Thomas Curbillon fait rimer jazz et chanson dans son album "Place Sainte-Opportune"

Le chanteur et guitariste Thomas Curbillon investira la scène du Sunset le vendredi 10 juin, pour jouer son album "Place Sainte-Opportune" sorti il y a quelques mois. Il sera notamment accompagné d’un invité de marque en la personne de Stéphane Belmondo.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Thomas Curbillon, guitariste de jazz mais aussi chanteur (Annabelle Tiaffay)

Le jazz et la chanson française, c’est une vieille histoire. Le quartier de Saint-Germain-des-Près à Paris a été le berceau du courant jazz d’après-guerre, et nombre de grands jazzmen se sont établis en France où ils ont souvent connu autant de succès qu’aux États-Unis, sinon plus. Alors forcément, les paroliers français ont régulièrement insufflé du swing dans leurs chansons. De Charles Trenet à Boris Vian, de Georges Brassens à Henri Salvador, en passant par Claude Nougaro ou Serge Gainsbourg, et plus récemment Thomas Dutronc, Sarah Lancman, Sanseverino ou encore Yvon Rosier.

Et quand on a baigné dans cette histoire du jazz par sa famille comme Thomas Curbillon, quoi de plus naturel que de vouloir marcher dans les traces de ces illustres aînés.

Un premier album sur le tard

Guitariste amoureux du jazz depuis l’adolescence, employé au département jazz chez Universal, puis animateur du Club jazz à FIP, Thomas Curbillon a enregistré son premier album Place Sainte-Opportune l’année dernière, la quarantaine passée. Il n’y a pas d’âge pour se lancer dans la musique !

Avec un père musicien et une mère qui tenait un magasin de guitare, j’ai toujours baigné là-dedans. D’où je viens, c’est avant tout un univers de passion.

Thomas Curbillon

Six compositions originales et trois reprises donnent l’occasion à Thomas Curbillon de mettre à l’honneur des artistes qu’il admire : le grand classique Petite fleur de Sydney Bechet, repris d’innombrables fois de Danielle Darrieux à Petula Clark en passant par Mouloudji et Salvador ; l’ode à l’oisiveté Et bailler, et dormir popularisé par Aznavour et Eddie Constantine qu’on imagine aisément en bande son du film Alexandre le bienheureux ; et enfin Berceuse à Pépé de Nougaro.

Ce morceau qui clôt l’album, Thomas Curbillon se l’approprie complètement : "Mon grand-père était tromboniste à l’Opéra Comique et beaucoup de personnes félicitent Gaëlle Renard en pensant que la chanson est autobiographique."

Des mots qui jouent avec le swing

Gaëlle Renard, c’est la compagne de Thomas et l’autrice des textes sur lesquels le musicien est venu greffer ses compositions. "Elle a un sens du rythme mais aussi du son dans la manière d’écrire", ajoute-t-il. "Ça passe notamment par les voyelles. C’est un vrai plaisir de chanter ses textes". On sent la malice de jouer avec les mots dans les titres comme Oxymore ou Léa est lasse. Le tandem s’inspire mutuellement et il arrive parfois que Thomas "commande" un texte à sa moitié. C’est le cas pour Sale gosse.

"Pour contrebalancer les chansons douces avec un certain romantisme, j’ai voulu quelque chose d’un peu plus canaille", explique le chanteur. "Je voulais de l’ironie. Gaëlle a appelé ça une chanson 'ribouldingue'."

Tout au long de l’album, la fausse nonchalance côtoie le romantisme et la poésie. Pas d’interprétation forcée, Thomas Curbillon parvient à sonner à la fois léger, décontracté mais aussi très classe. Il ajoute : "J’ai commencé par la guitare, mais j’ai toujours aimé chanter. J’ai toujours adoré les guitaristes qui jouent comme des chanteurs, par exemple Kenny Burrel avec son phrasé très chantant, très mélodique."

Dès les premières syllabes du morceau d’ouverture Léa est lasse, on ne peut s’empêcher de penser à Henri Salvador. Des intonations et un timbre de voix similaires à l'interprète de Jardin d'hiver ou Dans mon île. Un phrasé nonchalant, en arrière du temps.

J’ai beaucoup d’admiration pour lui. C’est l’un des chanteurs en France à avoir écouté des chanteurs américains de jazz. C’est un maître en la matière

Thomas Curbillon

à propos d'Henri Salvador

Un album qui célèbre le jazz feutré

Pour mettre en musique ces chansons "souvent mûries pendant plusieurs mois", Thomas Curbillon a fait appel à Pierre Bertrand et a choisi la formule de l’octet : en plus du combo guitare-piano-basse-batterie, quatre cuivres viennent apporter "un beau timbre mais sans le côté brillant du big band, pas toujours facile à manier" confie le chanteur. "Parfois, on entend presque des bois".

Une façon de rendre hommage à un style de jazz feutré à mi-chemin entre les formations épurées et les grands ensembles tonitruants. Un jazz somme toute très romantique. Rien de surprenant à cela, puisque le titre de l’album dont on pourrait croire qu’il s’agit d’une formule poétique, renvoie à la place du quartier de Châtelet-Les-Halles à Paris où Thomas et Gaëlle se sont rencontrés. Et point de hasard, car cette place Sainte-Opportune avec sa bouche de métro délicieusement rétro ouvre sur plusieurs haut-lieux parisiens du jazz : Le Duc Des Lombards, Le Baisé Salé et le Sunset où, justement, Thomas Curbillon se produira le 10 juin prochain.

"Je suis très heureux de retrouver le groupe, le plaisir d’échanger sur scène et de raconter ces histoires en français", avoue Thomas Curbillon. "Et cerise sur le gâteau, Stéphane Belmondo sera avec nous. Il a été avant, pendant et après l’enregistrement de l’album, une très belle présence. Il m’a encouragé."

Un disque à savourer sur scène donc. Et non loin de la place qui lui donne son titre.

La pochette de l'album "Place Ste-Opportune" de Thomas Curbillon (Jazz & People)

Thomas Curbillon sera au Sunset le vendredi 10 juin

L'album "Place Sainte-Opportune" est sorti le 24 septembre 2021 (Jazz & People)

Retrouvez toutes les infos sur la page Facebook de Thomas Curbillon

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