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La deuxième vie de Matthew McConaughey

Sacré meilleur acteur pour son rôle dans "Dallas Buyers Club" aux Golden Globes dimanche, l'Américain, favori aux Oscars, revient pourtant de loin. 

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France Télévisions
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Matthew McConaughey a décroché le Golden Globe du meilleur acteur pour sa performance dans "Dallas Buyers Club", le 12 janvier 2014 à Beverly Hills (Etats-Unis). (DIMITRIOS KAMBOURIS/GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Autrefois cantonné aux rôles de tombeurs dans des films à l'eau de rose, Matthew McConaughey, 44 ans, a amorcé, depuis quelques années, un virage à 180 degrés. Résultat : il a remporté, dimanche 12 janvier, le Golden Globe du meilleur acteur. 

De sa renaissance à la reconnaissance de ses pairs, francetv info revient sur le parcours et les motivations de l'acteur américain, favori aux Oscars.

Du minet de service au flic psychopathe 

A une époque, son corps musclé squattait les magazines et les sites people, qui se demandaient s'il n'avait pas brûlé tous ses tee-shirts. Souvent il s'ébrouait, torse nu, sur une plage du bout du monde. Ou faisait son jogging, abdos au vent, les yeux dans l'objectif des paparazzis. Mais bien malin qui pouvait citer un film de Matthew McConaughey. Quand on ne le confondait pas avec Christian Bale ou Bradley Cooper, ce sont de vagues souvenirs qui remontaient, des comédies romantiques oubliables où l'Américain, élu "homme le plus sexy de l'année" par le magazine People en 2005, donnait la réplique à Jennifer Lopez, Kate Hudson ou Sarah Jessica Parker. 

Pourtant, la carrière de Matthew McConaughey semblait bien partie. Qui peut se vanter d'avoir été révélé par Joel Schumacher (Time to Kill, 1996) trois ans seulement après un premier long métrage, puis d'avoir enchaîné les tournages avec des pointures comme Robert Zemeckis (1997), Steven Spielberg (1997) ou Ron Howard (1999) ? Mais on ignore toujours ce qui a poussé l'acteur à passer de Amistad à Comment se faire larguer en 10 leçons, de Contact à Un mariage trop parfait, de En direct sur Ed TV à Hanté par ses ex.

Qu'importe, puisqu'on sait aujourd'hui que Matthew McConaughey, 44 ans, a en fait (beaucoup) reculé pour mieux sauter, à la surprise générale, dans le grand bain des acteurs émérites. Sa métamorphose tardive s'est amorcée en 2011, avec La Défense Lincoln et son rôle d'avocat assurant la défense d'un riche play-boy. Il la joue sobre, sombre, intense. "Matthew McConaughey met les bouchées doubles pour recouvrer son statut d'acteur authentique", observe Le Monde à l'époque.

Pour preuve, en 2012, il apparaît dans trois films qui signent son come-back dans la cour des grands. "Le rôle de sa vie", écrit Le Monde, il le trouve dans Killer Joe (2012). On attend autant qu'on redoute chacune des apparitions de ce flic-tueur à gages complètement psychopathe, pervers, terrifiant. Son accent redneck nous colle des frissons de dégoût, de malaise. Matthew McConaughey est au sommet. La critique, unanime, le redécouvre. Après Paperboy vient Magic Mike, où l'acteur, vétéran allumé du strip-tease et propriétaire vénal d'un club de gogo danseurs, éclipse jusqu'au rôle principal tenu par Channing Tatum, dont la vie a inspiré le scénario. 

En 2013, il joue un mystérieux marginal dans Mud, sur les rives du Mississippi, de Jeff Nichols, qui lui vaut ses premières récompenses. Le Parisien loue alors un "charisme animal" qui ne l'a en fait jamais quitté. Un peu barré, un peu sale, l'acteur est magnétique. Mais difficile de s'en douter en le voyant réciter des répliques aussi plates que son ventre.

Après la renaissance, la reconnaissance

Sa résurrection s'est donc jouée en une poignée de films, entre 2011 et 2013. "Je ne me suis jamais dit 'Tiens, si je faisais des trucs plus sombres, plus incisifs', confie-t-il au site américain Details. Je me suis juste dit : 'On a de l'argent à la banque, un toit sur la tête (…) Prenons le temps de l'introspection'." L'Américain évoque un besoin de se challenger et de camper des personnages plus humains. "J'ai voulu écouter mes envies et être plus exigeant."

En 2013, l'étendue de son talent est enfin reconnue par la profession. Après un passage bref, mais incroyablement intense et inoubliable, dans Le Loup de Wall Street, Matthew McConaughey s'illustre en Texan homophobe atteint du sida dans Dallas Buyers Club (en France le 29 janvier 2014). Méconnaissable, il a dû perdre vingt kilos pour le rôle de Ron Woodroof. Bien lui en a pris : pour la première fois de sa carrière, il concourt au Golden Globe du meilleur acteur (qu'il remporte) et fait figure de favori pour décrocher la statuette aux Oscars (verdict le 2 mars).

Héros de True Detective, toute nouvelle série de HBO, il sort cette année un film sous la direction de Terrence Malick et un autre signé Christopher Nolan, le mystérieux Interstellar, dans les salles françaises à la fin de l'année. Jeff Nichols (Mud) et Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club) ne tarissent pas d'éloges à son égard. "J'ai assisté à la plus spectaculaire, la plus incroyable, la plus émouvante performance d'acteur de mon humble carrière", confie ce dernier à Details.

La renaissance façon McConaughey a même son néologisme. La presse anglo-saxonne, à l'instar du New Yorker, parle de "McConnaissance". Car sa prouesse fut de renverser la mythologie qui l'entourait jusqu'alors, de jouer et se jouer de son hypersexualité. Du Matthew sexy et torse nu des magazines au Dallas sexy et torse nu de Magic Mike. "Pendant des années, McConaughey incarnait la complaisance, écrit le magazine. Mais qu'il ait réussi à s'en défaire en quelques films montre à quel point nous avions tort."

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