La maison Sonia Rykiel, emblème du chic parisien, se relance sur internet

La griffe de Saint-Germain-des-Prés, fondée à la fin des années 1960 et liquidée en juillet 2019, a été reprise fin 2019 par deux des fondateurs de Showroomprivé avec la volonté de "donner un second souffle" à ce "fleuron du patrimoine français"

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France Télévisions Rédaction Culture
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Sonia Rykiel, collection prêt-à-porter printemps-été 2011 présentée lors de la Paris Fashion Week, le 2 octobre 2010 (PATRICK KOVARIK / AFP)

L'emblématique maison de prêt-à-porter Sonia Rykiel, liquidée en juillet 2019, se relance ce mardi 27 octobre sur internet avec une boutique de vente en ligne après avoir été rachetée par deux fondateurs du site Showroomprivé"L'e-boutique Sonia Rykiel, véritable vitrine de la maison, réunit dans un même espace des pièces iconiques", a souligné la maison "à la veille de ses 53 ans"

Un "Nous sommes heureux de vous retrouver !" figure en bandeau d'un site où, à l'image de la maison, le noir et les rayures colorées dominent. Il s'agit du seul point de vente de la marque en attendant la réouverture de boutiques physiques. Le site s'appuie "sur une technologie qui permet de s'adresser à l'ensemble de ses clients en adaptant la langue, les taxes, le transport et la monnaie et ce, à travers plus de 100 destinations et 30 devises", détaille l'entreprise dans son communiqué.

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"Donner un second souffle" 

En difficulté financière depuis le décès de sa créatrice emblématique en 2016, la marque de prêt-à porter a été liquidée fin juillet 2019, avant que ses "actifs" - essentiellement son nom, ses archives et ses stocks - soient repris mi-décembre 2019 par deux des fondateurs de Showroomprivé, Éric et Michael Dayan. Les deux frères avaient d'entrée de jeu mis en avant leur volonté de "donner un second souffle" à ce "fleuron du patrimoine français".

En 2018, la griffe de Saint-Germain-des-Prés fondée à la fin des années 1960 avait enregistré 35 millions d'euros de ventes, pour une perte nette de 30 millions. Au moment de son placement en redressement judiciaire, elle employait 131 salariés et détenait en propre six boutiques ainsi que quatre outlets (magasins de déstockage) et réalisait un peu plus de 50% de ses ventes en France.

Sonia Rykiel, une femme libre et indépendante

Sonia Rykiel, surnommée "la reine du tricot", a marqué de son empreinte la mode en mettant notamment au goût du jour le pull-over. Le noir, les rayures, l’envers mais aussi les matières comme l’éponge, dont elle sait faire les joggings les plus élégants, les dentelles et les fourrures évoquent aussi le vocabulaire poétique de cette créatrice qui aimait jouer avec les mots qui devenaient des inscriptions et des slogans poétiques sur les vêtements.

Sonia Rykiel avait fait ses débuts de créatrice dans les années 50, en lançant ses premiers pull-overs. Dès 1962, elle dessine et fait confectionner ses premières robes de future maman et ses tricots ajustés montrant les courbes féminines. Elle fonde sa maison de couture en mai 1968 avec sa première boutique installée à Saint-Germain-des-Près. La maille devient sa matière de prédilection : elle crée des mini-pulls dont elle chamboule les proportions. En 1974, elle invente la "démode" et propose une nouvelle philosophie faite de coutures à l'envers, de "pas d'ourlé", de "pas doublé". Cette pionnière utilise le noir à la fin des années pop : couleur synonyme pour elle de séduction et de liberté, elle bouscule l’élégance bourgeoise des années 70. Ce noir signe par là même la modernité de la maison, bien avant que les créateurs japonais, puis belges ne s’en emparent. 

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