"Il fallait bien s'arrêter pour recommencer à zéro" : le football reprend en Martinique après une interruption de deux semaines à cause des violences

La ligue régionale de football avait suspendu les matchs des catégories adultes pour deux week-end après de nombreux incidents.

Les footballeurs de Martinique de nouveau sur le terrain comme ici au Stade Georges-Gratiant du Lamentin, le 7 février 2020.
Les footballeurs de Martinique de nouveau sur le terrain comme ici au Stade Georges-Gratiant du Lamentin, le 7 février 2020. (JÉRÔME VAL / FRANCE-INTER)

"Ça nous manquait", déclare un supporter présent au stade Georges-Gratiant pour la rencontre entre l’Aiglon du Lamentin et Monnerot, comme quelques centaines de spectateurs dans les tribunes. Les footballeurs martiniquais ont repris du service après deux semaines d’interruption de toutes compétitions sur l’île. "Il fallait bien s'arrêter pour recommencer à zéro", reconnaît ce supporter. Une décision radicale à la suite d’une série d’incidents sur les terrains avec notamment plusieurs arbitres agressés.

Marquer le coup

Alica Alcindor, arbitre depuis l'âge de 13 ans, est au sifflet pour ce match de régionale 1, le plus haut niveau sur l’île. "Faut pas qu’on lâche ce métier, explique-t-il, c'est vraiment un plaisir de venir sur le terrain le week-end. Je pense que ça va aller mieux".

Que ça aille mieux, c’est aussi le souhait des dirigeants du football de l’île. Après de nombreux incidents en quelques jours le mois dernier : un arbitre qui arrête sa carrière après une agression, un président de club attaqué ou encore des incidents lors d’un match au François. Il fallait marquer le coup, estime Hugues Parsemain, le président du club du Lamentin : "Dans tous nos matchs, on a des éclats de voix du public. On a des joueurs qui s'énervent. Quelquefois, on craint que ça n'aille trop loin."

Une tolérance zéro

Pendant cette interruption forcée, la ligue de Martinique a pris plusieurs mesures. Une meilleure formation des agents de sécurité et la désignation d’un magistrat pour traiter des violences dans le football. "Ce serait d'abord un traitement beaucoup plus rapide des incidents au point de vue pénal, explique Georges Duquesnay, premier vice-président de la Ligue de football de la Martinique. Avec un accompagnement, évidemment, sur des travaux d'intérêt généraux en collaboration avec le parquet". Désormais, la Martinique veut appliquer la "tolérance zéro" dans son football.

Le football reprend en Martinique après une interruption de deux semaines à cause des violences - Le reportage de Jérôme Val
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