Vendée Globe : Kevin Escoffier secouru sain et sauf par son compatriote et concurrent Jean Le Cam

Les deux skippers étaient très proches depuis quelques jours, à la lutte pour la 3e place, mais à bonne distance du leader, Charlie Dalin, et de son premier poursuivant, Thomas Ruyant.

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France Télévisions
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Le skipper français Kevin Escoffier, le 10 septembre 2020, sur son bateau "PRB", à Lorient (Morbihan). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Onze heures d'attente et un heureux dénouement. Le skipper français Kevin Escoffier, qui participe au Vendée Globe, a été récupéré sain et sauf par Jean Le Cam, dans la nuit du lundi 30 novembre au mardi 1er décembre. Troisième de la course, Kevin Escoffier avait déclenché sa balise de détresse lundi après-midi, alors qu'il naviguait dans les 40es Rugissants, une zone connue pour ses déferlantes et vents violents. Il était monté sur son radeau de survie après une importante voie d'eau sur son bateau.

Quatre skippers étaient partis lundi à la recherche de Kevin Escoffier. Jean Le Cam avait été le premier à avoir rejoint la zone d'émission de la balise de détresse de son concurrent, à 16 heures (17 heures, heure de Paris), soit deux heures après l'alerte. Les secours sud-africains (MRC Cape Town) ont également été alertés et étaient en lien avec la direction de la course. Et les heures ont été longues, rendues cruelles par les conditions locales, notamment l'obscurité nocturne et une mer démontée... Jean Le Cam a rapidement aperçu le radeau de survie, mais l'opération de sauvetage a été rendue difficile par une mer très formée avec des creux de 5 mètres et une eau à environ 10 degrés.

"Un dénouement presque miraculeux"

Alors que Jean Le Cam progressait, "il a disparu de l'écran et nous l'avons entendu parler. On ne voyait plus personne", raconte Jacques Caraës, le directeur de course, sur le site. Puis, autour d'1h10 (2h10, heure de Paris), poursuit-il, "Jean est redescendu à la table à cartes, puis nous avons vu Kevin arriver dans son dos en combinaison de survie. Ils sont apparus quelques secondes, en forme tous les deux avant que la vidéo ne coupe. Il va bien. Tout le monde va bien. Ils se remettent !"

"C'est à 2h18 heure française (1h18 GMT) que le team PRB a été informé du sauvetage. Le skipper de PRB est apparu souriant, emmitouflé dans sa combinaison de survie aux côtés de Jean Le Cam", a tweeté l'organisateur, qui a le premier annoncé le sauvetage.

"Le dénouement est presque miraculeux", a confié Jacques Caraës à France Bleu Armorique mardi matin. "Ce n'était pas du tout évident de récupérer Kevin [Escoffier] en pleine nuit", a raconté le directeur du Vendée Globe. "Jean [Le Cam] a un sens marin très approfondi. Il a toujours suivi les consignes qu'on lui a données. On a la chance d'avoir des experts tels que Météo France, avec une simulation de dérive. Je pense que la chance nous a aussi un peu souri."

"Un énorme soulagement !"

"Un énorme soulagement ! Kévin est bien à bord de Hubert sain et sauf", a tweeté de son côté Jean Le Cam. On le voit devant son compatriote français sur une capture d'écran publiée sur le site de l'organisateur, à la frontière avec l'océan Indien, à 600 milles au sud-ouest du cap de Bonne-Espérance. 

Héros de cette mission, le skipper a ensuite raconté lui-même ce sauvetage périlleux face à une caméra. Jean Le Cam avait lui-même été secouru en 2009, au large du Cap Horn après que son bateau s'était retourné. Réfugié à l'avant du bateau à l'envers, il avait été sauvé par Vincent Riou. Les concurrents qui ont porté assistance vont pouvoir prendre leur tour du monde, et les heures consacrées au sauvetage seront décomptées de leur temps de course.

Une fois secouru, à l'abri à bord de l'"IMOCA Yes We Cam!", en compagnie de Jean Le Cam, Kevin Escoffier a également tenu à diffuser un message. "Vous voyez les films sur les naufrages ? C'était pareil en pire", témoigne-t-il. "En quatre secondes, le bateau a planté, j'ai mis la tête dans le cockpit, il y a eu une vague, j'ai eu le temps d'envoyer un texto. La vague, après, elle a tout fait 'shunter' l'électronique. C'est un truc de barjot : plier un bateau en deux, quoi ! J'en ai fait, mais celle-ci…", a lancé Kevin Escoffier.

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