Le chansonnier Yvon Rosier sort son premier album 'Des vies de dingues'

Après avoir chanté sur scène depuis plusieurs dizaines d’années, Yvon Rosier a enregistré son premier véritable disque 'Des vies de dingues', qui est sorti ce 4 février.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Temps de lecture : 4 min.
Yvon Rosier (Olivier Leycuras)

Une figure locale

Dans la région de Grignan (Drôme), Yvon Rosier est connu comme le loup blanc. Nombre de bâtisses drômoises sont l’œuvre de ses mains ou y font appel pour de la rénovation. Maçon de métier, il n’en reste pas moins amoureux de la culture et de la musique en particulier. Il a d’ailleurs conjugué les deux en installant le Café Rosier, haut-lieu de la scène musicale de la région du sud dans les années 90, un établissement reconnu pour avoir accueilli de nombreux artistes, dont notamment Raoul Petite.

Mais Yvon Rosier est surtout lui-même auteur-compositeur. Et après avoir chanté sur scène durant plusieurs décennies, il sort son premier véritable disque ce vendredi 4 février.

La mélodie d’abord

Dire d’Yvon qu’il a toujours écrit et composé est un doux euphémisme. "Ma première chanson date de quand j’avais douze ans" précise-t-il. Et bien qu’il n’a étudié ni la musique ni le solfège, le maçon-chansonnier débute toujours ses morceaux par la mélodie. C’est la première accroche sur laquelle viennent ensuite se greffer les mots. Il ajoute : "J’ai fait des chansons parce que les mélodies m’étaient inspirées. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être que d’avoir été bercé par la radio y est pour quelque chose."

Les paroles c’est du labeur, la mélodie c’est le plaisir, ça vient tout seul

Yvon Rosier

Et c’est effectivement ce que l'on ressent, dès la première écoute des chansons d’Yvon Rosier, une grande musicalité avec des mélodies évidentes que l'on se surprend à fredonner instinctivement.

Il faut dire que l’auteur-compositeur-interprète a été épaulé par le guitariste-arrangeur-producteur Pierrejean Gaucher. Ce dernier a su apporter les couleurs musicales parfaitement adaptées à l’univers poétique et humoristique d’Yvon.

Yvon Rosier et Pierrejean Gaucher (Olivier Leycuras)

Plusieurs chansons sont empreintes d’une atmosphère swing décontracté, par exemple le morceau-titre ou Haut les mains. Des ambiances latines rythment Marcella, Entre les 2 tours ou On rêvait d’une ferme, tandis qu’un riff hard-rock dynamise Le casseur, ou que des influences zappaiennes, chères au musicien, illustrent les textes parlés de Les mains vides et Poussières du temps.

Et quelques touches country - Je préfère les grosses - ou folk évoquent les seventies, comme Les conserves, superbe ballade agrémentée de guitare slide digne des références du genre. Une guitare qui sait aussi se faire pleurante dans La séparation, comme pour épouser le texte.

Des paroles entre humour, tendresse et poésie

Cette collaboration entre Yvon Rosier et Pierrejean Gaucher est née il y a deux ans, quand Yvon est venu chanter à son ami un texte inspiré par l’actualité du moment. On vivait alors le premier confinement, et Yvon Rosier a exprimé sa vision de la situation... en nous expliquant comment cuisiner un pangolin.

Difficile de résister à cet humour décalé et ironique. Une composante qui parcourt plusieurs textes de l’album, de l’inversion des rôles entre pauvres et riches dans Les conserves, à l’autodérision et l’absence de modestie dans Les fées, en passant par l’anecdote surréaliste d’Entre les 2 tours, saynète tordante où l’isoloir devient le théâtre d’ébats amoureux. Un texte qui ne peut mieux tomber, à deux mois de l’élection présidentielle.

L’actualité et les travers de notre société sont d’ailleurs au cœur des paroles. Car si l’humour est bien présent, et même si l’esprit d’un Bobby Lapointe n’est pas bien loin avec un certain côté fantasque, c’est souvent plutôt du côté de Vian, Brassens, Brel, ou même Béranger, que lorgnent les textes. Les saillies caustiques pointent là où ça fait mal : la précarité des retraites dans Haut les mains, la dictature de la minceur dans, Je préfère les grosses, ou carrément la répression policière dans Le casseur qui rappellerait presque la démarche de Bernie Bonvoisin et Trust.

Yvon Rosier (Olivier Leycuras)

Cet aspect un brin vindicatif n’est sans doute pas étranger au parcours d’Yvon. Celui qui évoque son enfance à la campagne ou son métier dans Les mains vides et Poussières du temps, se souvient aussi dans On rêvait d’une ferme de la communauté où il a vécu à Dieulefit durant les années 70.

Et le chanteur maçon livre un peu de lui-même dans le mélancolique La séparation, le faussement misogyne Marcella, ou le tendre Je suis un lion que n’aurait sans doute pas renié Bourvil.

Je suis un tendre en fait, je ne suis pas un vrai lion

Yvon Rosier

Une chanson qui définit bien Yvon Rosier. Une personnalité éminemment sympathique dès le premier contact et qui donne envie d’aller l'écouter sur scène où il parle beaucoup entre les morceaux. "Pendant mon spectacle j’essaie d’être efficace et de faire rire entre les chansons" explique-t-il, "c’est ça qui amène du monde, parce que ce n’est pas évident d’amener du monde à un spectacle de chansons."  

Pourtant, c'est bien le pari réussi avec ce disque qui mêle harmonieusement humour, poésie et musicalité. On mène tous une vie de dingue, certes, mais en écoutant Yvon Rosier, elle redevient agréable.

La pochette de l'album (Olivier Leycuras)

L’album Des vies de dingues d’Yvon Rosier est disponible sur toutes les plateformes le 4 février

Retrouvez les infos sur son profil Bandcamp

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