VIDEO. passé négrier : faut-il débaptiser les rues ?

En réponse à la mort de George Floyd aux Etats-Unis, des manifestants anti-racisme s'en s'ont pris aux symboles du passé esclavagiste de leur pays. En France, la question se pose à Nantes et Bordeaux : faut-il dépabtiser les rues portant le nom des familles qui se sont enrichies grâce à la traite des esclaves ? 

Depuis la mort de George Floyd, la colère gronde aux Etats-Unis et en Europe. Pour dénoncer le racisme et le passé colonial, des statues de personnages controversés sont déboulonées ou dégradées et les symboles de l'oppression sont attaqués.

Nantes, 1er port négrier de France 

A Nantes, les manifestants ont choisi de mettre un genou à terre devant le mémorial de l'abolition de l'esclavage. Certains réclament le retrait des plaques de rues portant le nom d'armateurs qui se sont enrichis grâce à la traite des Noirs. 

Pour nous, il fallait garder les noms de rues parce que c'était justement une trace du passé négrier de Nantes par contre rajouter des informations sous forme de panneaux indicateurs.

Mathilde Bouclé-Bessard

Présidente de l'association "Les anneaux de la mémoire"

Bordeaux fait aussi le choix de plaques explicatives

Bordeaux, deuxième port négrier de France, a construit sa richesse avec le commerce des esclaves. Une vingtaine de rues portent le nom d'armateurs ou de propriétaires bordelais de plantations. Cinq plaques explicatives ont été installées récemment, dont une rue de Grammont. Jacques Barthélémy Gramont de Castéra (1746 - 1816) ancien maire de la ville, a financé trois expéditions de traite négrière et a influencé le rétablissement de la traite des Noirs sous Napoléon Ier.

L'apposition de ces plaques explicatives est une satisfaction pour Karfa Diallo, président de l'association "Mémoires et partages" qui les réclamait depuis 1998.

Bordeaux, La Rochelle, Biarritz, sont des villes qui se sont enrichies et ont vécu de la traite et de l’esclavage des Noirs, donc quelque part du racisme et qui en portent les traces. Donc il faut expliquer ces traces.

Karfa Diallo, président de Mémoires et partages

Un travail de mémoire 

Longtemps accusée de camoufler son embarassant passé, la ville de Bordeaux a entrepris depuis une quinzaine d'années ce travail de mémoire. Son musée d'Aquitaine retrace l'histoire de l'esclavage, quand au XVIIIe siècle, 484 bateaux bordelais ont déporté entre 120 000 et 150 000 Noirs africains.

Autre témoignages de cette prise de conscience, deux statues symboliques ont été érigées en ville : après un buste de Toussaint Louverture, celle de Modeste Testas, une esclave vendue par deux frères bordelais, a trouvé sa place sur les quais de la ville. La statue a été inaugurée en mai 2019, à l'occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de son abolition.

Une statue d\'esclave devenue libre à Bordeaux, ville au passé négrier
Une statue d'esclave devenue libre à Bordeaux, ville au passé négrier (FRANCE 3)