Solitaire du Figaro : A Dunkerque, Armel Le Cléac’h fait coup double

Victoire d’étape et première place au classement général, quand Armel Le Cléac’h se réveille, il ne fait pas les choses à moitié. Le Breton remporte sa 7e victoire d’étape dans la Solitaire du Figaro, et prend place en tête du général, avec 30 minutes d’avance sur un certain Yann Eliés. Les gros bras ont pris le pouvoir, et Xavier Macaire le premier leader, reste sur le podium !!
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France Télévisions
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Armel Le Cléac'h satisfait de sa victoire sur la 2e étape de la Solitaire du Figaro

Il ne fallait pas le chatouiller. Sans doute vexé de ne pas avoir pu concrétiser ses attaques sur la première étape, le Saint-Politain (il est né à Saint-Pol-de-Léon) a pris une superbe revanche, confirmant qu’il était en course pour une troisième victoire dans la solitaire du Figaro, et fermant la bouche à quelques détracteurs.

C’était du grand Armel, en tête tout de suite et qui n’a rien lâché. Au terme de 404 milles parfaitement maîtrisés, il remporte ce mardi à 16 heures 20 minutes et 34 secondes la deuxième étape de La Solitaire du Figaro, en 2 jours 5 heures 20 minutes et 34 secondes pour rallier Dunkerque depuis la Baie de Saint-Brieuc. 

Sur les pontons de Dunkerque Armel n’en rajoutait pas, il a avait retrouvé le sourire, serein, avec en tête le sentiment du travail accompli. "Je suis super content, c’est surtout une belle victoire avec la manière, construite stratégiquement, avec la bonne vitesse. Tout était bien je suis cent pour cent satisfait."

Armel Le Cléac'h au couchant

"J’étais en totale harmonie avec le bateau, j’ai fait ce que je voulais faire sur l’eau même si j’étais un peu tout seul sur le coup mais j’avais de bonnes sensations et j’avais retrouvé un bon feeling"

Après le départ dimanche, le Breton a tout de suite pris la bonne option, en partant seul, pas suicidaire du tout, mais sûr de sa force. Dès la première traversée de la Manche en direction de l’Angleterre vers le phare d’Eddystone au sud-ouest de Plymouth, Armel Le Cléac’h est allé à droite du plan d’eau pour chercher une petite bascule de vent.

"Du grand art", souligne Christian Lepape directeur du pôle course au large de Port-la-Forêt. "Ce choix, plusieurs routages le donnaient mais lui a osé prendre le risque, il y est allé ce que les autres n’ont pas fait. Et il a pris la tête pour ne plus la quitter."

Armel sent que c’est le bon choix et il ne va rien lâcher, quitte à se retrouver très vite seul dans le jeu devant : "Le passage en tête d’Eddystone m’a mis en confiance, j’ai beaucoup barré et tiré de bons bords, surtout je n’ai pas commencé à marquer les autres. Du coup j’ai réussi à creuser l’écart. Au large d’Antifer je ne voyais plus grand monde derrière. Là je vais me reposer un peu car je suis fatigué, il faut récupérer. J’ai fait deux siestes la première nuit, et trois siestes de vingt minutes ces dernières vingt-quatre heures, pas plus. J’ai tenu avec l’adrénaline et la ligne d’arrivée qui approche ça aide à tenir aussi."

"Armel dans une bonne année, quand il décide de jouer la bonne partition, il ne fait que réciter son art", estime Yoann Richomme, vainqueur 2019.

Armel Le Cléac'h à son arrivée à Dunkerque

La surprise Goodchild, Eliès se replace, Macaire tient bon

Peut-être le passage proche de ses terres l’a inspiré. En tout cas Sam Goodchild (Leyton) réalise la meilleure performance d’un skipper anglais sur la Solitaire du Figaro, depuis 1975. Toujours placé dans le paquet de tête, il a produit un dernier sprint pour aller chercher la deuxième place à Yann Eliès, avec une minute trente d’avance sur le Français. Deuxième de l’étape à un peu plus de 34 minutes d’Armel Le Cléac’h, il est désormais troisième du classement général à 43 minutes 59 du leader.

"Je suis super content. Je n’attendais pas forcément cette deuxième place, mais j’ai bien travaillé depuis le début. C’est chouette de doubler Yann sur la fin, je suis désolé pour lui. Mais ça fait du bien de se mettre entre lui et Armel, c’est une belle brochette. Je suis content de mon classement, je n’ai jamais fait aussi bien jusqu’à présent dans cette course. Maintenant je vais aller dormir pour ne pas me mettre trop de pression avant la prochaine étape", déclara-t-il en Français dans le texte 

Yann Eliès (Quéginer Matériaux- Leucémie Espoir) arrive donc troisième de l’étape. On l’avait enterré aussi un peu vite à l’issu de la première étape, le marin de Saint-Brieuc a su bien réagir. "Cette troisième place de l’étape me fait vraiment du bien. C’était important pour  moi, ça me rassure et je reprends confiance en moi, car j’avais douté. Ça fait quand même plus d’un an que je n’arrive pas à avoir de résultats en Figaro et que je ne fais que des contre-performances. Je me demandais si j’étais encore capable  d’y arriver, je le suis. J’espère que ça va se concrétiser sur les prochaines étapes. Mais Armel a vraiment été impérial sur celle-là."  Yann Eliès est quatrième du général à 49 minutes 59 du leader.

Le podium de la 2e étape du Figaro à Dunkerque

Quant à Xavier Macaire (Groupe Snef), cinquième de l’étape à près de 48 minutes du vainqueur, il conserve sa deuxième place au classement général à un peu plus de 37 minutes d’Armel Le Cléac’h. Il a eu un peu de mal à se mettre en marche, mais a bien terminé. "Je suis encore dans le match", déclarait-il sur les pontons. "Je ne suis pas trop loin du premier et j’ai encore de l’avance sur mes poursuivants. Armel a été brillant, mais je suis assez content de mon positionnement par rapport au reste de la flotte. C’était une étape où il s’est passé plein de choses. J’ai été un peu surpris au début après il a fallu s’adapter car la météo était un peu différente de ce qui était prévu."

Avec ce septième succès d’étape, Armel Le Cléac’h devient le patron et le nouvel homme à battre de cette 51e édition. "Gagner ça fait du bien au moral, pour mon partenaire aussi après une année 2018 difficile. Je suis content pour toute l’équipe aussi, on a mis les bouchées doubles. Se retrouver en tête du général à mi-parcours ? Eh bien on va prendre étape après étape, l’objectif est de continuer à bien naviguer. Il y aura un vrai bilan à tirer au bout de la troisième étape car le retour s’annonce difficile vers Saint- Nazaire, avec plusieurs cols hors catégorie si on veut faire cette allusion cycliste. Mais je ne peux pas être mieux placé c’est sûr, c’est bien d’avoir un petit matelas d’avance."

Vu la détermination et la concentration affichées depuis le grand départ en Baie de Saint-Brieuc par celui qui peut entrer dans le cercle des cinq triples vainqueurs de la course, nul doute qu’il sera difficile à détrôner…

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