"On espère qu’on va pouvoir repartir complètement" : la timide réouverture des salles de concert

Les salles de concerts adaptent leur programmation pour attirer les spectateurs avec des moyens réduits. Exemple à la salle Gaveau et au Point Éphémère à Paris. 

Article rédigé par
Matthieu Bonhoure - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La salle Gaveau prépare sa réouverture en septembre 2021. (MATTHIEU BONHOURE / RADIO FRANCE)

Chantal et Jean-Marie Fournier dirigent la salle Gaveau, vieille de 110 ans, où se joue du répertoire classique. Ils ont le sourire aux lèvres pour cette réouverture qu'ils attendaient de longue date.

"Les gens qui avaient acheté leur billet, les ont gardés pour la plupart. Certains concerts ont été reportés trois fois voire quatre fois. Donc c’était difficile de suivre. On espère que c’est fini, qu’on va pouvoir repartir complètement". Et si les restrictions sanitaires évoluent encore une fois, "on s’adaptera. Nous ne sommes pas des pirates. Mais je pense que ça va passer"; affirme Jean-Marie Fournier avec optimisme.

Le casse-tête de la programmation 

Avec la jauge actuelle de 35 %, la salle Gaveau ne peut accueillir que 350 personnes au lieu de 1 000, un défi majeur pour la programmatrice Marie-Automne Peyregne : "Avoir une jauge d’un tiers, avoir une jauge d’un demi ou de trois-quarts ou une jauge pleine, ce n’est évidemment pas le même budget qu’on peut consacrer. Ça a été un véritable casse-tête. Nous avons pris le pari de la reprise au mois de septembre. Maintenant que nous y sommes, on va reprendre normalement."   

Direction le cinquième étage. Fermée en 1960, une partie de l'étage est encore en  travaux et dans l'autre un piano trône au milieu d'une grande pièce blanche avec des moulures. "J’en ai profité pour refaire une salle qui s’appellera la salle Ravel et qui aura 300 places", explique Jean-Marie Fournier.

La nouvelle salle de concert de la salle Gaveau à Paris baptisée salle Ravel. (MATTHIEU BONHOURE / RADIO FRANCE)

Au Point Éphémère la situation est un peu différente. Cette salle de concert avec un public debout change sa programmation pour pouvoir accueillir du public. "Tout ce qui est live, le côté aussi dansant du DJ-set du soir, ce sont des choses que malheureusement on ne peut plus faire, déplore Samatha Botrel, la programmatrice du lieu. On perd un gros projet quand même de Point éphémère, qui est l’ADN musical".     

Avec ses artistes en résidence, le lieu a pu retrouver une programmation rapidement, mais sans salle de spectacle. Elle sera utilisée pour une nouveauté, des ciné-concerts.   

"Dire à des gens de ne pas danser, c’est vraiment quelque chose que je n’aurais jamais imaginé faire."

Frédérique Taubes, directrice du Point éphémère

à franceinfo

"On a été obligé de le faire l’année dernier, poursuit Frédérique Taubes. Là-haut il y a écrit 'masque obligatoire'. C’est un vestige de l’été dernier justement qu’on avait vraiment écrit d’une manière un peu revendicative et quasiment dictatorial. C’est horrible !"

Le Point Ephémère à Paris. (MATTHIEU BONHOURE / RADIO FRANCE)

Pour les petites salles avec un public en configuration debout, impossible de rouvrir et de s'adapter en créant des places assises. Entre autres le Pan Piper, le Nouveau Casino ou encore le Supersonic restent fermés pour le moment.  

Timide réouverture des salles de concert : reportage de Matthieu Bonhoure
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