Dans son livre auto-édité, Gabriel Matzneff rend hommage à "cinq soutiens indéfectibles"

L'écrivain est visé par une enquête pour viols sur mineurs de moins de 15 ans. Son dernier livre, intitulé "Vanessavirus", est auto-édité et quasi-introuvable. Il y liste des personnalités dont il estime qu'elles l'ont soutenu. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Gabriel Matzneff à Bordighera en février 2020.  (VALERY HACHE / AFP)

"Vanessavirus", titre choisi par le romancier de 84 ans, décrit en quelque 85 pages l'état d'esprit d'un homme mis au ban de la société après la parution d'un autre livre, "Le Consentement" de Vanessa Springora. Gabriel Matzneff rend hommage dans cet ouvrage à une liste de personnalités dont il estime qu'elles l'ont soutenu et restées jusque-là discrètes, dont Bernard-Henri Lévy ou Alain Finkielkraut, a appris l'AFP auprès d'un lecteur de ce livre indisponible en librairie. L'écrivain, visé par une enquête pour viols sur mineurs de moins de 15 ans, a tout fait pour rendre introuvable ce livre auto-édité. Pour se le procurer il faut faire partie de la liste des personnes de confiance contactées pour une souscription privée.

Gabriel Matzneff s'y décrit comme proche de la mort. Son livre paraît un an après Le Consentement, où Vanessa Springora raconte sa relation sous emprise à l'âge de 14 ans, dans les années 1980, avec un homme qui en a 35 de plus et a longuement décrit son goût pour les relations sexuelles avec les garçons et filles mineurs. 

Un "récit" de 85 pages

Contacté par franceinfo, Gabriel Matzneff assure avoir vendu les 200 exemplaires qu'il a fait imprimer. Sur une photo transmise à l'AFP par un lecteur qui a tenu à rester anonyme, et qui n'a pas acheté le livre lui-même, apparaît une couverture sobre où Vanessavirus est qualifié de "récit", avec un éditeur fictif, "Aux dépens d'un auteur".

Dans ce texte de quelque 85 pages, selon cette source, l'écrivain déplore l'attitude d'anciens amis qui l'ont lâché, sans en nommer aucun. En revanche, "Matzneff cite cinq soutiens indéfectibles, selon lui, auxquels il tient à rendre hommage: Catherine Millet, Dominique Fernandez, Bernard-Henri Lévy, Franz-Olivier Giesbert, Alain Finkielkraut", poursuit cette source. La romancière Catherine Millet avait déclaré en juin qu'elle ne regrettait pas d'avoir signé une pétition lancée par Gabriel Matzneff en 1977 pour la dépénalisation des relations sexuelles avec des mineurs.

L'académicien Dominique Fernandez avait signé une tribune en janvier 2020 contre "la bonne conscience" de ceux qui attaquaient l'écrivain. Le philosophe Bernard-Henri Lévy, qui a fait plusieurs critiques élogieuses des livres de Gabriel Matzneff, ne s'est pas exprimé sur le sujet après Le Consentement. Quant au journaliste Franz-Olivier Giesbert et au philosophe Alain Finkielkraut, ils avaient relativisé en janvier 2020 la gravité de l'affaire. Le premier avait estimé qu'"on ne peut pas jeter des noms en pâture", et le second que "le cas Springora n'est pas un cas de pédophilie". 

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