Vendée Globe : le sauvetage de Kevin Escoffier par Jean Le Cam raconté par les deux hommes, un "truc de dingue"

Monté sur son radeau de survie après une importante voie d'eau sur son bateau, Kevin Escoffier a été récupéré sain et sauf par son concurrent Jean Le Cam, dans la nuit de lundi à mardi. Les deux skippers du Vendée Globe racontent ce sauvetage délicat, à l'issue finalement heureuse.

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Radio France
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Kevin Escoffier et Jean Le Cam, sur une vidéo postée sur Twitter dans la nuit de lundi à mardi (SAEM Vendee)

Il l'a échappé belle. Le skipper Kevin Escoffier, victime d'une importante voie d'eau sur son bateau PRB, a été récupéré sain et sauf par son concurrent Jean Le Cam, dans la nuit de lundi à mardi. franceinfo a pu joindre les deux navigateurs mardi matin, après un sauvetage qualifié de "miraculeux" par les organisateurs du Vendée Globe.

Kevin Escoffier et Jean Le Cam, joints sur franceinfo par Camille Revel
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"Vous voyez les films sur les naufrages ? C'était pareil en pire", témoigne Kevin Escoffier mardi 1er décembre dans une vidéo publiée sur son compte Twitter. "En quatre secondes, le bateau a planté, j'ai mis la tête dans le cockpit, il y a eu une vague, j'ai eu le temps d'envoyer un texto. La vague, après, elle a tout fait 'shunter' l'électronique. C'est un truc de barjot : plier un bateau en deux, quoi ! J'en ai fait, mais celle-ci…", a lancé Kevin Escoffier.

"C'était surréaliste. Sur le coup, je n'y crois même pas. Je suis parti en surf sur une vague, et dans le bas de la vague, mon bateau s'est plié en en deux", témoigne sur franceinfo le skipper.

L'eau est montée à une vitesse folle dans le bateau, j'ai juste eu le temps d'aller chercher une combinaison de survie, de l'enfiler, de récupérer un radeau de survie. Ça s'est passé extrêmement vite.

Kévin Escoffier

à franceinfo

Kevin Escoffier affirme ne pas avoir eu "le temps" d'avoir "peur" : "Dans ces moments-là, on est dans l'action. Je me suis plus posé des questions dans le radeau, savoir si on allait me retrouver... Quand j'ai vu Jean [Le Cam] qui est passé à côté de moi en fin d’après-midi, ça m'a pas mal rassuré." Au terme d'un sauvetage épique, "on s'est pris dans les bras", poursuit Kevin Escoffier. "Jean m'a dit : 'Putain, t'es à bord !' Et moi, je lui ai dit : 'Je suis désolé que ta course soit terminée' ."

"Je vois Kevin dans son radeau, impeccable"

"Tu passes du désespoir au truc de dingue", complète sur franceinfo Jean Le Cam. "Je devais être à deux heures", s'est rappelé le skipper. "Je me rends à la position où la balise disait que le bateau était en détresse. J'arrive sur zone, je vois Kevin dans son radeau, impeccable. Je lui dis que je reviens. On ne va pas faire n'importe quoi, avec la mer qu'il y avait, ce n'était pas fastoche de manœuvrer. Une fois que tout était bien, je reviens sur zone, et là personne."

Jean Le Cam revient plusieurs fois sur zone et reste jusqu'à ce que la nuit tombe mais le radeau de survie du Kevin Escoffier reste introuvable. "Il n'y a rien de plus con que le suraccident, donc je prépare tout le matos au cas où", a témoigné Jean Le Cam.

On m'appelle pour me dire qu'on a une position. Je vais à la position, et merde, personne. Et à un moment, j'étais debout sur le pont et je vois un flash. Je me dis : c'est pas vrai...

Jean Le Cam

à franceinfo

"Tu vois de plus en plus la lumière et là, tu te dis que c'est bon", a confié le skipper avec émotion. "Je vois Kevin. Comme je me laissais dériver, je lui dis que je vais l'écraser. Je lui balance la bouée rouge et il arrive à l'avoir. Après c'est la pêche au maquereau, mais au final on a réussi", a conclu le skipper avec un sourire.

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