Vidéo Mondial 2022 : derrière le luxe d'un 5 étoiles, les conditions de vie indécentes des "petites mains" de l'hôtel des Bleus

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Qatar 2022 : derrière le luxe d'un cinq-étoiles, les conditions de vie indécentes des petites mains de l'hôtel des Bleus
Complément d'enquête / France 2

A Doha, "Complément d'enquête" a réussi à s'infiltrer dans l'hôtel des Bleus, aux côtés des "petites mains" qui travaillent dans l'ombre à la réussite du Mondial de foot. L'équipe de l'émission a découvert des conditions de vie qui contrastent violemment avec le luxe de ce cinq-étoiles… Extrait d'un document réalisé en collaboration avec la cellule investigation de Radio France, à voir jeudi soir.

A Doha, ce sera le camp de base de l'équipe de France. La Fédération française de football a privatisé les 150 chambres de ce luxueux cinq-étoiles pour la durée du Mondial. A l'extérieur de l'hôtel Al Messila, les Bleus pourront profiter d'une magnifique piscine en sirotant un cocktail. Kylian Mbappé et ses coéquipiers se promèneront dans des jardins soignés. Personnel d'entretien, jardiniers, chauffeurs… Partout, le journaliste de "Complément d'enquête", qui filme en caméra cachée, a croisé ces travailleurs migrants qui s'emploient à ce que tout soit parfait.

Quel est leur salaire ? Dans quelles conditions vivent-ils ? Impossible de leur poser ces questions sans attirer l'attention des managers. Sur l'uniforme de l'agent de sécurité, le journaliste repère le nom du sous-traitant qui l'emploie : United Security Services. Les agents qui gardent l'entrée de l'hôtel des Bleus sont-ils logés dans des conditions qui respectent les normes affichées par le Qatar ? La monarchie a abondamment communiqué sur les réformes exigeantes menées dans ce domaine, mais qu'en est-il vraiment ? 

Privation de jours de repos, rétention de passeports...

Le journaliste Pierre-Stéphane Fort se rend sur place, au cœur de la zone industrielle de Doha. Il est accompagné du lanceur d'alerte qui l'a guidé au long de son enquête dans la capitale qatarie. Pour ne pas attirer l'attention (il est interdit de filmer dans la zone industrielle), il s'est habillé en technicien d'une compagnie téléphonique.

Sur le parking jonché de déchets, un minibus floqué du logo United Security Services confirme qu'ils sont au bon endroit. A l'intérieur de l'immeuble, les sanitaires sont sales, alors que l'employeur est censé entretenir les lieux. Quatre employés s'entassent dans une petite chambre ; le Qatar exige pourtant, en théorie, 6 mètres carrés par personne. Certains des travailleurs qui vivent ici affirment être privés de jours de repos, et avoir vu leur passeport confisqué par leur employeur. Des conditions de vie et de travail indécentes, très loin des promesses des dirigeants de la Fédération française de football.

Placé face à ces images deux mois après ce tournage, le président Noël Le Graët semblait minimiser la situation. Le dirigeant de la FFF a pourtant fini par trouver problématiques les conditions de vie des vigiles de son hôtel. Le journaliste a tout récemment reçu un courrier de la fédération, l'informant qu'après enquête, le sous-traitant United Security Services avait été écarté. 

Extrait de "Qatar 2022 : un scandale français ?", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 13 octobre 2022.

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