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Voile : les échecs amers de Thomas Coville avant son record du monde

Le skipper français a bouclé, dimanche, son tour du monde en 49 jours sans escale avec son multicoque. Un record qui intervient à la suite de nombreuses désillusions. 

Article rédigé par
Licia Meysenq - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Le navigateur Thomas Coville lors de son arrivée à Brest (Finistère), le 26 décembre 2016. (DAMIEN MEYER / AFP)

"J'ai tenté cinq fois, je suis tombé, je me suis relevé", confie Thomas Coville au journal L'Equipe. Le skipper vient de signer un record épatant : effectuer un tour du monde sur un multicoque en 49 jours, trois heures et sept minutes. Alors qu'il a passé la ligne d'arrivée avec 8 jours d'avance sur le précédent record, le 25 décembre, rien ne semblait pourtant gagné pour le skipper.

"Ça change tellement quand on gagne", fait remarquer son épouse au journal sportif. Et pour cause, la carrière de Thomas Coville a été ponctuée de nombreuses péripéties et déconvenues. Franceinfo retrace l'itinéraire de ce marin tenace. 

Des débuts difficiles

L'ingénieur de formation décide de passer le concours de l'Aéronavale dans sa jeunesse. Il est disqualifié à cause d'un problème d'oreille malgré sa réussite à toutes les épreuves, confie-t-il à Gala. Ce coup du sort  ne le démotive pas puisqu'il se lance dans la course au large dès 1991. En 1997, il fait ses armes avec Olivier de Kersauson qui ne lui épargne rien : "Je l'appelais petit fumier", confie l'ancien navigateur au Républicain Lorrain. Il n'hésitait pas à envoyer le jeune Coville dormir dans les poubelles parce que ce dernier ne voulait pas les jeter par-dessus bord.

Il mène une carrière honorable et arrive même premier, catégorie monocoque, sur la Route du Rhum en 1998. Mais à partir de 2000, ses titres se raréfient. Il monte à deux reprises sur le podium de la transat Jacques-Vabre (1999 et 2015) et arrive même premier de la Volvo Ocean Race en 2011, dans l'indifférence hexagonale.

Quatre tentatives râtées avant son record du monde

Thomas Coville s'accroche pour atteindre son objectif : battre le record du monde en solitaire, sans escale et en multicoque. Un record établi le 19 janvier 2008 par Francis Joyon. Il échoue quatre fois. La première fois, relate L'Equipe, il abandonne en 2008. Son flotteur droit percute un morceau de glace au large de l'Afrique du Sud. L'année suivante, il tente à nouveau sa chance mais accuse finalement un retard de deux jours sur le temps de Francis Joyon. En 2011 c'est la météo qui lui fait défaut : il est obligé d'allonger son parcours de deux jours à cause du mauvais temps. Enfin, en 2014, il renonce au bout de trente jours : son retard accumulé sur le record, 57 jours, est trop important. 

L'espoir brisé sur la Route du rhum

Son expérience la plus traumatisante aura lieu en 2014. Il décide de viser la première place de la Route du rhum en multicoque et part favori de cette course qu'il avait dû abandonner en 2002, comme le relate Le Monde.  Mais dès la première nuit, il heurte un cargo et interrompt sa course.

Un échec dont il a du mal à se remettre. "Il y a eu cet épisode de la Route du rhum. Tout ça fait qu'aujourd'hui, je suis fier de ce que j'ai fait", confie-t-il à L'Equipe. Sur Europe 1, le skipper avait expliqué que cet accident, semblable à "un immeuble qui vous rentre dedans", avait été le déclic qui lui avait donné la force de dépasser ses blocages. Pour dépasser "ce mur noir", il a même recours à une coach. 

Dans cette vidéo postée sur YouTube par Sodebo, son sponsor depuis seize ans, on voit que le flotteur avant et la coque du bateau ont été endommagés.

Deux ans après, il reprend la mer et réalise son rêve : "Mon histoire est celle d'un mec qui un jour réalise son rêve", confie-t-il au Parisien, le lendemain de sa victoire.   

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