Euro 2021 : pourquoi l'équipe de France a failli physiquement

Les Bleus, éliminés en huitièmes de finale face à la Suisse lundi, ont rencontré durant la compétition de nombreux pépins physiques. 

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France Télévisions
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Kylian Mbappé à terre, lors du huitième de finale face à la Suisse, le 28 juin 2021. (FRANCK FIFE / AFP)

Karim Benzema grimace et réclame le changement, Kingsley Coman genou à terre avant le début de la prolongation, des joueurs au ralenti et un banc très largement diminué...Les Français ont souffert, lundi 28 juin, face à la Suisse, en huitièmes de finale de l'Euro 2021. Dans le jeu mais pas seulement. La condition physique des Bleus a été mise à rude épreuve depuis le début de la compétition. La puissance qui fait habituellement la force de cette équipe de France a tout simplement semblé inexistante.

"Je pense que physiquement, cette équipe de France avait un problème sur cette compétition. Je ne l'ai jamais sentie à 100 %. On a vu des joueurs à la peine contre la Hongrie et le Portugal. Contre la Suisse également", a estimé lundi 28 juin sur franceinfo Bixente Lizarazu, le consultant de franceinfo.

En témoignent les différents pépins physiques subis par les joueurs. Ousmane Dembélé, blessé gravement au genou lors du deuxième match des Bleus contre la Hongrie, a été contraint de quitter prématurément la compétition. Face au Portugal, Lucas Digne et Lucas Hernandez n'ont pas pu terminer la rencontre. Thomas Lemar et Marcus Thuram ont également été touchés à l'entraînement. 

La chaleur, un effet néfaste

Mais comment expliquer une telle fatigue ? Questionné sur l'état physique des joueurs après les deux premières rencontres, Antoine Griezmann avait évoqué le poids de la préparation et les conditions météorologiques compliquées. "Au premier match, on avait un peu les jambes lourdes en raison de la préparation." Pendant le deuxième match, "il y a eu une chaleur qui était incroyable (...) Le corps a pris un coup".

Le corps, c'est un peu comme un moteur de voiture qui surchauffe.

Alexandre Marles

à franceinfo:sport

Alexandre Marles, responsable de performance dans des clubs professionnels et ancien préparateur physique de l'OL, du PSG et à la Fédération française de football (FFF), estime qu'il est difficile de parler de "préparation ratée" car "elle est la même pour tous". Mais tout le monde n'a, justement, pas été logé à la même enseigne. "Tous les joueurs n'ont pas été blessés. La plupart des blessures résultent d'actions individuelles et sont surtout musculaires. Certains sont plus sensibles et fragiles que d'autres, c'est propre à chacun", explique-t-il.

En revanche, il donne raison au numéro 7 des Bleus sur le second point. Selon lui, la chaleur a pu avoir un effet handicapant sur les joueurs : "La France a disputé ses matchs dans des conditions climatiques difficiles, avec une forte chaleur et une forte humidité à Budapest", rappelle Alexandre Marles. "Lorsqu'on dispute des matchs dans ces conditions, le corps a du mal à refroidir, et il est plus difficile de produire des efforts intenses. C'est un peu comme un moteur de voiture qui surchauffe." 

Un point de vue que partage Bixente Lizarazu sur Franceinfo : "Je pense qu'on va beaucoup parler de la préparation de l'équipe de France car ils ont passé pas mal de temps à Budapest sous une chaleur étouffante. Les joueurs ont eu une mauvaise récupération dans ces conditions difficiles". 

Le poids d'une saison rallongée

Le préparateur physique, Alexandre Marles, évoque également la difficulté à récupérer après avoir joué dans de telles conditions : "Les joueurs enchaînent les matchs tous les 3-4 jours. Au bout de 2-3 matchs, ils commencent à ressentir les efforts fournis. Face à la Suisse, il s'agissait du quatrième match, donc ça commence à peser".

Et il faut le dire, les joueurs n'ont pas bénéficié d'énormément de repos cette saison. En cause : un calendrier plus chargé que jamais, aussi bien en club qu'en sélection, en raison de la pandémie mondiale. L'équipe de France compte beaucoup de stars dans ses rangs, et certaines d'entre elles sont allées très loin dans les compétitions européennes.

"Certains joueurs ont débuté les championnats assez tôt et ont disputé beaucoup de matchs. La coupure a été très courte l’année dernière car les championnats ont terminé tardivement. Enchaîner sur un Euro est difficile", fait remarquer l'ancien préparateur physique de l'OL et du PSG.

Une fatigue mentale et nerveuse

Mais la Covid-19 n'a pas eu qu'un effet sur le calendrier. L'épidémie a également pesé sur le moral des joueurs. "La pandémie a entraîné la multiplication des tests sanguins ou nasaux, ainsi que l'instauration de bulles sanitaires mises en place pour les isoler des autres", relève Alexandre Marles. "Tout cela pèse à la fois physiquement, mentalement et nerveusement."

Si des joueurs restent plus sensibles que d'autres, tous n'ont pas vécu une saison aussi difficile et éprouvante sur le plan physique. Pour l'ancien préparateur physique de la FFF, la nation qui ira le plus loin dans la compétition sera celle qui aura dans son groupe les joueurs ayant moins joué durant la saison. Et disposera donc de plus de fraicheur. "Nous l'observons dans les équipes qui sont encore là aujourd’hui. Je pense à la Suède, au Danemark ou encore à la République tchèque. Elles ont l’air plus fraiches que les autres équipes avec leurs stars. C’est peut-être ça qui, au final, va finir par primer."

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