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"Avant l'effondrement" : "Je vis en permanence avec le syndrome de l'imposteur", confie Alice Zeniter à l'occasion de la sortie de son premier film

L'autrice a dû faire face à ses propres doutes sur sa légitimité, ce qui ne l'a pas empêchée, avec ce premier film "Avant l'effondrement", de réussir son passage de l'écriture de livres à la réalisation au cinéma.
Article rédigé par Matteu Maestracci
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Alice Zeniter lors d'une rencontre littéraire au lycée Jean Lurcat de Perpignan, le 12 avril 2019. (CLEMENTZ MICHEL / MAXPPP)

Alice Zeniter est surtout connue pour ses livres ou ses pièces de théâtre, moins pour son travail derrière une caméra. L'écrivaine vient pourtant de co-réaliser, avec Benoit Volnais, le film , Avant l'effondrement, en salles depuis mercredi 26 avril.

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L'une des scènes les plus fortes de son film met aux prises deux femmes autour de la table d'un dîner, une prof de littérature en banlieue qui dit préparer ses élèves à une révolution à venir et une militante écologiste qui considère que le pire c'est maintenant et qu'il faut déjà se battre, deux personnages qu'on imagine être deux versions d'Alice Zeniter elle-même. "En effet elles me composent. On a beaucoup construit [le personnage de] Fanny comme étant une projection rêvée de moi. Qu'est-ce que je voudrais être si je ne connaissais pas l'épuisement ? Si je ne connaissais pas la faiblesse. Si je n'avais pas ces moment où quelque chose lâchait, et bien j'imagine que je serais fanny. Ce qui ne veut pas dire que Fanny est moi. Fanny est une projection idéale de moi".

Alice Zeniter est une autrice intellectuelle et engagée, qui n'a pas hésité récemment sur Twitter à reprendre vertement le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui dit apprécier ses livres, notamment L'art de perdre récompensé du Goncourt des lycéens en 2017 et vendu à plus de 300.000 exemplaires.

Alice Zeniter sait mieux que quiconque que le milieu du cinéma est rarement tendre avec celles et ceux qui ont, comme elle, plusieurs casquettes. Il suffit de se souvenir de certaines actrices devenues chanteuses. "Je vis en permanence avec un syndrôme de l'imposteur, assure Alice Zeniter. Cette peur est là tout le temps.  Avec ce premier film, la peur c'était plus : est-ce que je vais savoir le faire réellement ? À la fin d'un film, comme à la fin d'un livre, je sais que j'ai raté des choses. Mais à la fin d'un livre, je peux me dire : 'je sais que j'ai fait du mieux que j'ai pu."'

 

"Il y a toujours cette petite angoisse de se dire : 'si j'avais eu une meilleure connaissance de mes outils, est-ce que j'aurais pu faire mieux ?'"

Alice Zeniter à propos de son film ''Avant l'effondrement"

sur franceinfo

 Et ça [cette petite angoisse], ça ne partira pas, explique Alice Zeniter. Ce qui signifie aussi que d'une certaine manière, je suis aussi prête à entendre des remarques pas tendres ! Il m'arrive moi-même de n'être pas tendre du tout avec ma pratique artistique et les résultats que j'obtiens."

S'il a certains défauts d'un premier film, on sent qu'Alice Zeniter a voulu mettre tout ce qu'elle avait sur le cœur dans Avant l'effondrement, et c'est ce qui en fait aussi sa qualité.

Les confidences Alice Zeniter à l'occasion de la sortie de son premier - le reportage de Matteu Maestracci

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