Confinement : comment Muriel Robin et Mireille Mathieu gèrent (ou pas) la galère capillaire

Muriel Robin, porte-parole de centaines de milliers de personnes pas coiffées en ce moment, pour cause de confinement. 

Muriel Robin sur scène dans son spectacle \"Et pof\", au théâtre Anthéa d\'Antibes le 18 septembre 2019
Muriel Robin sur scène dans son spectacle "Et pof", au théâtre Anthéa d'Antibes le 18 septembre 2019 (SYSPEO/SIPA)

La chanteuse Mireille Mathieu peut compter sur sa soeur pour entretenir sa mythique frange brune inchangée depuis 50 ans, mais d'autres, en détresse capillaire due au confinement, n'ont pas cette chance.

Franges repoussées, carrés plus très nets, sourcils non épilés, ongles non faits, peau blême par manque d'air frais : la pandémie de coronavirus qui oblige la moitié de l'humanité de rester cloîtrée chez elle fait des ravages esthétiques, faute d'accès aux professionnels.

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"Racinovirus"

Dans une vidéo, l'humoriste française Muriel Robin, cheveux blondis coupés court, interroge d'ores et déjà les coiffeurs pour savoir qui seront les premières à "être prises en charge pour le racinovirus", ces cheveux blancs qui repoussent et conduisent toutes les trois semaines chez leur coiffeur celles qui ne les supportent pas.

Il n'y a plus de belles, ni de moches, on est toutes méméMuriel Robin

Mireille Mathieu sauvée par sa soeur

Confinée dans sa maison de Neuilly-sur-Seine, banlieue chic de Paris, Mireille Mathieu s'en sort grâce à sa soeur et manageuse Matite qui prend soin de sa célèbre coupe au bol. Habituellement, elle va tous les dix jours chez Carita, son coiffeur depuis 1970.

"Pendant le confinement, Matite me fait régulièrement des brushings (...) Elle a appris aussi à entretenir ma frange", confie à l'AFP la "Demoiselle d'Avignon". La chanteuse, qui a dû annuler une série de récitals à l'étranger, dit "respecter à la lettre le confinement en ne sortant jamais", ce qui ne l'empêche pas de se mettre du rouge à lèvres.

C'est important de ne pas se laisser aller, pour soi-même et aussi pour les gens qui partagent votre vieMireille Mathieu

Si le confinement peut être une occasion de chouchouter sa peau ou apprendre à se servir de l'eye-liner, côté cheveux, la marge de manoeuvre est quasi nulle.

"La peau et les masques, il faut en user et en abuser (...) Il ne faut surtout pas toucher à ses sourcils et les laisser repousser. C'est beaucoup plus moderne et plus doux", assure à l'AFP Olivier Echaudemaison, responsable du maquillage et directeur créatif de Guerlain.

"En maquillage, si cela ne marche pas, on prend un kleenex, on efface et on recommence. Autour des cheveux, c'est plus risqué", ajoute-t-il.

"Coiffinement"

Pour Franck Provost, propriétaire de plus de 2.000 salons dans le monde et coiffeur du Festival de Cannes, il est urgent d'attendre. "Au niveau de la couleur, il n'y a pas de recettes de grand-mère", qu'on pourrait essayer à la maison, martèle-t-il.

"Si on veut s'amuser, nous (les coiffeurs) rattraperons après le déconfinement. Mais je conseille plutôt d'attendre", déclare-t-il à l'AFP en se disant sceptique face aux initiatives de certains confrères qui guident leurs clients à distance.

L'un d'eux, Thomas Girard à l'origine du projet "coiffinement", n'est pas sur la même longueur d'ondes. Au chômage technique comme l'ensemble des coiffeurs, il donne jusqu'à six séances de coupe par jour gratuites par visioconférence pour dépanner une population "en galère capillaire".

"Cela touche énormément de gens, en France la coiffure est la deuxième chiffre d'affaires après le bâtiment. C'est monstrueux, les centaines de milliers de personnes coiffées par jour en temps normal et pas coiffées en ce moment", dit-il à l'AFP.

Passer au gris ?

Quant à la douloureuse question des racines, il suggère de... passer aux cheveux gris."La mode est là, ce n'est plus un marqueur d'âge, ce n'est plus stigmatisant" et s'inscrit dans le mouvement "body positive", assure-t-il.

L'écrivaine et gourou de la mode Sophie Fontanel (plus de 200.000 abonnés sur Instagram) l'a déjà fait et même écrit un livre sur son expérience revendiquant cette nouvelle liberté et appelant les femmes à ne plus vivre les cheveux blancs comme "une humiliation".

Sarah Harris, du British Vogue, arbore elle aussi fièrement sa chevelure grise pendant les Fashion weeks. Les circonstances actuelles contribueront-elles à populariser une démarche qui prend de l'ampleur mais reste clivante ?

"C'est possible, mais j'espère que non. Les femmes élégantes qui ont l'habitude d'être soignées n'ont pas envie de s'afficher avec des cheveux blancs. On ne peut pas dire que cela rajeunisse", commente Franck Provost.

Pour Muriel Robin, "un casque" est à prévoir pour filer d'urgence chez le coiffeur, après le déconfinement.