Mondial de volley 2022 : fatigue physique, une équipe d'Italie revancharde... Les raisons qui expliquent la défaite de la France en quarts de finale

Alors qu'ils rêvaient d'enchaîner un titre aux JO et aux championnats du monde, les Bleus ont été éliminés précocement par l'Italie en quarts de finale, mercredi.

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L'entraîneur des Bleus Andrea Giani au milieu de ses joueurs lors des quarts de finale des championnats du monde face à l'Italie, à l'Arena Stozice de Ljubljana, en Slovénie, le 7 septembre 2022.  (JOE KLAMAR / AFP)

L'équipe de France a vu s'envoler son rêve de doublé historique Jeux olympiques - championnat du monde, mercredi 7 septembre. Face à une équipe d'Italie solide et opportuniste, les Bleus ont été poussés au tie-break avant de s'incliner sur le fil (24-26, 25-21, 23-25, 25-22, 15-12), à l'Arena Stozice de Ljubljana, (Slovénie).

Une déception pour les Tricolores qui rêvaient d'inscrire une nouvelle ligne à leur palmarès, la seule qui leur manque encore. Une défaite certes frustrante mais dont les causes sont multiples. 

L'usure physique (logique) des Bleus

Bien que cette défaite soit précoce et décevante pour les champions olympiques en titre, elle n'en est pas plus surprenante. D'abord, les Français ont joué deux matchs, contre la Slovénie (en poules) et le Japon (en 8es), en cinq sets. De quoi puiser dans les réserves et "laisser des plumes, analyse Hubert Henno, ancien libéro de l'équipe de France et actuel entraîneur du Nantes Rezé Métropole Volley. Et sans leur chercher d'excuses, poursuit-il, ils ont enchaîné en jouant lundi et mercredi, avec un seul jour de repos entre les deux, à la différence des autres équipes qui ont eu un jour de plus. Je trouve hallucinant une telle rupture d'équité au championnat du monde." A l'opposé, l'équipe transalpine n'avait perdu qu'un seul set avant ce match, en 8e de finale contre Cuba, rencontre disputée deux jours avant le 8e de finale des Bleus face aux Nippons.

Plus que l'enchaînement des matchs disputés, c'est aussi le style de jeu des Français qui contraint à puiser dans les réserves. "En France, on a une grosse défaillance au bloc depuis toujours. On doit donc compenser ailleurs en défense, alors que le bloc permet d'économiser pas mal d'énergie", appuie Hubert Henno. Par ailleurs, l'équipe a été déstabilisée par le forfait de Kevin Tillie pour la fin de la compétition, blessé à la voûte plantaire droite lors du match contre le Japon. "Cette blessure n'est pas arrivée au bon moment pour lui et pour l'équipe aussi, car il était vraiment en forme et cela a enlevé une rotation à l'équipe", explique le consultant de France Télévisions aux JO.

L'orgueil italien 

France-Italie, c'est une rivalité, un combat, à chaque affrontement. Et une fois encore, ce quart de finale opposant les deux pays voisins n'a pas dérogé à la règle. "Les Italiens ont fait preuve de sang-froid, et ils voulaient vraiment aller au bout et l'emporter. C'est une nation qui sait se remettre constamment en question", analyse Hubert Henno.

La preuve, les Italiens ont bien mieux joué qu'il y a quelques semaines lors de la demi-finale de Ligue des nations (VNL), où les Français l'avaient emporté sans discussion (3-0).

"Quand la France domine 3 sets à rien l'Italie en Ligue des nations en juillet, cette défaite est leur est restée en travers de la gorge."

Hubert Henno, notre consultant

à franceinfo: sport

"C'était exactement pareil aux JO de Rio. La France les avait battus juste avant, et dès le début des Jeux, les Italiens, le couteau entre les deux, s'imposent avec autorité 3-0, analyse Hubert HennoMême si on bat l'Italie plus facilement ces dernières années, elle reste une grosse nation du volley international, et notre 'pire ennemi' sur le terrain."

Le doublé, exploit rare dans l'histoire 

Les Français voulaient rejoindre le cercle très fermé des nations ayant réalisé le doublé Jeux olympiques-championnat du monde. Seules trois équipes ont réussi cet exploit, l'URSS (1980-1982), les États-Unis (1984-1986) et le Brésil (2004-2006). Si la difficulté peut s'expliquer par un niveau en constante progression avec un grand nombre d'équipes pouvant prétendre aux titres, il y a aussi une densité du calendrier entre les rassemblements nationaux et championnats en club.

"La Ligue des nations a puisé beaucoup d'énergie, mais en même temps, si tu veux tout gagner, tu dois absolument aller au bout des choses, et te donner à fond sur chaque compétition", relève Hubert Henno, qui précise toutefois ne pas être inquiet pour les Bleus.

"Ce n'est pas parce qu'ils ne gagnent pas maintenant qu'ils ne peuvent pas gagner dans quatre ans. Il n'y a aucune urgence".

Hubert Henno, consultant

à franceinfo: sport

"Bien sûr, pour l'histoire, ça aurait été énorme mais que ce soit aujourd'hui ou dans quelques années... Il faut enlever cette pression. Il y a encore sept ans, on n'avait encore jamais rien gagné et je reste persuadé qu'elle remportera ce titre." Avant ça, elle sera attendue au tournant lors des Jeux olympiques de Paris 2024, pour un doublé olympique tout aussi historique. 

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