Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius lancent #Wetoo : "Nous aussi, nous voulons l’égalité"

L'essayiste et l'homme de cinéma signent une tribune pour soutenir les femmes qui ont dénoncé le harcèlement et les agressions sexuelles. 

Le réalisateur français Michel Hazanavicius, lors du 70e festival de Cannes, le 21 mai 2017. 
Le réalisateur français Michel Hazanavicius, lors du 70e festival de Cannes, le 21 mai 2017.  (ERIC GAILLARD / REUTERS)

"Nous aussi" après "moi aussi"L'essayiste Raphaël Glucksmann, directeur du Nouveau magazine littéraire, et le réalisateur Michel Hazanavicius lancent #WeToo, qui s'inscrit dans mouvement #MeToo qui a suivi les révélations sur le producteur américain Harvey Weinstein. Dans un manifeste intitulé "Nous aussi, nous voulons l’égalité", publié samedi 27 janvier, ils se réjouissent : "Depuis l’éclatement de l’Affaire Weinstein, le mouvement #MeToo a ébranlé l’antique domination masculine de l’espace public. Tant mieux !"

"La possibilité de séduire et d’aimer entre égales et égaux"

"Notre réaction fut d’abord de nous taire et de lire, d’écouter ce qu’elles avaient à nous dire d’elles-mêmes, du monde et de nous", écrivent Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius, pour "assister au déploiement de ces discours et de ces récits féminins." S'ils sortent de leur silence aujourd'hui, c'est parce que "la question de nos libertés d’hommes - de séduire, d’importuner, de draguer ou de flirter" est entrée dans le débat. 

Pour affirmer que, loin de nous angoisser, ce mouvement d’émancipation nous réjouit car il ne s’agit pas d’une révolte des femmes contre les hommes mais d’un combat commun contre les injustices faites aux femmes.Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius

Enfin, l'essayiste et le réalisateur évoquent les débats lancés notamment par la tribune signée par Catherine Deneuve : "Pour assurer qu'à l'horizon de #MeToo, par-delà les troubles et les vertiges du moment, nous ne voyons pas poindre le puritanisme, mais une libération sexuelle, la possibilité de séduire et d’aimer entre égales et égaux. Une 'révolution du désir' telle que l’a désignée Natalie Portman." Et de conclure : "Nous aussi, nous voulons l’égalité qui seule nous rendra tous et toutes réellement libres."