avec des bactéries d'origines fécales.

Comment Paris tente d'éviter ce phénomène ?

Dans la perspective des JO 2024, la ville et la région ont lancé un chantier impressionnant. Un réservoir est actuellement creusé près de la gare d'Austerlitz. Il va pouvoir capter, grâce à des canalisations, les eaux usées en surplus. Avec 35 mètres de profondeur, ce bassin de rétention pourra contenir 50 000 mètres cubes d'eau, soit l'équivalent de 20 piscines olympiques. 

À l'avenir, une fois les épisodes de fortes pluies passés, le réservoir sera vidé et les eaux usées seront envoyées vers des stations d'épuration. Le bassin sera terminé normalement début 2024. Il doit coûter 90 millions d'euros. Au total, ce sont 1,4 milliard d'euros qui ont été investis pour rendre l'eau de la Seine "baignable" : des stations d'épuration ont été modernisées et les péniches et certaines maisons qui bordent la seine ont été raccordées au réseau d'égouts.

Où vont nager les athlètes dans la Seine pendant les JO ? 

Les compétiteurs nageront en aval de la gare d'Austerlitz, entre le pont Alexandre III et le Pont de l'Alma. Les nageurs en eau libre feront des boucles entre les deux ponts. C'est d’ailleurs ce qui est prévu ce week-end si la compétition, qui sert de test à moins d'un an des Jeux Olympiques, a bien lieu. Rappelons qu'à terme, après les JO, la baignade doit être réautorisée dans la Seine pour tout le monde. Elle y est interdite depuis 1923, tout pile un siècle !

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