Vidéo Statues controversées : "Je ne suis pas pour l'occultation de l'histoire", affirme Christiane Taubira

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Mais l'ancienne garde des Sceaux estime que certaines statues ont "plus leur place dans un musée".  "Si on décide de ne choisir qu’une partie de l’histoire, il ne faut pas s’étonner que, de temps en temps, il y ait une baffe qui parte", tacle-t-elle.

"Si on décide de ne choisir qu'une partie de l'histoire, de ne représenter dans l'espace public qu'une certaine catégorie de personnes, il ne faut pas s'étonner que, de temps en temps, il y ait une baffe qui parte", a estimé Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice, vendredi 11 septembre sur France Inter, à propos du débat autour du déboulonnage de statues de personnages liés à l'histoire de l'esclavage.

Selon elle, s'il y a des "revendications" de la part d'associations ou d'activistes anticolonialistes, "c'est parce qu'il y a le choix, dans l'espace public, d'une part de l'histoire". "Il y a des figures qui ne sont pas du tout dans l'espace. Donc, quand on choisit la France, on choisit la France avec toute son histoire. On choisit la France avec y compris ses ambiguïtés, y compris ses ambivalences, y compris ses défaillances", a insisté l'ex-garde des Sceaux, qui sort son premier roman, Gran Balan, aux éditions Plon où elle évoque la Guyane.

"Il faut regarder les choses aussi dans leurs nuances"

Début septembre, Emmanuel Macron avait déclaré, lors de son discours célébrant les 150 ans de la République : "La République ne déboulonne
pas de statues (...) On ne choisit jamais une part de la France. On choisit la France." "Tant qu'on va faire le choix d'une partie de l'histoire, d'une partie des personnalités, d'une partie de la mémoire, il y aura des revendications", a expliqué Christiane Taubira. "Si notre génération n’a pas le courage de faire ça, il y en aura dans 25 ans, il y en aura dans 50 ans, il y en aura dans 100 ans. À une période où nous sommes tellement instruits, cultivés, informés, où il y a tellement de recherches, de travaux des historiens, des économistes, des sociologues, des philosophes, tellement de travaux de personnes sérieuses, consciencieuses, rigoureuses, qui mettent à notre disposition ces éléments d'histoire, nous avons quand même la force de regarder cela et de l'assumer, de le porter ensemble. Le déni ne mène nulle part", a-t-elle souligné.

L'ex-garde des Sceaux de François Hollande n'est en revanche pas favorable à un déboulonnage pur et simple de certaines statues : "Je pense qu'il y a des statues qui ont davantage leur place dans le musée. Je ne suis pas pour l'occultation de l'histoire. Je pense qu'il faut regarder les choses aussi dans leurs nuances".

Effectivement, Colbert, c'est le Code noir, mais Colbert, c'est aussi les manufactures françaises. Colbert, c’est effectivement un grand homme d'État (...) quelqu'un qui a pensé l'organisation de la puissance publique.

Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice

à franceinfo

"Donc, ça n'est pas quelqu'un d'une seule pièce, souligne Christiane Taubira. Il ne s'agit pas de dire que c'était un esclavagiste et de l'envoyer aux oubliettes."

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