Couvre-feu et Covid-19 : "On va s'adapter", assure Jean-Marc Dumontet, directeur de plusieurs théâtres parisiens, qui veut rester "combatif"

"C'est une question de survie", explique Jean-Marc Dumontet, pas seulement économique mais surtout de moral. "On doit offrir aux Français des moments de respiration, des moments joyeux, des moments de réflexion".

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Jean-Marc Dumontet , le 29 juin 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Alors que le couvre-feu annoncé mercredi soir par le président Macron dans les grandes métropoles entre en vigueur samedi 17 octobre, "on va s'adapter, on va trouver des solutions", a assuré Jean-Marc Dumontet, producteur et directeur de plusieurs théâtres à Paris (Bobino, Le Point Virgule, etc). jeudi 15 octobre sur franceinfo. "Ce n'est pas le Covid-19 qui va nous mettre par terre, on va résister", dit-il avant de proposer des pièces dès 19 heures.

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france info : Est-ce que le monde de la culture est prêt à supporter ce couvre-feu ?

Jean-Marc Dumontet : Évidemment, c'est un nouveau coup dur. Mais il faut adapter pour faire face. J'ai vraiment envie que le flambeau et la flamme de la culture demeure, donc, on va s'adapter. On va jouer à 19 heures. Hier, j'ai parlé avec Richard Berry, ont fait "Plaidoiries" en ce moment au Théâtre Libre. C'est à 21 heures, mais on va le décaler à 19 heures. Le public partira à 20h30. Il sera à 21 heures chez lui. On va trouver des solutions. Ce qui est important, c'est que le spectacle vivant demeure. On a été très malmené. Il ne faut pas que ça soit le coup de grâce. Donc, c'est à nous de trouver les solutions, de jouer. Nos théâtres sont des lieux particulièrement sûrs en terme sanitaire, parce qu'on est masqué, parce qu'on ne parle pas à son voisin, parce qu'on a des sièges entre les groupes, parce qu'on se lave les mains en rentrant. On prend tous les moyens et on sait que les théâtres et les cinémas sont des lieux particulièrement sûrs. On a besoin aujourd'hui, dans ce moment anxiogène, d'avoir des loisirs, de continuer à vibrer, de continuer à s'ouvrir au monde.

Est-ce que le public peut vraiment se rendre au spectacle à 19 heures ?

C'est pour ça que François-Xavier Demaison et François Berléand, pour "Par le bout du nez", ont décidé de jouer deux fois samedi et deux fois le dimanche. Parce que là, le public peut se rendre disponible. Vous savez, ça fait longtemps qu'on donne rendez-vous à 19 heures au Théâtre Antoine et on a de grands succès. C'est un nouvel horaire depuis quelques années et qui fonctionne bien. Et puis, on est dans un moment tellement bouleversé que les gens vont changer leurs habitudes, et je pense que c'est important d'offrir des spectacles.

Je pense que c'est important de montrer que la vie continue parce qu'autrement, c'est trop anxiogène.

Jean-Marc Dumontet, producteur et directeur de théâtres

à franceinfo

C'est notre devoir de directeur de théâtre, de producteur de proposer des beaux spectacles pour offrir d'autres perspectives aux Français que cet inlassable feuilleton qui devient navrant, accablant et tellement éprouvant.

On entend presque une forme d'optimisme ?

Oui, je suis extrêmement combatif. Ça a été tellement dur, six mois sans jouer. Depuis septembre, on joue. Je peux vous dire que chaque soir, quand toute la salle se lève pour "Plaidoiries" de Richard Berry, c'est un moment d'émotion incroyable et je veux continuer à le vivre. Je ne peux pas ne pas le vivre, parce c'est une petite mort et ça, je ne m'y résignerai jamais. Donc, effectivement, je suis combatif, toutes mes équipes sont combatives, parce que c'est une question de survie. Et dans ces moments-là, il faut se mobiliser. Il y a de l'énergie parce que notre secteur a beaucoup souffert. Et vraiment, je ne peux pas imaginer qu'on ferme les rideaux. On doit résister, et on doit offrir aux Français des moments de respiration, des moments joyeux, des moments de réflexion. Autrement, tous les soirs, rentrer chez soi à 21 heures, claquemuré chez soi, ça va entamer notre moral. Le spectacle est là pour nous réjouir et nous ouvrir au monde.

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