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#MeToo du sport : près de 400 signalements recueillis par la cellule sur les violences sexuelles dans le sport

200 éducateurs, entraîneurs ou agents impliqués dans des violences sexuelles ont déjà été mis à l'écart ou suspendus. "Cette fois il y a une vraie volonté de changer les choses."

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Radio France
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Ministère de la Santé et des Sports, Paris.  (GILLES HALAIS / RADIOFRANCE)

En un an, la plateforme d'écoute sur les violences sexuelles dans le sport a reçu 387 signalements, venus de la moitié des 115 fédérations sportives. Des premiers chiffres révélés par franceinfo vendredi 2 avril, avant la publication du bilan à l'occasion de la deuxième convention nationale de prévention contre les violences dans le sport avec tous les ministères concernés (Sport, Justice, Égalité femme-homme, Enfance...).

Le travail a été réalisé par la cellule créée par le ministère des Sports, en février 2020, à la suite du témoignage de l'ancienne championne de patinage artistique Sarah Abitbol, accusant son ancien entraîneur de viol et déclenchant le début du #MeToo du sport. 

96% des agresseurs désignés sont des hommes

Ces remontées ont permis d'établir un profil des agresseurs et des victimes : 96 % des agresseurs désignés sont des hommes, 72% avaient une fonction d'éducateur sportif. En face, les victimes sont à 83% des femmes, quasiment toutes mineures au moment des faits. Neuf fois sur dix, ces faits sont qualifiés d'agressions sexuelles.

"Depuis septembre, on a été contacté par 224 clubs", explique Laurent Boyet, le président des Papillons, l'une des associations conventionnée par le ministère des Sports et chargée d'aider les fédérations à mettre en place des plans de prévention. Il estime que "parfois des prises de conscience restent lettre morte, or il y a cette fois une vraie prise de conscience, une vraie volonté de changer les choses". Les préfets ont déjà écarté ou supendu près de 200 éducateurs, entraîneurs ou agents impliqués.

Maintenant libérée, "la parole doit être entendue"

Pour Sébastien Boueilh, fondateur directeur de l’association Colosse aux pieds d’argile, ancien rugbyman et victime d'un pédocriminel durant son adolescence, c'est la preuve "qu'il y a une libération de la parole", a-t-il commenté sur franceinfo, avant de préciser qu'à son association "on se donne jusqu'à 2024 pour avoir un sport sain et assaini". Il salue "le courage de Roxana Maracineanu [la ministre des Sports] qui, dès qu'elle a pris ses fonctions, a levé cette chape de plomb, tapé dans la fourmilière comme on dit et les résultats sont là".

Il ajoute toutefois que maintenant que la parole se libère, il faut qu'elle soit entendue "surtout par la justice". "Je suis la preuve qu'on peut s'en sortir mais pour ça, il faut parler. J'ai été violé pendant 4 ans, 18 années de silence et d'autodestruction. Je m'en suis sorti. Aujourd'hui le colosse il est debout, il a le sourire, il est apaisé. Ça passera par la libération de la parole. Ça passera par des interventions auprès des jeunes licenciés, auprès des CREPS [Centre de Ressources d'Expertise et de Performance Sportive], auprès des écoles primaires, des collèges et des lycées."

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