Marie Tabarly au départ de la Transat Jacques-Vabre, 24 ans après son père : "Mon rêve de toujours"

La jeune femme de 37 ans sera sur la ligne de départ de la transat en double, dimanche 7 novembre, avec Louis Duc. Une première pour elle.

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Marie Tabarly et Louis Duc, engagés dans la Transat Jacques-Vabre 2021. (JEAN-LOUIS CARLI / ALEA)

Parmi les 158 marins qui seront sur la ligne de départ dimanche 7 novembre de la Transat Jacques-Vabre, un nom retient l’attention : Marie Tabarly. La fille d’une légende de la voile participe à sa première transatlantique 24 ans après la victoire d’Eric Tabarly sur cette même course.

De la victoire de son père le 31 octobre 1997 en duo avec Yves Parlier, quelques mois avant sa disparition en mer, Marie Tabarly en garde un souvenir assez frais. "Bien sûr ! A cette époque, c’était Laurent et Yvan Bourgnon qui gagnaient en multicoques". Cette année-là, pour sa troisième édition, la transat en double rallie Le Havre à Carthagène (Colombie), sur l'historique route du café. "Il y avait de grosses conditions au départ du Havre, un temps très gris. C’était une belle course. Et puis le bateau, Aquitaine Innovations, est exposé sur le quai, on peut le visiter", raconte-t-elle en désignant le monocoque d'Yves Parlier et de son père. Je l’ai toujours sous les yeux, c’est cool." 

Ce sera la seule référence à son père, cette figure parfois trop encombrante pour la jeune femme de 37 ans. Marie Tabarly a toujours voulu tracer sa propre route. Auprès des chevaux d’abord en tant que comportementaliste équin. Elle a ensuite repris la barre du légendaire voilier Pen Duick VI, l’élégant ketch de son père imaginé au début des années 70 pour un tour du monde en équipage. Place maintenant à un nouveau chapitre de sa vie. "Ce projet a sa place, au même titre que mes autres métiers ou expériences, explique Marie Tabarly. Ce n’est pas plus haut ni plus bas. Cette Transat Jacques-Vabre, c’est une super occasion pour nous deux."

Marie Tabarly participe à la Transat Jacques-Vabre 2021. (JEAN-LOUIS CARLI / ALEA)

Pour sa première traversée de l’Atlantique en course, la Bretonne a choisi une course en double. Elle est associée à Louis Duc, un marin qu’elle connait depuis des années, sur un monocoque meurtri puis miraculé. Le bateau a brûlé en 2019, juste avant le départ de la précédente Jacques-Vabre. Louis Duc le rachète il y a un an. "On n’avait pas de partenaires et pas l’investissement pour le réparer", se rappelle le skipper originaire du Cotentin. Mais le projet prend forme peu à peu et le bateau de la classe Imoca va courir aux couleurs de Kostum-Lantana Paysage.  

Marie Tabarly intègre l’équipe au début de l’année 2021. "C’est là que je pense que je suis un peu jetée, résume-t-elle sans concession. Rétrospectivement, quand je suis venue voir le bateau pour la première fois, je me suis dit que c’était jouable alors qu’il y a avait un trou au milieu du bateau et qu'on était en mode décapotable avec un pont arraché... Quand j’y repense aujourd’hui, c’est complètement fou."

"Je ne suis pas carriériste"

En quelques secondes de réflexion, elle accepte de faire partie du duo. "J’ai sauté tout de suite sur l’occasion, c’est mon rêve de toujours de faire une Transat Jacques-Vabre." Louis Duc est un habitué de ces départs de course, pas Marie Tabarly qui les a vécus par procuration, en tant qu’observatrice ou bénévole auprès de son père. "Marie a énormément navigué en équipage sur des gros bateaux et donc elle a une aisance sur ces tailles de bateaux qui est un peu différente de la mienne", détaille le marin.  

En écoutant leurs échanges, on peut aisément imaginer qu’à côté de la compétition, il y aura la place à bord pour quelques moments de détente. "Il est Normand, je suis Bretonne, on se met sur la gueule et c’est moi qui gagne", lance Marie Tabarly. Du tac au tac, Louis Duc rétorque en se marrant : "La problématique, ce n’est pas tellement la mixité homme-femme, c’est plutôt Normand-Breton." 

Marie Tabarly aime prendre souvent des chemins détournés sans trop se projeter sur l’avenir, sans savoir si se lancer dans la course au large est vraiment une ambition pour elle, comme pour éviter de trop marcher dans les pas de son père. "Je ne suis pas carriériste, je n’arrive pas à faire des plans à longue échéance. Il y a des moments où on se dit que faire un Vendée Globe, ça doit être génial. Et à d’autres moments, on se dit qu’il ne faut pas y aller, que ce sont des machines de fous. Si ça se trouve, je vais retourner faire du poney ou faire autre chose." 

À son retour de Martinique, Marie Tabarly se lancera sur un tour du monde avec escales et en équipage pendant huit mois sur "son" Pen Duick VI.

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