Paris 2024 : à 100 jours des Jeux paralympiques, qui sont les athlètes pressentis pour être porte-drapeaux ?

Ils seront deux, un homme et une femme, à brandir l'étendard tricolore lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques, le 28 août prochain, sur la place de la Concorde à Paris.
France Télévisions - Rédaction Sport
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Sandrine Martinet et Stéphane Houdet guident la délégation française lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques de Tokyo, le 24 août 2021. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Plus que 100 jours avant l'ouverture des Jeux paralympiques d'été en France. Car le Comité d'organisation (Cojop) ne cesse de le rappeler : les Jeux ne s'arrêteront pas au 11 août prochain et à la cérémonie de clôture des JO. Un peu plus de deux semaines plus tard, ce sont les meilleurs athlètes en situation de handicap qui investiront la capitale, du 28 août au 8 septembre. 

A l'image de leurs compatriotes valides, les membres de la délégation tricolore défileront derrière deux porte-drapeaux, qui seront les véritables capitaines de route de l'équipe de France paralympique. Il faut attendre le 12 juillet prochain pour que leurs noms soient dévoilés à l'issue d'un vote des athlètes sélectionnés pour les Jeux paralympiques. Franceinfo: sport dresse le profil de celles et ceux qui prétendent à ce rôle honorifique.

Arnaud Assoumani (38 ans, para-athlétisme)

Le premier d'entre eux est Arnaud Assoumani. Le sauteur en longueur de 38 ans, né sans avant-bras gauche, est l'un des porte-voix du parasport français depuis plusieurs années. A un moment où Paris 2024 cherche des visages pour incarner les Jeux paralympiques, le quintuple médaillé, déjà présent à Athènes en 2004, a tout du profil parfait. D'autant que sa popularité et son enthousiasme – des qualités qui attirent les nombreux sponsors travaillant avec lui – fonctionnent par ricochets : apprécié des autres athlètes tricolores, reconnu pour ses performances, il est assurément un candidat sérieux pour être porte-drapeau.

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Nantenin Keïta (39 ans, para-athlétisme)

Lors de l'arrivée de la flamme olympique à Marseille le 8 mai dernier, elle a été la première relayeuse à succéder à Florent Manaudou. Autre personnalité forte de l'équipe de France de para-athlétisme, Nantenin Keïta possède, à 39 ans, une maturité et un palmarès dont peu peuvent se vanter. Il y a quelques jours, la quadruple médaillée aux Jeux confiait à Franceinfo: sport qu'elle avait bien envoyé sa candidature à la Fédération française handisport.

"Ce n'est pas le côté porte-drapeau qui est le plus fort selon moi, précisait la malvoyante atteinte d'albinisme. Porter le drapeau, je trouve ça bien, mais c'est surtout embarquer toute l'équipe et toute une nation avec nous sur les Jeux paralympiques qui m'intéresse le plus." 

Marie Patouillet (35 ans, paracyclisme sur piste)

Celle qui a réellement découvert le vélo en 2017 est devenue, en quelques années, une championne hors pair. En bronze à deux reprises à Tokyo pour ses premiers Jeux, Marie Patouillet est passée dans une autre dimension depuis, avec sept médailles lors des trois derniers championnats du monde, dont deux titres sur le scratch et l'omnium en mars dernier. Plus que ses résultats, c'est le discours inspirant de la pistarde, très engagée contre la misogynie et la lesbophobie, qui pourrait marquer les esprits au moment du vote.

Mi-avril, lors du J-100 des JO, elle s'exprimait sur l'engouement autour des sportifs en situation de handicap. "Avoir accès à autant de médias, c'est une chance à saisir pour rendre visible le sport paralympique pour qu'après Paris, il y ait un engouement plus important autour des disciplines. Cela peut être un tournant."

Marie Patouillet après sa performance sur l'épreuve de poursuite où elle a remporté le bronze, mercredi 25 août 2021 lors des Jeux paralympiques de Tokyo. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Alexis Hanquinquant (38 ans, paratriathlon)

Il est ce qui se fait de mieux au monde dans sa catégorie PTS4. Invaincu depuis 2017 (!) au niveau international, tout autre métal que l'or dans quelques mois à Paris serait vécu comme un échec par Alexis Hanquinquant. Aujourd'hui, le paratriathlète, régulièrement mis en avant par le Comité d'organisation lorsqu'il s'agit d'évoquer les Jeux paralympiques, a non seulement le CV mais également l'aura pour emmener avec lui le collectif France. L'homme de 38 ans, qui a perdu sa jambe droite lors d'un accident de chantier en 2010, illustre la résilience et la détermination d'un champion d'exception.

Les "outsiders" : David Smétanine, Elodie Lorandi, Perle Bouge... et des jeunes ?

D'autres athlètes présentent des profils pour le moins sérieux. En paranatation, l'expérience de David Smétanine, 49 ans et neuf médailles paralympiques dans l'armoire, ou d'Elodie Lorandi, qui a grimpé sept fois sur le podium des Jeux, est tout sauf négligeable. Perle Bouge (qui s'est lancée dans un nouveau défi pour Paris 2024 en para-aviron, en faisant équipe avec Benjamin Daviet en deux de couple mixte) possède également le calme et la stature, elle qui siège à la commission des athlètes des Jeux. On peut également mentionner le nom du pongiste Fabien Lamirault, seul double champion paralympique à Tokyo et qui est déjà assuré d'être dans la capitale cet été.

Quid des plus jeunes ayant des chances de briller ? "Je ne me suis pas porté candidat pour être porte-drapeau car je ne m'en sens pas légitime", confie Ugo Didier, 22 ans, gros espoir en paranatation. "On en reparlera peut-être dans quelques années, pourquoi pas en 2028 !" Une réflexion peut-être partagée par d'autres futurs cracks des Bleus comme Alexandre Léauté (23 ans, paracyclisme), Lucas Mazur (26 ans, parabadminton) ou Alex Portal (22 ans, paranatation).

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