Euro 2021 : alchimie, adaptation et complexe de supériorité... Les trois défis de l'équipe de France

Notre consultant Eric Roy identifie les défis qui attendent l'équipe de France à l'Euro, même s'il ne lui trouve aucune faiblesse sur le papier.

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En réintégrant Karim Benzema (gauche) en équipe de France, Didier Deschamps (droite) a ajouté une variable dans l'équation. (FRANCK FIFE / AFP)

L'équipe de France fait son entrée en lice à l'Euro 2021 mardi 15 juin contre l'Allemagne à Munich (21 heures). Favoris désignés au sacre européen du fait de leur statut de champion du monde en titre, les Bleus ont encore un long chemin à parcourir. Si notre consultant Eric Roy n'identifie "aucune faiblesse" dans les rangs tricolores, trois défis majeurs se présentent à eux.

1Assumer son statut de favori sans se voir trop beau

Finaliste sortant de la dernière édition de l'Euro et championne du monde en titre, l'équipe de France est la favorite des bookmakers et de notre rédaction cet été. "Cette équipe est très complète et, à mon sens, plus forte qu'en 2018 tout simplement parce qu'elle a gagné, ce qui lui a permis de construire des certitudes. Il n'y a pas un seul des 16 voire des 18 premiers joueurs qui n'est pas un joueur important dans un grand club européen. On ne peut pas non plus considérer que le retour d'un très grand joueur comme Karim Benzema puisse affaiblir l'équipe. Presnel Kimpembe est à un niveau égal de celui de Samuel Umtiti avant la Coupe du monde. Mais tout ça c'est sur le papier", note Eric Roy.

"Ma seule crainte, c'est l'excès de confiance lié au statut de favori. Ce n'est pas toujours la meilleure équipe sur le papier qui gagne. Pour être la meilleure équipe d'une compétition, tu dois le montrer pendant et pas avant. Le plus gros danger, c'est qu'ils sont vus gros comme une maison, mais eux ne doivent pas se voir comme ça", poursuit notre consultant. Avec l'Allemagne et le Portugal dans leur groupe, les Bleus seront de toute façon punis s'ils font preuve d'un relâchement trop évident.

Afin d'éviter dans tomber dans ce piège, Eric Roy pense que la solution viendra d'une union totale. "C'est utopique de croire que Benzema, Griezmann et Mbappé vont gagner le match à eux seuls, c'est le piège qu'on leur tend.Tout ne peut marcher que si le collectif est au diapason de ses individualités. C'est ça qui leur a donné des résultats dans les compétitions précédentes".

2Créer une alchimie au sein du nouveau dispositif tactique

Réputé pour son conservatisme et son respect de l'adage d'après lequel on ne change pas une équipe qui gagne, Didier Deschamps a innové à la veille de l'Euro 2021. En réintégrant Karim Benzema après une absence de près de cinq ans, le sélectionneur des Bleus a concocté une nouvelle organisation sur le terrain en 4-4-2 en losange. L'idée étant de rapprocher au maximum Kylian Mbappé, Antoine Griezmann et Karim Benzema tout en les gardant dans leur position préférentielle.

Leur association lors de la victoire contre le pays de Galles (3-0) et pendant 35 minutes contre la Bulgarie (3-0) a nourri de belles promesses, notamment dans la capacité à faire des différences contre un bloc bas et regroupé. Mais en concentrant le trio offensif dans l'axe, l'équilibre a été bouleversé ."Les trois milieux de terrain vont devoir gérer la largeur. Paul Pogba et Adrien Rabiot, de chaque côté, vont devoir prêter main forte aux latéraux, qui pourraient être exposés", explique Roy. Au sein du dispositif précédent, c'était aux deux ailiers de revenir défendre afin d'éviter les surnombres adverses sur les côtés.

"Pour avoir une équipe qui gagne, il faut être fort défensivement. Pavard et Hernandez savent se projeter, ils l'ont déjà fait, mais ils savent surtout défendre. Pour Didier Deschamps, un latéral est avant tout un défenseur. Ces deux joueurs savent tranquilliser une équipe". Outre l'exposition et la projection des latéraux, quelques repères sont encore à trouver au milieu de terrain en fonction de la présence d'Adrien Rabiot ou de Corentin Tolisso.

3Trouver des réponses dans n'importe quelle configuration de match

Lors du Mondial 2018, l'équipe de France avait brillé dans sa létalité sur les transitions offensives avec le schéma de l'ouverture de Pogba dans le dos de la défense pour Mbappé lancé ; ce qu'Eric Roy nomme les "transitions meurtrières". Mais à mesure que les Bleus ont bâti leur nouveau statut, les adversaires se sont adaptés. Des difficultés ont été aperçues face à des blocs bas, notamment contre l'Ukraine le 24 mars dernier (1-1).

"C'est le problème de toutes les grandes équipes. Une équipe qui resserre les lignes et qui joue sur peu d'espace avec beaucoup de monde derrière le ballon est forcément plus difficile à percer", détaille Roy. Pour lui, Benzema va pouvoir aider la France dans ces configurations. "Quand il y a beaucoup de monde regroupé, on a besoin de garçons très forts techniquement dans les petits espaces et capables de jouer en une touche. Benzema a ce profil".

Mais la question dépasse la simple configuration où la France aurait la pleine possession face à une équipe qui l'attend. "La grande force c'est d'être une équipe difficile à jouer. C'est une équipe qui trouve les solutions quel que ce soit ce qu'on lui propose. Si, à la 55e minute, tu prends un but sur coup de pied arrêté contre l'Allemagne, ça peut faire mal parce que tu n'étais pas préparé à ça. En football, il se passe tellement de choses, il faut se préparer à tout. Mais la France a déjà montré qu'elle savait le faire."

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