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La maison Jean Paul Gaultier renoue avec le prêt-à-porter : cinq jeunes créateurs réinterprètent la marinière, une des pièces fétiches du couturier

Jean Paul Gaultier avait arrêté le prêt-à-porter en 2015 et tiré sa révérence avec son dernier défilé haute couture en janvier 2020. Depuis, le couturier mise sur les collaborations au sein de sa maison

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
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Temps de lecture : 4 min.
Drop estival "Les Marins", collaboration entre Jean Paul Gaultier et cinq designers, mai 2021 (Nicolas Coulomb)

La maison Jean Paul Gaultier revient au prêt-à-porter avec la collection Les Marins réalisée en collaboration avec cinq jeunes stylistes. L'équipe créative - composée de Nicola Lecourt Mansion, Ottolinger, Palomo Spain, Alan Crocetti et Marvin M'Toumo - ressuscite le prêt-à-porter Jean Paul Gaultier dans une collection capsule qui a été dévoilée à l'occasion du mois des fiertés LGBTQI+. Une collection unisexe, inclusive, collective que promeut la mannequin américaine Bella Hadid.

Le couturier a tiré sa révérence avec son dernier défilé haute couture printemps-été 2020, en janvier 2020, après avoir arrêté le prêt-à-porter en 2015. Il reste cependant présent au sein de cette maison qui appartient au groupe barcelonais Puig.

Réinterpréter la marinière, une de ses pièces fétiches

Dévoilé sous forme de drop (ndlr, capsule) estival, la maison de couture fait renaître son prêt-à-porter à travers le mythe du marin. Le studio de création revisite les codes chers à l’Enfant Terrible, à commencer par l’incontournable marinière ou le traditionnel bob des marins de l’US Navy. En effet, depuis 1983, star de la première collection de prêt-à-porter masculin, la marinière s'impose chez le couturier. A l'origine, de cet indémodable, un élément basique de la garde-robe de son enfance mais aussi le film "Querelle" de 1982 ou Rainer Fassbinder met en scène la figure du mâle telle que Gaultier se la représente jusqu'à en faire l'égérie de ses parfums.   

Éloge du collectif et hommage à la diversité des communautés inspirant la maison depuis sa création, le studio Jean Paul Gaultier a invité des designers qui font la mode d'aujourd'hui et incarnent des valeurs de liberté, de tolérance et de créativité. A noter également que des pièces mythiques de la maison, chargées d’histoire, font leur réapparition au milieu de cette collection en édition limitée.

Les cinq designers invités à interpréter la collection Capsule "Les Marins" de Jean Paul Gaultier, mai 2021 (Ricardo Fumanal)

Qui sont les cinq stylistes choisis ?

Jean Paul Gaultier a choisi une équipe de cinq jeunes stylistes méconnus du grand public mais déjà pour certains reconnus du milieu professionnel. Comme de nombreux jeunes labels actuels, qui ne collent pas à la mode et à ses tendances, ces créateurs conjuguent un vestiaire qui leur est propre. Chacun d'entre eux a conçu une silhouette ou des accessoires qui représentent pour eux le génie de Gaultier. 

La Française Nicola Lecourt Mansion, lauréate du prix Pierre Bergé à l'ANDAM 2019, a créé un body en mesh noir (un tissu très fin) strassé à rayures

Drop estival "Les Marins" Jean Paul Gaultier x Lecourt Mansion, mai 2021 (Nicolas Coulomb)

La maison allemande Ottolinger a retravaillé la marinière en combinaison moulante avec les zébrures distorduesConnu pour son style alpin-punk-couture, la marque, lancée en 2015, a été créée par deux designers Suisse basés à Berlin. Christa Bösch et Cosima Gadient affectionnent la déconstruction, la reconstruction et l'artisanat expérimental. Le denim, le jersey et la maille caractéristiques du label sont retravaillés au chalumeau, lacérés et teints à la main. 

Drop estival "Les Marins" Jean Paul Gaultier x Ottolinger, mai 2021 (Nicolas Coulomb)

Le créateur espagnol Palomo Spain a lui réalisé un corset fleuri. Formé au London College of Fashion, le jeune homme pour qui défiler à Paris est "un honneur absolu", dessine des robes "depuis l'âge de cinq ans", quand il confectionnait des tenues pour ses poupées Barbie. Il est le seul Espagnol présent à la Paris Fashion Week et a déjà présenté ses collections à Madrid et New York. Ses hommes  dévoilent leur nombril et leurs jambes, portent des décolletés, des chemises à volants ainsi que de fines robes transparentes brodées de perles, des peignoirs soyeux, des plumes et des dentelles, le tout décliné dans des matières brillantes. 

Drop estival "Les Marins" Jean Paul Gaultier x Palomo Spain, mai 2021 (Nicolas Coulomb)

Le soutien-gorge conique - rendu célèbre par Madonna - est réinterprété par le Brésilien Alan Crocetti, créateur de bijoux punk basé à Londres. Il a étudié la mode à Belo Horizonte puis a commencé à expérimenter les bijoux lors de sa dernière année de prêt-à-porter féminin à la Central Sant Martins de Londres.

Drop estival "Les Marins" Jean Paul Gaultier x Alan Crocetti, mai 2021 (Nicolas Coulomb)

Enfin, le Français Marvin M'Toumo, chargé des accessoires coquillages et crustacés, a également crée un look composé d'un body et d'une jupe.

Drop estival "Les Marins" Jean Paul Gaultier x Marvin M'Toumo, mai 2021 (Nicolas Coulomb)

La haute couture version Chitose Abe enfin dévoilée en juillet 

Les défilés haute couture, désormais réalisés eux aussi avec des stylistes invités, vont reprendre dès la prochaine édition de la semaine de la haute couture, celle de l'automne-hiver 2021-22 qui se tiendra du 5 au 8 juillet à Paris.

La première invitée de la collection couture est la Japonaise Chitose Abe de la marque Sacai. Le défilé devait avoir lieu en juillet 2020 mais cette collection n'a pas été dévoilée en raison de la crise sanitaire de la Covid-19. Le show avait ensuite été prévu en janvier 2021 mais dans le Women's Wear Daily, le couturier expliquait alors préférer "célébrer cet événement à des moments plus sûrs et plus heureux". 

Chitose Abe, la directrice artistique de la maison japonaise Sacai et le couturier Jean Paul Gaultier (Gio_Staian)

Flambeau de la mode expérimentale, la marque Sacai a été créée en 1999 par la japonaise Chitose Abe. Après avoir travaillé pour Comme des Garçons et Junya Watanabe, elle réalise ses propres collections discrètement depuis 1999 et défile, chaque saison, dans le calendrier de la Paris Fashion Week. Elle joue sur les textures en associant la maille à d’autres éléments et étoffes et prône les hybridations improbables mais cependant réussies .

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