Tour de France Femmes 2023 : intérêt sportif, logistique moins complexe, création d'une identité... Le parcours sans étape par Paris ravit les équipes

Si l'édition 2022 était partie de la capitale, cette année, les coureuses font l'impasse. Un tracé qui a séduit les équipes, grâce aux nombreux atouts de cette course de huit jours.
Article rédigé par Apolline Merle, franceinfo: sport - envoyée spéciale à Clermont-Ferrand
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 3 min
La première édition du Tour de France Femmes s'est élancée de Paris, le 24 juillet 2022. (MAXPPP)

L'arrivée triomphante sur les Champs-Elysées, pour conclure trois semaines de course fait partie de la tradition du Tour de France masculin. Le symbole est si fort que l'an passé, pour la première édition du Tour de France Femmes, les organisateurs avaient décidé d'en faire le lieu du Grand départ, quelques heures seulement avant l'arrivée des hommes. 

"La première année, nous avons voulu partir de Paris, car il nous semblait important d'avoir ce passage de témoin entre les hommes et les femmes, commence Marion Rousse, directrice du Tour de France Femmes. Mais sur une course de huit jours, quand on part de Paris, si on veut aller dans les Alpes ou dans les Pyrénées, le transfert est plus long. Sportivement parlant, il fallait qu'on trouve une autre option."

Le choix de Clermont comme ville départ

Pour cette deuxième édition, le choix de la ville départ s'est porté sur Clermont-Ferrand, qui accueille également le coup d'envoi de la deuxième étape. L'atout montagneux, dont dispose la ville, a convaincu les organisateurs. "Ici, on peut faire des étapes intéressantes d'entrée de jeu, qui peuvent jouer pour le classement général et, évidemment, on a mis les difficultés à chaque fois en fin de parcours pour vraiment dynamiter la course", abonde Marion Rousse.

Au sein des équipes, si le départ de Paris a séduit l'an passé, il ne manque pas pour autant au parcours de cette année. "L'année dernière, c'était vraiment incroyable, mythique, de partir de Paris. De l'avoir fait une fois, c'est déjà pas mal, mais je trouve que c'est bien d'aller chercher des parcours différents aussi, et justement éviter de trop gros transferts. C'est d'ailleurs plutôt dans l'air du temps", souligne Séverine Eraud de l'équipe Cofidis. "C'était vraiment un coup de génie de nous faire partir de Paris, car cela mettait vraiment le cyclisme féminin en lumière", confirme sa coéquipière Morgane Coston. 

"En tant que coureuses, nous avons bénéficié du public venu voir les hommes. Mais il faut aussi savoir varier et ne pas toujours rester sur les mêmes étapes. Clermont-Ferrand peut réserver des surprises."

Morgane Coston, coureuse de l'équipe Cofidis

à franceinfo: sport

D'autant que, sur une course de huit jours, s'ouvrir à d'autres options que Paris a un intérêt sportif. "Cela permet d'aller chercher les Pyrénées, ou les Alpes, comme cette année avec le col du Tourmalet, développe Marion Hérault-Garnier, consultante de France Télévisions. Avec un transfert de Paris, c'est plus compliqué sur un Tour aussi court. Il n'y a que huit jours de course, et l'UCI (Union cycliste internationale) limite le nombre de kilomètres par étape. Il y a des dérogations à chaque fois pour avoir des étapes plus longues, donc on ne fait pas forcément ce qu'on veut quand on trace une course."

Créer sa propre identité

Faire l'impasse parisienne est aussi un moyen de créer sa "propre identité", souligne-t-on au sein des équipes. "Pour les hommes, l'arrivée mythique sur les Champs-Elysées est un jour important. Mais pour les Femmes, le Tour de France est encore une feuille blanche à écrire. Vous pouvez la remplir comme vous le souhaitez, car rien n'est figé et c'est très positif", glisse Albert Timmer, entraîneur au sein de l'équipe DSM.

Pour autant, le passage par Paris n'est pas totalement à zapper pour les coureuses, bien au contraire. "Si dans les années futures, le nombre d'étapes augmente un peu, ça serait bien qu'on puisse finir ou commencer par Paris, parce que c'est quelque chose de spécial quand même, de mythique chez les hommes, imagine Juliette Labous, de l'équipe DSM. Et ça pourrait le devenir pour nous aussi."

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