Tour de France 2021 : pluie, vent, froid... Tignes accouche d'une nouvelle étape dantesque

Cette 9e étape entre Cluses et Tignes a mis les organismes des coureurs à rude épreuve.

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France Télévisions
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À l'image de l'échappée, les coureurs du Tour de France ont fait face à la pluie et au froid sur la 9e étape entre Cluses et Tignes, le 4 juillet 2021. (THOMAS SAMSON / AFP)

"Une de mes pires journées sur un vélo". Quelques instants après avoir passé la ligne d'arrivée à Tignes, dimanche 4 juillet, Nacer Bouhanni a résumé l'avis général d'un peloton éreinté par les éléments sur la route de la station alpestre. "J'avais déjà passé une journée sous la neige sur le Giro, mais là je suis vraiment fatigué. Niveau intensité, c'était infernal", a ajouté le sprinteur d'Arkea-Samsic.

La pluie, quasi-ininterrompue toute la journée, les températures flirtant avec les six degrés en haut du Cormet de Roselend, le vent et la brume ont glacé les corps et meurtri les esprits des coureurs du Tour de France sur les 144,9 kilomètres de cette 9e étape entre Cluses et Tignes.

On le savait avant le départ : les conditions météo allaient être catastrophiques. Du départ réel à 13h10 à l'arrivée du vainqueur Ben O'Connor à 17h37, jamais les routes bitumées n'ont abandonné leur miroir d'eau. Une chaussé détrempée qui, heureusement, a eu le mérite de ne pas provoquer de chutes massives au sein du peloton comme dans le groupe de tête. Un petit miracle.

Miguel Angel Lopez frigorifié dans le col du Pré

Décidément, la montée vers Tignes ne sourit pas à la Grande Boucle. En 2019, un orage de grêle et des coulées de boue avant l'ascension avaient conduit les organisateurs à arrêter l'étape avant de rejoindre la station. Le futur vainqueur Egan Bernal avait alors chipé le maillot jaune à Julian Alaphilippe. Ce dimanche, pas de scénario aussi rocambolesque mais des scènes de souffrance assez similaires ont ressurgi.

Dans l'ascension du col du Pré (12,6 kilomètres à 7,7%), la troisième des cinq au programme, l'image d'un Miguel Angel Lopez (Movistar) frigorifié et ayant du mal à avancer a forcément marqué les esprits. Obligé de marquer le pas à l'arrière du peloton maillot jaune, il n'a pas été le seul à être en difficulté. Au cours de cette 9e étape, trois coureurs ont abandonné : Jasper de Buyst (Lotto-Soudal), Nans Peters (AG2R Citroën) et Tim Merlier (Alpecin Fenix). Mathieu van der Poel s'était retiré avant le départ, sans doute soucieux de s'éviter une sortie galère sous une pluie incessante.

Les caravaniers à l'abri, vestes et gants de sortie pour les coureurs

Preuve supplémentaire de ces conditions dantesques, les caravaniers du Tour, qui précèdent la procession du peloton, ont passé l'essentiel de l'étape à l'intérieur des véhicules, bien à l'abri du froid cinglant. Les coureurs, eux, ont attendu les ultimes rampes vers Tignes (21 kilomètres à 5,6%) pour se découvrir progressivement, abandonnant vestes et gants, seuls remparts contre un mercure défavorable.

Car il y a la température réelle et celle ressentie, avec la pluie et le vent. Et cette dernière a heurté de plein fouet les hommes sur le vélo. Les scènes de coureurs ayant du mal à s'alimenter, à ouvrir les emballages de leurs barres énergétiques, ont elles aussi témoignées d'une journée galère.

"J'avais les jambes tétanisées, j'ai fini comme j'ai pu"

Julian Alaphilippe

Deceuninck Quick Step

Enfin, il suffisait de jeter un oeil aux visages tuméfiés par le froid à l'arrivée à Tignes pour se rendre compte des efforts consentis. Auteur d'une belle 4e place ce dimanche, le coureur de la Cofidis Guillaume Martin a été l'un des premiers à réagir : "je suis vraiment frigorifié, j'ai du mal à me rhabiller. Clairement, j'ai souffert du froid aujoud'hui", expliquait-il. Peu après, c'est Julian Alaphilipe, les paupières gonflées par le froid, qui expliquait son calvaire. "C'était hyper dur, je ne pensais pas à ce point. Il faisait six degrés au sommet du Cormet de Roselend, j'ai dû m'arrêter pour changer de vêtements. j'avais les jambes tétanisées, j'ai fini comme j'ai pu".

Démare et Coquard hors délais, le gruppetto a tiré la langue

Chez les sprinteurs, même dans le gruppetto il a été compliqué de rallier l'arrivée. Mark Cavendish (Deceuninck-Quick Step) a pleuré, remerciant ses coéquipiers de l'avoir accompagné jusqu'au bout et dans les délais. Mais derrière le gruppetto, sept coureurs n'ont pas eu cette chance, dont Bryan Coquard (B&B Hotels) et Arnaud Démare (Groupama-FDJ). S'ils ont vaincu les conditions épouvantables du jour, ils ont buté sur les impitoyables délais et quittent donc la route du Tour de France.

Même Tadej Pogacar (UAE), solidement accroché à sa place de leader au général après une nouvelle banderille vers Tignes, attend des jours meilleurs : "Le maillot jaune me tient chaud, heureusement car il fait vraiment froid. J'espère surtout qu'il fera beau demain (lundi) pour la journée de repos".

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