Vidéo "Quel est mon crime et qui sont les juges ?", répond l'écrivain Sylvain Tesson, parrain contesté du Printemps des poètes

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Durée de la vidéo : 5 min
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VIDEO. Sylvain Tesson répond à la polémique dont il fait l'objet :/: (FRANCE 2)
Article rédigé par franceinfo
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Auteur de récits à succès ("La Panthère des neiges", "Dans les forêts de Sibérie"...), l'auteur est critiqué par certains de ses pairs pour des positions jugées "réactionnaires".

"Quel est mon crime et qui sont les juges ?" L'écrivain Sylvain Tesson a enfin répondu à la polémique sur sa nomination comme parrain du Printemps des poètes, dimanche 28 janvier, lors d'un entretien accordé à France 2. L'auteur de récits à succès a été visé par une tribune publiée dans Libération le 18 janvier, signée par des auteurs tels que Nancy Huston, Baptiste Beaulieu ou Chloé Delaume, lui reprochant "une idéologie réactionnaire" et d'être une "figure de proue" de l'"extrême droite littéraire".

Sylvain Tesson a accueilli cette dernière expression avec un haussement d'épaules. "La langue française offre un tel vivier, un tel magasin de mots...", a répondu l'écrivain, interrogé par Laurent Delahousse. "Je veux avouer que j'aime ce qui demeure plutôt que ce qui s'écroule... Que je préfère admirer que de me révolter. Je veux bien être un rétrograde, un ringard, un rétif..., a-t-il ensuite égrené. On peut dire que je suis un cheval de labour, que je suis une vieille locomotive plutôt qu'une Formule 1. Mais ils ont trouvé un mot qui est le mot du conformisme absolu et qui clôt le débat, c'est : 'extrême droite'."

"Je suis un peu déçu de me rendre compte que ceux qui devraient être des bardes préfèrent devenir des magistrats."

Sylvain Tesson, écrivain et parrain du Printemps des poètes

à France 2

Pour Sylvain Tesson, les critiques portées à son endroit sont "symptomatiques d'une incapacité énergétique à accepter que les choses puissent être autre chose que soi-même". Puis il a dénoncé une forme de conformisme ambiant. "La poésie et la littérature – enfin c'est ce que je croyais moi, pauvre naïf – c'est précisément l'endroit, le lieu, la patrie, peut-être l'éclat, où tout est permis, où tout est possible, où les choses se contredisent, se rencontrent, se télescopent, s'opposent... Cela s'appelle la liberté."

L'écrivain, enfin, explique avoir accepté de parrainer la 25e édition du Printemps des poètes – consacré à la "grâce" – pour transmettre l'amour de la poésie, notamment dans des écoles, en mémoire de ceux qui "sont venus [lui] expliquer, quand [il] avai[t] 7 ans, que Victor Hugo, c'était peut-être mieux que Mickey".

La directrice artistique du Printemps des poètes, Sophie Nauleau, a annoncé vendredi sa démission en dénonçant une "cabale effarante, consternante, pour ne pas dire monstrueuse", liée à son choix assumé de Sylvain Tesson. Samedi, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a exprimé son soutien à Sylvain Tesson depuis Angoulême, déplorant le "sectarisme" qui voit s'opposer partisans et adversaires de l'écrivain. Interrogée par la presse, lors d'une visite du festival international de la bande dessinée, elle a ainsi résumé : "J'ai été étonnée que des poètes excluent d'autres poètes."

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