Malgré le confinement, les street-artistes s'inspirent du Covid-19 et s'approprient les rues

Les street-artistes n'ont pas cessé de créer des œuvres dans l'espace urbain malgré les confinements. Le coronavirus a même inspiré plusieurs œuvres. 

Article rédigé par
Bastien Munch - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une fresque inspirée par le coronavirus, signée de l'artiste Vince, à la cité de la Grande-Borne, à Grigny. (BASTIEN MUNCH / RADIOFRANCE)

Au temps du confinement, alors qu'il est interdit de sortir sans bonne raison, les street-artistes s'adaptent pour continuer à produire des œuvres en extérieur. Depuis plusieurs mois, le Covid-19 a d'ailleurs fait une entrée fracassante dans le street art et la peinture urbaine. 

A Grigny, en Essonne près de Paris, une fresque illumine désormais la cité de la Grande-Borne. Elle représente deux jeunes en train de se saluer avec le coude. Vince, peintre muraliste, a réalisé cette fresque en juin avec l'aide des habitants : "On pensait qu'on peignait le passé et le premier confinement mais on ne savait pas qu'on peignait le futur. C'était un besoin et une envie des gens de pouvoir évoquer tout ça en peinture. On avait tous le sentiment de vivre quelque chose d'historique."

Cette fresque, c'est aussi un bon moyen de sensibiliser au respect des gestes barrières. "Les enfants, les parents voient la fresque et ils mettent directement le masque", raconte Lloyd, 21 ans et habitant de la cité. C'est lui qui est représenté sur la fresque. "Je pense que c'est aussi efficace que les messages de prévention sur les réseaux sociaux ou à la télévision", ajoute-t-il.

"C'est impossible d'aller au théâtre et au cinéma, mais la peinture dans la rue c'est l'accès à la culture pour tous. Nous, on est là."

Vince, street-artiste

à franceinfo

Gregos, un autre street-artiste, ne s'est pas arrêté non plus pendant la crise sanitaire. Il a continué à peindre ses demi-visages en plâtre dans son atelier parisien à Montmartre. Celui qu'il crée en ce moment a les poignets enchaînés à l'année 2020 : "J'ai besoin de marquer cette date pour laisser une trace pour plus tard, raconte l'artiste à franceinfo. J'ai pu exprimer mon avis à travers mes œuvres." 

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Le Covid-19 comme source d'inspiration

Ces deux street-artistes sont loin d'être les seuls à avoir poursuivi leur travail pendant les confinements. "C'est la première fois que je vois autant d'artistes qui s'emparent d'un sujet d'une façon aussi importante, explique Cyrille Benhamou, directeur de publication de Street-art Magazine qui a co-écrit une compilation de 600 œuvres de street-art traitant du coronavirus dans le monde entier. Même des artistes qui ne sont pas réputés comme spécialement engagés vont parler dans leurs œuvres de l'isolement, de la solitude, ou d'une certaine détresse." Un art de rue qui a aussi servi, au plus fort de la crise, à remercier les soignants en première ligne face au Covid.

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