Euro 2024 : Kylian Mbappé, un retour qui n'a pas réglé les problèmes d'efficacité de l'équipe de France

Huit jours après s'être cassé le nez contre l'Autriche, le capitaine a marqué pour son retour, sans toutefois écarter l'inquiétude autour de ces Bleus très peu réalistes.
Article rédigé par Andréa La Perna - envoyé spécial à Dortmund
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 3 min
Kylian Mbappé sous les couleurs de l'équipe de France contre la Pologne à l'Euro 2024, le 25 juin, à Dortmund. (HESHAM ELSHERIF / AFP)

Il a marqué le premier véritable but de l'équipe de France cet été, mais aussi son tout premier dans un Euro. De retour face à la Pologne (1-1), Kylian Mbappé a marqué de son sceau le dernier match de la phase de groupes des Bleus, mais le capitaine n'a pas transfiguré son équipe, toujours aussi inefficace face au but. Un pénalty transformé est insuffisant pour tout effacer d'un revers de la main, surtout après l'attente générée par le flou entretenu autour de sa présence.

Mardi, les Bleus ont tenté 20 tirs et auraient dû marquer 2,38 buts d'après les expected goals. Ils n'en ont inscrit qu'un seul, face à un adversaire qui se savait déjà éliminé, et n'ont toujours pas trouvé la faille dans le jeu. Après les Pays-Bas, Didier Deschamps et ses joueurs refusaient de céder à toute forme d'inquiétude. Le discours était le même mardi après le match, mais cette fois, il n'était pas possible de se cacher derrière le(s) masque(s) de Kylian Mbappé.

Didier Deschamps l'a trouvé "plutôt bien en jambes"

"On a fait ce qu'il fallait en ayant les occasions pour marquer. Il faut apprécier ce qu'on a fait. On est qualifié, le premier objectif est atteint. On ne vit pas avec des regrets", a tempéré Didier Deschamps, à chaud, au micro de beIN Sports. "On est soit tombé sur un bon gardien, soit le joueur qui devait être présent dans une zone ne l'était pas. On a fait des centres justes, le geste juste, mais le facteur chance doit basculer de notre côté, c'est tout", l'a secondé Youssouf Fofana en zone mixte.

Il reste que les Bleus ont évolué avec trois associations offensives différentes depuis le début du tournoi et aucune n'a apporté satisfaction, de Dembélé-Mbappé-Thuram à Dembélé-Mbappé-Barcola en passant par le duo Thuram-Griezmann. On attend toujours que le "ketchup" sorte, comme l'espérait Aurélien Tchouameni dimanche. Tactiquement, un débat va s'installer en amont du huitième de finale pour tenter d'identifier la meilleure animation offensive possible.

Kylian Mbappé est peut-être le seul joueur offensif certain de voir son nom posé dans le onze de départ le 1er juillet. S'il était très loin de son meilleur niveau contre la Pologne – avec, en plus, plusieurs occasions manquées –, jouer masqué ne l'a pas freiné tant que ça. Le nouveau joueur du Real Madrid a été capable de faire des différences, bouclant la rencontre avec six tirs et six dribbles réussis. "Par tout ce qu'il a traversé, entre le choc et les trois premiers jours de convalescence compliqués, je l'ai trouvé plutôt bien en jambes, a noté Didier Deschamps. Le masque, il s’y habitue même si, quand il transpire, ça coule un peu dans ses yeux. J'ai vu beaucoup d'envie, et ce match-là va lui servir pour ce qui nous attend."

Des limites en pointe

Peut-être, en revanche, que le rôle du prodige de Bondy évoluera pendant la compétition. Ses deux prestations en tant qu'attaquant de pointe (sur le papier) ont montré des limites. Face à la Pologne, il a eu tendance, pendant les 40 premières minutes, à décrocher pour participer au jeu et à s'arrêter net à l'entrée de la surface une fois que le ballon n'était plus dans ses pieds. Derrière, forcément, si un ailier réussissait à faire la différence pour centrer, il manquait une présence dans la surface de réparation.

De ces situations mal gérées par les Bleus ont découlé quelques discussions musclées entre l'intéressé, Didier Deschamps et Ousmane Dembélé notamment. En revanche, sa complicité avec Bradley Barcola et Theo Hernandez a été un point positif. Reste à savoir si Didier Deschamps s'appuiera sur les quelques bonnes choses entrevues contre la Pologne ou s'il décidera de mettre au point un nouveau modèle. Il dispose de six jours pour préparer son plan d'attaque.

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