La cité antique découverte près de Louxor montrée à la presse : seule une partie a été mise au jour

La presse a pu visiter la cité antique dont la découverte venait d'être annoncée par les autorités égyptiennes. Il faudra des années de fouilles pour qu'elle soit complètement dévoilée.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Les ruines d'une cité vieille de 3 000 ans découvertes en Egypte, près de Louxor (10 avril 2021)  (STRINGER / ANADOLU AGENCY VIA AFP)

Ateliers, fours, murs de brique, poteries et bijoux : la ville d'artisans liée au roi Amenhotep III datant de plus de 3 000 ans, dont la découverte avait été annoncée deux jours plus tôt et qui serait la plus grande cité antique d'Egypte, a été présentée samedi 10 avril à la presse par les autorités.

"Nous avons découvert une partie seulement de la ville", a déclaré à l'AFP Zahi Hawass, archéologue et ancien ministre des Antiquités, samedi matin au milieu des ruines de la ville antique située sur la rive ouest du Nil près de Louxor (sud). Selon lui, "la cité s'étend encore vers l'ouest et le nord". Les fouilles, dans la ville enfouie sous le sable depuis des millénaires, vont continuer encore quelques années, annonce celui qui a conduit les excavations depuis septembre 2020.

Une céramique trouvée dans la cité antique qui vient d'être découverte en Egypte, près de Louxor (10 avril 2021) (KHALED DESOUKI / AFP)

Trois quartiers principaux

Aujourd'hui sur le site, on peut voir une série de murs de brique d'argile, ainsi que des rues passant entre les constructions. "Nous avons découvert trois quartiers principaux : un pour l'administration, un dortoir pour les ouvriers, et un pour l'industrie", a-t-il expliqué avant d'ajouter qu'un autre endroit était réservé à la production de viande séchée.

Parmi les autres découvertes, Zahi Hawass cite "un endroit pour la couture, pour la fabrication de sandales", ainsi que des "moules pour les amulettes" et de petites statues. Les archéologues ont aussi trouvé un "grand poisson recouvert d'or" qui était peut-être vénéré.

Selon l'archéologue, habitué à manier l'hyperbole, il s'agit de la découverte "la plus importante depuis celle de la tombe de Toutânkhamon" en 1922. Parfois accusé par ses pairs d'être un businessman mégalomane et de manquer de rigueur scientifique, Zahi Hawass se défend en étalant ses découvertes archéologiques passées, qu'il juge "majeures".

Un squelette trouvé dans la cité datant d'Amenhotep III découverte près de Louxor, en Egypte (KHALED DESOUKI / AFP)

La cité datée grâce à des sceaux sur des poteries

De son côté, José Galan, le chef de la mission espagnole de Dra Abu el-Naga, à proximité du site de la ville antique, reconnait qu'il s'agit d'une "découverte fantastique". "Nous sommes plus habitués à des découvertes liées à des temples et des tombes (...) et pas tant liées à des installations humaines", remarque-t-il. Toutefois, selon lui, les découvertes doivent être analysées. "Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions."

Selon les archéologues, la ville découverte date du roi Amenhotep III, arrivé sur le trône en 1391 avant notre ère, et dont le palais se trouve à proximité. La datation a été établie grâce à des sceaux apposés sur des poteries. La ville est également liée au dieu Aton.

La découverte avait été annoncée dès jeudi 8 avril dans un communiqué par la mission archéologique.

Des archéologues contestent la nouveauté de la découverte

L'Egypte, qui cherche à faire revenir les touristes après des années d'instabilité, avait déjà mis en valeur la semaine dernière son patrimoine archéologique en organisant au Caire un défilé très médiatisé de momies de pharaons.

Et en janvier, les autorités avaient dévoilé au public une cinquantaine de sarcophages vieux de plus de 3 000 ans. Ces "trésors" avaient été découverts à Saqqara, à une quinzaine de kilomètres au sud des célèbres pyramides du plateau de Guizeh.

Plusieurs archéologues dont l'Egyptien Tarek Farag affirment que la zone dans laquelle a été faite la dernière découverte avait déjà été fouillée il y a plus de 100 ans, et que la cité était connue. Selon Zahi Hawass et Mostafa Waziri, le secrétaire général du Conseil général des antiquités égyptien, ces précédentes fouilles ne s'étaient pas déroulées au même endroit, mais plus au sud.

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